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Énigmes et caractère...
#60
Bilbo le Hobbit étant cité plusieurs fois dans ce qui suit, je voudrais préciser que les références correspondent à l'édition du Livre de Poche n°6615.

De plus, les citations de La Saga d'Heidrekr le Sage correspondent non pas à celles que j'ai utilisées précédemment dans ce fuseau, mais à l'édition de Régis Boyer que j'ai pu consulter (du coup, j'ai révisé la partie concernée, comme vous pourrez le constater si cette recherche qui n'en finit pas se retrouve un jour sous forme d'article)


VIII-2) Étymologies :

(a) Liens supplémentaires entre les textes scandinaves :

Gestumblindi est un nom qu'on fait dériver de Gestr-inn-blindi signifiant "l'Hôte Aveugle" [14.I, p.135]. D'où le nom de Gest l'Aveugle dans le tableau. Il s'agit bien entendu d'une allusion à l'œil unique d'Ódhinn. Le pseudonyme est bien choisi puisque Gestumblindi se révèle être Ódhinn!

L'autre pseudonyme d'Ódhinn, Gagnrádhr signifie 'Celui qui conseille utilement'; mais dans une thula (liste mnémotechnique de noms), ce nom est rendu par Gangrádhr qui signifie à peu près 'Celui qui connaît le chemin' [14.I, p.127] ou encore 'Vagabond' [15, p.516], ce qui correspond très bien à Ódhinn.
Il se trouve que si Gangleri est le pseudonyme pris par Gylfi, il est également un nom d'Ódhinn pouvant signifier 'Celui qui est fatigué de marcher/voyager' [14.I, p.128].
Svipdagr, dans les Dits de Fjölsvinnr, use aussi d'un pseudonyme : Vindkaldr signifiant 'Vent glacé' ou (plutôt) 'Glacé par le vent' [15, p.506]. On comprend la raison de ce choix à la fin du poème lorsque Menglöd, sa promise, l'interroge (Fjöl. 46-47 [15, p.515]) :

" D'où reviens-tu, D'où fis-tu voyage, Comment t'appellent les gens ?[...] "
" Svipdagr, je m'appelle,[...] Je fus chassé par les chemins battus des vents glacés "

(b) Tolkien rejette l'utilisation de la pseudonymie ("Je suis M. Bilbo Baggins", Bilbo le Hobbit, p.80) autant que le motif du personnage qui se déguise pour ne pas être reconnu. Pourtant, c'est un motif classique du conte.
Il se trouve que cet abandon lui sera des plus utiles, a posteriori, pour justifier la découverte de l'Anneau par les sbires du Noir Seigneur au début du Seigneur des Anneaux :

Quant au nom, Bilbo le lui [Gollum] avait stupidement dit lui-même; et après cela, il n'était plus difficile de découvrir son pays, une fois Gollum sorti.
[Gandalf, SdA, I.I.2 L'Ombre du Passé, p.74.]

© Mais ça ne veut pas dire qu'il n'ait pas utilisé ces pseudonymes pour les transformer en éléments narratifs :

Il poursuivit ainsi son chemin, descendant toujours ; mais il n'entendait aucun son de quoi que ce fût, hormis de temps à autre le bruissement d'une chauve-souris passant près de ses oreilles, ce qui le fit sursauter au début, mais qui devint trop fréquent par la suite pour qu'il s'en préoccupât. Je ne sais combien de temps il continua ainsi, détestant avancer, mais n'osant s'arrêter ; il continua, continua jusqu'à ce que sa fatigue devînt presque de l'épuisement. Il avait l'impression d'avoir marché jusqu'au lendemain et, par-delà le lendemain, jusqu'aux jours suivants.
[Bilbo le Hobbit, p.77 (Éd. Pocket p.85)]

Autant de termes rappelant Gangrádhr (= celui qui connaît le chemin/Vagabond ), Gangleri (= Celui qui est fatigué de marcher/voyager) ou bien Vindkaldr, le 'vagabond' (cf. Fjöl. 3 [15, p.505]).

Et puis, n'oublions pas que si Gangrádhr signifie "Celui qui connaît le chemin", ce nom pourrait tout à fait être le pseudonyme de Gollum qui est celui qui peut indiquer à Bilbo le chemin de la sortie!


