Laegalad: Dès le début, il [Turin] se cache, fuit, dissimule. Autre point encore : il n'est pas du tout à l'aise avec son père, qui est pourtant bon vivant, et qui n'hésite pas à exprimer ses sentiments. Dès qu'une personne à tempérament positif et heureux est dans les parages, il se cache.
Je te trouve un peu trop dure là... je suis pas trop douée pour les relations père-fils (j'ai pas les bons chromosomes pour ça je pense ;)) mais c'est pas le truc qui me parait super facile quand on se croise trois fois par an...
[...]but his father he saw little, for Húrin was often long away from home with the host of Fingon that guarded Hithlum's eastern borders, and when he returned his quick speech, full of strange words and jests and half-meanings, bewildered Túrin and made him uneasy.
Narn i hîn Hurin, UT
Je crois que pour une enfant, ce n'est pas facile d'être super familier avec quelqu'un qui est quasi un inconnu, peut-être même d'autant plus si on sait que la personne est très importante...
Dame Lamberte: Morwen est une femme qui préfère condamner un de ses enfants à la solitude et l'autre à la misère plutôt que d'avouer "je suis ruinée, et le Royaume de mon époux n'est plus".
Je comprends pas trop là... c'est pas tellement l'impression que j'ai lu en lisant. C'est ptêt encore un coup de mon éternelle naïveté, mais moi quand je lis:
But the birth of her child was drawing near, and the road would be hard and perilous; the more that went the less hope of escape. And her heart still cheated her with hope unadmitted; her inmost thought foreboded that Húrin was not dead, and she listened for his footfall in the sleepless watches of the night, or would wake thinking that she had heard in the courtyard the neigh of Arroch his horse.
Narn i hîn Hurin, UT
... ben j'ai plutôt l'impression qu'elle essaie de sauver son fils, mais qu'elle même ne peut se résigner l'endroit où devrait revenir son homme s'il peut revenir... même si le fait de ne pas vouloir vivre de la charité, fut-ce celle d'un roi est aussi un argument pour elle, je n'ai pas trop l'impression que c'est le seul. J'ai plus le sentiment que, au moment du départ de Túrin en tout cas, c'est plutôt la probable mort de celui qu'elle aime qu'elle ne veut pas s'avouer, pas tellement la perte d'un titre et des richesse. D'ailleurs, sa fiereté, je trouve qu'elle a été un peu exagérée dans les posts précédents, elle ne l'étouffe pas au point de refuser toute aide:
Alms were bitter to Morwen; but she took this aid for the sake of Túrin and her unborn child, and because, as she said, it came of her own.
Narn i hîn Hurin, UT
Laegalad: Elle est peut-être belle, mais bien trop fiéraude, hola mon bon ! Tellement qu'elle en est devenue aveugle -- mentalement, du moins -- et ne s'est pas rendue compte du mal qu'elle faisait à son fils. Franchement, est-ce que c'était compliqué de le prendre dans ses bras et de lui parler quand Urwen est morte ?
Franchement, je pense que quand on vient de perdre un enfant, ça peut être aussi compliqué que ça. Je n'ai par bonheur pas dû vivre cela -ça doit être parmi ce qu'il y a de plus dur à vivre pour un être humain, je crois- mais comme j'ai un enfant l'horreur d'une telle possibilité me frôle parfois... et je ne pourrais vraiment pas dire comment je réagirais si je devais perdre mon enfant, ni si j'aurai la force de continuer à vivre pour les survivants (ce que Morwen fait: "Because Urwen is dead, and laugher is stilled in this house," she answered. "But you live, son of Morwen; and so does the Enemy who has done this to us."), mais d'en plus trouver encore assez de chaleur vivante en moi que pour pouvoir donner encore l'amour comme avant... je ne peux franchement pas dire si au contraire mon coeur ne mourrait pas en grande partie avec l'enfant perdu, et se tarirait en même temps toute source vivante d'où pourraient couler des larmes... Sans doute tout psychologue dirait que pour amorcer un deuil il est plus sain de réagir comme Húrin en exprimant ce qu'on ressent, mais jamais je ne condamnerai une mère parce que son coeur s'est fermé à la mort de son enfant (She did not seek to comfort him any more than herself: for she met her grief in silence and coldness of heart.)
Et même si Morwen n'est pas trop expressive au niveau physique, on ne peut pas dire qu'elle ne dit pas son amour à son fils et qu'elle le chasse simplemen et froidement sur la route, sans un mot:
"It is hard, Túrin, my son," she said at length. "Not hard for you only. It is heavy on me in evil days to judge what is best to do. But I do as I think right; for why else should I part with the thing most dear that is left to me?"
Narn i hîn Hurin, UT
Je ne nie pas que ça devait être dur pour un garçon de 9 ans de devoir quitter sa mère, même si c'est pour échapper à l'esclavage, et je ne nie pas non plus que beaucoup de choses auraient été différente si Morwen l'avait rejoint bien plus tôt. N'empêche, malgré tout cela, Morwen, même à distance, reste tout de même vivante pour ses enfants, ce que Rían n'a pas fait...
[...]and when her child, Tuor, was born they fostered him. But Rían went to the Haudh-en-Nirnaeth, and laid herself down there, and died.
Narn i hîn Hurin, UT
Alors je crois que je ne vais pas non plus avoir pitié de Morwen, je ne lui ferai pas ce coup-là. Avec tout ce qu'elle a vécu -déjà rien que la mort de sa famille, la disparition de son époux et la perte de ses enfants l'un après l'autre- me semble bien que c'est plutôt du respect, que je vais lui offrir...
PS: Bon ok, ça doit être ma pire tartine sur ce forum, mais avouez, j'ai fait un effort, j'ai mis des couleurs et tout et tout ;)

