20-05-2006, 10:32
Sujet d'autant plus excellemment proposé que le lien établi entre destin et espérance s'avère très heureux. En effet, loin d'être réductibles à la notion classique de fatum, tel que l'explicite FdN dans un précédent post, il me semble que les destins de Túrin et de Tuor relèvent davantage de l'idée que se faisaient les anciens Scandinaves du Destin.
Au-delà de la polyésmie de cette notion (une quinzaine de termes en vieux norrois révélant les plus fines nuances qui soient : destin individuel ou collectif, neutre, subjectif ou objectif, passif ou actif, bénéfique ou maléfique, personnaifié ou symbolique, etc.), R. Boyer a longuement démontré que, loin d'être écrasés par un fatum inexorable, il est donné aux söguligir, ces hommes reconnus [emphase]« dignes de donner matière à saga »[/emphase], de participer à leur destin, révélant en eux quelque chose qui témoigne du sacré - les incitant à accepter leur sort et à accomplir les arrêts du Destin.
Cet éminent spécialiste de la mythologie nord-germanique souligne à ce propos que cette force immanente n'est pas sans analogie avec la notion de grâce chrétienne. Abondant dans le même sens, G. Dumézil note ainsi dans son essai :
[citation=Du mythe au roman, Paris, PUF, coll. "Quadrige", 1997 (1970), chap. VI, « La première digression mythologique : géants, dieux ases et dieux vanes », p.94][…] il faut admettre, pour des notions comme celle de confiance [normal][je souligne][/normal], selon les individus et les circonstances, une certaine élasticité qui peut les porter au-dessus de leur point d’équilibre, jusqu’à une foi [normal][je souligne][/normal] proche de la notion chrétienne […].[/citation]
On retombe ainsi sur la notion d'espérance telle que l'explicitait Yyr dans le précédent post. :-)
Cordialement,
Tilkalin.
Au-delà de la polyésmie de cette notion (une quinzaine de termes en vieux norrois révélant les plus fines nuances qui soient : destin individuel ou collectif, neutre, subjectif ou objectif, passif ou actif, bénéfique ou maléfique, personnaifié ou symbolique, etc.), R. Boyer a longuement démontré que, loin d'être écrasés par un fatum inexorable, il est donné aux söguligir, ces hommes reconnus [emphase]« dignes de donner matière à saga »[/emphase], de participer à leur destin, révélant en eux quelque chose qui témoigne du sacré - les incitant à accepter leur sort et à accomplir les arrêts du Destin.
Cet éminent spécialiste de la mythologie nord-germanique souligne à ce propos que cette force immanente n'est pas sans analogie avec la notion de grâce chrétienne. Abondant dans le même sens, G. Dumézil note ainsi dans son essai :
[citation=Du mythe au roman, Paris, PUF, coll. "Quadrige", 1997 (1970), chap. VI, « La première digression mythologique : géants, dieux ases et dieux vanes », p.94][…] il faut admettre, pour des notions comme celle de confiance [normal][je souligne][/normal], selon les individus et les circonstances, une certaine élasticité qui peut les porter au-dessus de leur point d’équilibre, jusqu’à une foi [normal][je souligne][/normal] proche de la notion chrétienne […].[/citation]
On retombe ainsi sur la notion d'espérance telle que l'explicitait Yyr dans le précédent post. :-)
Cordialement,
Tilkalin.