VIII-3) Thème de la réciprocité

(d) L'importance des Dits de Vafthrúdhnir apparaît évidente dans ce tableau non seulement pour la présence de la question 'impossible' mais aussi pour la notion de réciprocité dans le questionnement.
Le parallèle est d'autant plus fort que, dans Bilbo le Hobbit, Gollum ne propose le concours d'énigmes qu'après en avoir posé une première à Bilbo et avoir constaté sa valeur :

Ça devine facilement? Ça doit faire un concours avec nous, mon trésor! Si le trésor demande et que ça ne répond pas, on le mange, mon trésor. Si ça nous demande et qu'on ne réponde pas, alors on fait ce que ça veut, hein? On lui montre comment sortir, oui!
[Bilbo, p.81]

Or, dans les Dits de Vafthrúdhnir, le géant a la même réaction que Gollum : il teste d'abord l'arrivant avant d'officialiser la joute (Vaf. 19 [15, p.19]) :

Savant tu es, hôte, Viens-t'en sur le banc du géant, Et parlons assis ensemble; Nous allons dans la halle Mettre notre tête en gage, Hôte, sur notre sagesse.

Et cette officialisation de la joute s'accompagne de notion de réciprocité : il n'y a qu'à relever le vocabulaire de la première personne du pluriel ('ensemble', 'nous', 'notre tête', 'notre sagesse'). On pourrait dire qu'à la différence de Bilbo, la réciprocité est non seulement dans le questionnement ('notre sagesse') mais également dans l'enjeu vital ('notre tête'). Ce serait oublier que si Bilbo met sa vie en gage au cours de ce Jeu des Énigmes, Gollum risque également la sienne : à plusieurs reprises il est fait mention de l'épée avec laquelle Bilbo tient Gollum à distance :

- Qu'est-ce qu'il a dans ses mains ? dit Gollum, les yeux fixés sur l'épée, qu'il n'aimait pas trop.
- Une épée, une lame qui vient de Gondolin !

[Bilbo le Hobbit, p.80]
Sur quoi, il se mit vivement debout, s'adossa à la paroi la plus proche et tendit devant lui sa petite épée.(...) En tout cas, Gollum ne l'attaqua pas immédiatement. Il voyait l'épée dans la main de Bilbo.
[Bilbo le Hobbit, p.87]

(e) Mais il faut reconnaître que la symétrie n'est pas parfaite entre les Dits de Vafthrúdhnir et le dialogue entre Bilbo et Gollum : dans le premier texte, Ódhinn est d'abord testé, puis c'est le tour de Vafthrúdhnir, avec une nombre de questions bien plus important (16 contre 4) ; alors que Bilbo et Gollum, dans une joute plus équitable, se posent des questions par alternance.
Il y a donc réciprocité parfaite, on pourrait parler de symétrie.

De plus, cette réciprocité/symétrie ne se retrouve pas que dans le questionnement, mais dans la ruse (ou sa tentative) [cf. (l)] et dans le désir de meurtre [cf. (h)].

(f) Alors ? Tolkien qui s'éloigne de ce qui semble être sa source fait-il preuve d'originalité ? Il semble que non, l'imaginaire de l'homme ne faisant bien souvent que se répéter ('il n'y a rien de nouveau sous le soleil' dit le sage et pessimiste Ecclésiaste).

Pour s'en assurer, il nous faut à nouveau remonter le temps pour revenir aux source de l'occident, en Babylonie et en Égypte, vers la fin d'un IVème siècle légendaire avant notre ère.

Légendaire car rapporté par Planudes, un moine byzantin du quatorzième siècle (1260-1330). Il décrit, dans sa Vie d'Esope, la guerre des énigmes entre Nectanebo, roi d'Égypte, et Lycerus, roi de Babylonie. Le roi de Babylone étant toujours vainqueur car le fabuliste Esope faisait partie de sa cour.
Ainsi, un jour, Nectanebo pensa pouvoir surclasser le roi babylonien en lui posant l'énigme suivante :

" Il y a un grand temple soutenu par une seule colonne, et cette colonne est encerclée par douze villes ; chaque ville possède [contre ses murs] trente arc-boutants, et à côté de chacun de ces trente arc-boutants se trouvent deux femmes, l'une blanche et l'autre noire, qui tournent autour à tour de rôle. Dis[-moi] le nom de ce temple. "

