Une autre hypothèse: le poème pourrait être une sorte de "prophétie" (ce ne serait pas la première dans le SdA - cf le rêve de Boromir)
Sauron aurait pu ensuite, pour en faire une incantation, la traduire en noir-parler où il y a certainement tellement de mots qui se terminent en -uk, -ul ou -ur que ça n'est sûrement pas bien sorcier de trouver les rimes... Et puis il a le droit d'aimer ça après tout!
Les archives de Gondor donnent peut-être un élément sur l'utilisation des caractères elfiques. Cf. le Conseil d'Elrond et la citation que Gandalf fait du parchemin laissé par Isildur: "Déjà l'inscription qu'il portait et qui au début était aussi claire qu'une flamme rouge s'estompe et devient à peine lisible. Elle est formée de caractères elfiques d'Eregion, CAR IL N Y A PAS EN MORDOR DE LETTRES CONVENANT A UN TRAVAIL AUSSI SUBTIL".
Dernier élément de réflexion pour appuyer ton commentaire sur l'intervention "divine" dans la découverte de l'Anneau, cela me fait penser à la dernière phrase de Gandalf en conclusion du Hobbit, phrase qui évoque d'ailleurs les prophéties:
(Bilbo le Hobbit, chap. XIX - La dernière étape, Page 366)
- Bien sûr ! dit Gandalf, et pourquoi ne se réaliseraient-elles pas ? Vous n'allez pas refuser créance aux prophéties pour la seule raison que vous avez contribué à leur réalisation ? Vous ne pensez tout de même pas que toutes vos aventures et vos évasions ont été le résultat d'une pure chance à votre seul bénéfice ? Vous êtes une personne très bien, monsieur Baggins, et je vous aime beaucoup ; mais vous n'êtes, après tout, qu'un minuscule individu dans le vaste monde".

