je suis bien en peine de trouver d'autres explications que celles déjà évoquées.
Si Mélian a la préscience qu'un seul espoir peut venir, si elle croit que cela ne peut venir des Noldor et même si elle devine que le royaume finira par tomber, n'est-il pas compréhensible que par tous les moyens elle cherche à sauvegarder le plus longtemps possible son royaume pour permettre justement à cet unique espoir d'arriver un jour?
Même lorsque le "mal" est arrivé et que Thingol détient le Silmaril, elle cherche encore à le persuader de le rendre aux fils de Fëanor qui le réclament pour écarter de Doriath ce joyau qui y amène le danger.
Lorsque Thingol et elle refusent l'accès aux humains, ils doivent encore chercher à se protéger d'un peuple qui s'est plus facilement soumis à Morgoth.
Turgon, qui reste disimulé à Gondolin, accueille favorablement l'arrivée de Tuor; mais sinon, il adopte une tactique similaire à celle du royaume de Doriath : pour vivre longtemps, vivons cachés.
Et pour comparer à ce qui se passe dans le SdA, on trouve un peu la même chose en Lorien, pays fermé et impossible d'accès sans autorisation de ses seigneurs.
Je me rends compte en tapant ce message que Thingol est en quelque sorte pris au même piège que Fëanor en refusant de se séparer de ce à quoi il tient le plus. pour Fëanor, ce sont les Silmarils qu'il veut reconquérir; pour Thingol, c'est sa fille Luthien qu'il ne veut pas laisser à Beren (et peut-être que son royaume ne serait jamais tombé s'il n'avait exigé un prix aussi grand de la part de Beren que la conquête d'un Silmaril). Au fait, Elrond prend un risque comparable en décidant de n'accorder la main d'Arwen qu'au roi de Gondor et d'Arnor réunis !
Bon ,je vais essayer de fouiller encore le sujet...
Silmo ("Trop profondément fouillâmes-nous là, et nous éveillâmes la
peur sans nom...")