La réponse de Lycurus (grâce à Esope !) fut la suivante :

"les temple est le monde, la colonne est l'année, les douze villes sont les mois, les trente arc-boutants sont les jours, les deux femmes sont le jour et la nuit. " [38]

C'est cette tradition que l'on retrouve dans La vie d'Esope le Phrygien rédigée par La Fontaine :

Enfin il se mit en grand crédit près de Lycerus, roi de Babylone. Les rois d'alors s'envoyoient les uns aux autres des problèmes à soudre sur toutes sortes de matières, à condition de se payer une espèce de tribut ou d'amende, selon qu'ils répondroient bien ou mal aux questions proposées: en quoi Lycerus, assisté d'Esope, avoit toujours l'avantage, et se rendoit illustre parmi les autres, soit à résoudre, soit à proposer. [39]

(g) En fait, cette légende d'Ésope est certainement liée à la notice des Antiquités Judaïques (8.5.3) de Flavius Josèphe qui rapporte une joute similaire entre Salomon, roi d'Israël, et Hiram, roi de Tyr, ville côtière phénicienne :

Une fois que Salomon eut accompli tout ceci en l'espace de vingt ans - grâce à Hiram roi de Tyr qui avait fourni énormément d'or et encore plus d'argent pour ces bâtiments, mais également du bois de cèdre et du bois de pin, il récompensa également Hiram par de riches présents; du maïs qu'il lui envoya chaque année, du vin et de l'huile, les principales choses qui lui étaient nécessaires parce qu'il habitait une île, comme nous avons déjà dit. Et en plus de tous ces dons, il lui accorda certaines villes de Galilée (au nombre de vingt) qui s'étendent à proximité de Tyr; villes qu'Hiram alla visiter, mais une fois qu'il les eut vues, il n'aima pas le cadeau, et envoya un mot à Salomon disant qu'il ne voulait pas ces villes dans l'état où elles étaient; et depuis lors ces villes furent appelées la terre de Cabul ; ce nom, interprété dans la langue des Phéniciens, signifie 'ce que ne satisfait pas'. De plus, le roi de Tyr envoya des sophismes et des énoncés énigmatiques à Salomon, et demanda qu'il en donne la solution, et les libère de l'ambiguïté qu'ils contenaient. Il se trouve que Salomon était si plein de sagesse et de discernement qu'aucun de ces problèmes se révéla trop difficile pour lui ; mais il les solutionna tous par ses raisonnements, et découvrit leur signification cachée, et mit tout en évidence.
Menander, parmi ceux qui traduisirent les archives Tyriennes du dialecte des Phéniciens en langue grecque, mentionne également ces deux rois, écrivant ceci : " À la mort d'Abibalus, son fils Hiram reçut son royaume; il avait vécu cinquante trois ans et régné trente quatre. Il éleva une terrasse sur une vaste étendue, et consacra le pilier d'or qui est dans le temple de Jupiter. Il décida également d'abattre des arbres issus de la montagne appelée Liban, pour le toit des temples; et quand il eut détruit les anciens temples, il construisit le temple d'Hercule ainsi que celui d'Astarté; et il inaugura le temple de Hercule au mois de Peritius; il conduisit également une expédition contre les Euchii, ou Titii, qui n'avaient pas payé leur tribut, et une fois qu'il les eut soumis il rentra. Sous [le règne de] ce roi il y avait Abdémon, homme d'un très jeune âge, qui trouvait toutes les solutions des problèmes difficiles que Salomon, roi de Jérusalem, lui demandait [à Hiram] d'expliquer ".
Dius fait également mention de [ce jeune homme], disant la chose suivante : " À la mort d'Abibalus, son fils Hiram régna. Il éleva les parties orientales de la ville encore plus haut, et agrandit la ville elle-même. Il relia également le temple de Jupiter (qui était auparavant isolé) à la ville, en établissant au milieu une terrasse entre eux ; et il la décora avec des offrandes en or. De plus, il alla au Mont Liban, et fit abattre des arbres pour la construction des temples. " Il dit également que Salomon, qui était alors roi de Jérusalem, envoya des énigmes à Hiram, qu'il voulut en recevoir de semblables de sa part, mais que celui qui ne pourrait pas les résoudre devrait payer de l'argent à celui qui les résoudrait, et qu'Hiram accepta les conditions; et comme il ne pouvait pas résoudre les énigmes proposées par Salomon, il paya beaucoup d'argent en gage; mais [Dius dit] qu'ensuite il trouva la solution des énigmes proposées grâce à Abdémon, un homme de Tyr; et qu'Hiram proposa d'autres énigmes, ce qui, lorsque Salomon ne trouvait pas de solution, le [conduisit] à payer en retour beaucoup d'argent à Hiram. Voilà ce que Dius a écrit.[40]

