"Turambar déboucha sur Nen Girith au coucher du soleil et apprit que Glaurung était au bord des falaises du Teiglin mais s'en irait probablement à la nuit. Cela lui parut de bon augure : le dragon se trouvait à Cabed-en-Aras, là où le fleuve coulait au fond d'une gorge étroite et profonde"
Nen Girith est le lieu où les compagnons de Turambar l'attendent, n'osant pas aller affronter le ver et Cabed-en-Aras est donc un lieu tout proche mais différent (il y a des commentaires à ce propos dans HoME II, si ma mémoire ne défaille pas).
Même si les lieux ne sont pas exactement les mêmes, je crois que ton interprétation est la bonne (personnellement, je l'avais toujours imaginé comme cela): Nienor a un "pressentiment".
Ce texte est vraiment bouleversant et je considère qu'il va même au delà du Légendaire. Ca m'étonne encore et ça le fera toujours que Tolkien ait forcé à ce point l'intensité dramatique : Nienor se suicide et tue en même temps l'enfant qu'elle porte (je ne crois pas que beaucoup des grands auteurs classiques - de l'antiquité ou des temps modernes - soient allés jusque là)
Mais est-ce que l'enfant de Nienor n'est pas justement la raison première de son suicide. Lorsqu'elle a retrouvé la mémoire, elle a compris toute la perversion de Glaurund et elle sait tout à coup qu'elle s'est marié avec son propre frère et qu'elle enceinte de lui.
Comment Tolkien (catholique fervent, on le répète toujours) pouvait-il terminer cette histoire qui aboutissait sur l'un des plus grands tabous -l'inceste - sinon par le recours à un autre tabou: le suicide?
Dur quand même.