Pour ce qui nous concerne, il peut paraître intéressant que le texte de Josèphe précise qu'Hiram habite une île... tout comme Gollum :

En fait, Gollum vivait sur un îlot de rocher gluant au milieu du lac.(...)
Tout proche se trouvait son île (...)
(...) à présent, il le [l'anneau] dissimulait généralement dans un trou du rocher sur son île, et il retournait constamment le contempler.(...)
Il était sur son île et jouait des pieds et des mains, cherchant et fouillant en vain.

[Bilbo le Hobbit, p.79, 88, 89]

Mais, en réalité, l'important n'est pas tant le thème de l'île que celui du 'centre' allié celui de la 'profondeur', ce qu'on pourrait appeler le 'cœur' des ténèbres.

Il faut se souvenir que Bilbo se trouve sous une montagne, un Bilbo qui suivit un 'tunnel qui continuait à descendre de façon assez constante', qui 'poursuivit ainsi son chemin, descendant toujours' (p.77), avant d'arriver à un lac 'noir et profond' 'au cœur des montagnes', découvrant Gollum 'au plus profond de ces lieux' (p.78), vivant 'tapis là en bas, au centre même de la montagne', 'au milieu du lac' (p.69).

On a donc une description de cercles concentriques qui s'enfoncent vers les profondeurs : la (base de la) montagne, le lac, l'île, le rocher, le creux du rocher, l'anneau.
Et l'anneau, tel un trou noir de qui rien ne peut s'échapper, attire Gollum qui 'retourn[e] constamment le contempler'.
Je doute que ce thème des cercles infernaux ait été inspiré de la seule mention du roi Hiram sur son île...

Aussi, si je suis certain de l'influence des textes nordiques, je suis moins sûr de l'influence de Josèphe, Planudes ou de La Fontaine sur Tolkien. Et quoiqu'il faille reconnaître qu'une partie importante de la structure du dialogue entre Bilbo et Gollum s'y retrouve (réciprocité/symétrie, amende/enjeu), toutes les autres caractéristiques (visiteur/hôte, enjeu vital/prix non vital, question 'impossible') en sont absentes.

Une fusion des sources de la part de Tolkien est toujours possible, mais je pencherais pour une redécouverte d'une trame littéraire parfaitement adaptée à celle d'un conte. [41]

(h) les Dits de Valfthrúdnir sont très importants (seule occurrence de la réciprocité du questionnement dans les textes scandinaves) mais les les Énigmes de Gestumblindi le sont tout autant car c'est le seul texte scandinave mettant en jeu un point essentiel dans Bilbo II : le désir de meurtre et la réciprocité dans ce désir.

Rappelons qu'à la suite de la 'fausse' énigme d'Ódhinn (cf. §VIII.4 suivant) Heidrekr, très mauvais perdant et surtout fou de rage, tente de tuer Ódhinn.. Après la tentative de meurtre d'Ódhinn par Heidrekr avec son épée Tyrfingr, on lit la malédiction pleine de vengeance d'Ódhinn :

Ódhinn dit alors : " Parce que toi, roi Heidrekr, tu m'as attaqué et voulais me tuer, alors que j'étais innocent, les plus vils esclaves te mettront à mort. "

Dans Énigmes dans l'Obscurité, la volonté de Gollum de tuer Bilbo est évidente dès le départ, volonté qui devient obsession lorsqu'il comprend qu'il a été dupé :

Il lui restait encore un ou deux os à ronger, mais il voulait quelque chose de plus moelleux.
" C'est tout à fait sûr, oui, se murmura-t-il. Ça ne nous verra pas, n'est-ce pas, mon trésor ? Non. Ça ne nous verra pas, et sa sale petite épée ne lui servira de rien, oui, parfaitement. "
(...)
On devine, trésor, on devine seulement. On peut pas savoir jusqu'à ce qu'on trouve la s-sale créature et qu'on l'écrase.

[Bilbo le Hobbit, p.89, 92]

Et Bilbo, tout comme Ódhinn, est tenté de se venger :

Il devait se battre. Il devait transpercer cet être répugnant, éteindre ses yeux, le tuer. L'autre voulait le tuer, lui. Non, le combat n'était pas loyal. Il était invisible, à présent. Gollum n'avait pas d'épée. Gollum n'avait pas positivement menacé de le tuer, ni encore tenté de le faire. Et il était misérable, seul, perdu. Une compréhension soudaine, une pitié mêlée d'horreur s'élevèrent dans le cœur de Bilbo (...)
[Bilbo le Hobbit, p.94]

Bilbo est bien naîf (il refuse de croire que Gollum a l'intention de le tuer !) et sensible...Aussi, à la différence d'Ódhinn, il n'use pas de son pouvoir sur son adversaire, ne répond pas à la tentative de meurtre par le meurtre, préférant pardonner Gollum, ou plutôt parvenant à surmonter sa peur.

Un autre point important de contact entre Bilbo II et les Énigmes de Gestumblindi : dans les deux textes c'est l'arrivant, celui qui risque sa vie, celui qui remporte la joute, qui devrait donc avoir la vie sauve que l'on tente de tuer.

Plus accessoirement, nous avons tous également noté la présence et l'importance dans ces deux textes de l'épée possédée par un seul des deux protagonistes, chaque épée possédant un nom qui la personnalise : Tyrfingr pour l'épée du roi Heidrekr et Dard pour l'épée de Gollum (même si cette personnalisation ne deviendra effective qu'à partir du chapitre VIII Mouches et araignées).

Mais ce détail prend son importance lorsqu'on se rend compte qu'il s'ajoute à un autre, toujours commun à Bilbo II et aux Énigmes de Gestumblindi : l'arrivant (Bilbo /Ódhinn) échappe à la tentative de meurtre en volant par-dessus (ou au loin de) l'hôte ; ainsi, dans la Saga de Heidrekr [20, p.59] :

Ódhinn se métamorphosa en faucon et s'envola. et le roi donna un coup dans sa direction, et lui enleva les plumes de la queue.

Et dans Bilbo II [Bilbo le Hobbit, p.95] :

Il sauta tout droit par-dessus la tête de Gollum (...) Gollum se rejeta en arrière et tendit les bras comme le hobbit volait (flew) par-dessus lui, mais trop tard : ses mains se refermèrent sur le vide (...)


Bibliographie et notes :

[38] Enciclopedia Universal Ilustrada, tome 19, 1966 Madrid. Référence anglaise en ligne, ici.

[39] Texte trouvé sur internet.

[40] Traduit de l'anglais d'après la version en ligne accessible ici.

[41] Il existe toutefois un argument mettrait en évidence l'importance du texte de Josèphe par rapport à celui de la légende d'Ésope : Guillaume de Tyre, chroniqueur de la terre sainte (1130-1184), dans son Historia rerum in partibus transmarinis gestarum, au livre XIII, chapitre I, cite ce passage de Flavius Josèphe où Hiram demande à Abdimus de l'aider à résoudre les énigmes de Salomon ; il ajoute 'c'est peut-être celui que les récits populaires appellent Marcolfus.' Or Marcolfus (Marculfus, Markolf) se retrouve dans le Poème II de Salomon et Saturne (v.11 : 'le pays de Marculf'). De nombreux commentateurs allant même jusqu'à assimilé Marcolfus avec Saturne, il est tout à fait probable que Tolkien, en étudiant Salomon et Saturne, aura eu à l'esprit la légende entre Salomon et Hiram lorsqu'il a utilisé le poème en Vieil-Anglais pour rédiger Énigmes dans l'Obscurité (cf. E9) . [2, p.25-26]

Sosryko

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