Sosryko > Sans vouloir défendre Vinyamar qui ne semble pas en avoir besoin, contentons-nous de citer Tolkien qui, dans sa lettre1 L297, place l'époque d'Eärendil dans la chronologie de notre humanité avec une vision de 'l'histoire du salut'2 de la Terre-du-Milieu entièrement biblique, au sens chrétien du mot :
" La Chute de l'Homme [au temps d'Eärendil] appartient au passé et se trouve en arrière plan; la Rédemption de l'Homme est dans un lointain futur. Nous nous trouvons dans une époque où le Dieu Unique, Eru, a son existence connue par le sage, mais il n'est accessible que par ou à travers les Valars, bien qu'Il soit encore évoqué par ceux qui descendent des Numénoréens dans leur prière (muette)."
C’est également la même lettre que je cite un peu plus haut , mais de manière beaucoup plus sobre (va falloir que je m’y mette à ces tags htlm ;-))
Petite correction …tu proposes ‘le sage’ pour ‘the wise’, mais j’opterais pour ‘les sages’ (ceux du Conseil Blanc avec les Istari, Galadriel, Elrond etc…) ; qu’en penses-tu ? (va falloir que je m’y mette aussi à la traduc ;-))
Mathieu Combaz > RR a écrit:
> cette oeuvre n'a pas son principe en dehors d'elle-même mais principiellement et essentiellement EN elle-même.
Cà, sauf votre respect, c'est une esquive... <
Là je crois que je vais changer de camp, comme Cirdan, mais de manière plus résolue :o)
La lecture que propose RR est tt à fait pertinente selon la méthode d’analyse structuraliste qui conduit à aborder le texte comme un ensemble clos sur lui-même dans une perspective immanentiste qui tient pour négligeables les données externes.
A propos de ces 2 types d’analyse du texte (structuraliste et philosophique, je tiens la théologie pour une branche de la philosophie), Roland Barthes écrit :
« Toutes les analyses socio-idéologiques concluent au caractère déceptif de la littérature (ce qui leur enlève un peu de leur pertinence) : l’œuvre serait finalement toujours écrite par un groupe socialement déçu ou impuissant, hors du combat par situation historique, économique, politique ; la littérature serait l’expression de cette déception. Ces analyses oublient (et c’est normal, puisque ce sont des herméneutiques fondées sur la recherche exclusive du signifié) le formidable envers de l’écriture : la jouissance : jouissance qui peut exploser, à travers des siècles ; hors de certains textes écrits cependant à la gloire de la plus morne, de la plus sinistre philosophie ».(Le Plaisir du Texte, Points Seuil,1973, p.64).
C’est une lecture parmi d’autres. Ici on privilégie plutôt une réflexion sur les rapports de l’œuvre avec les opinions religieuses de son auteur et avec les autres textes (intertextualité). Soyons tolérants ;-))
En fait, je crois que nous sommes tous d’accord, le Légendaire se déroule bien dans un âge fabuleux et pré-chrétien.
Et à propos de ‘la venue du Christ’, une vague allusion dans HoMEX, dans le commentaire qui suit le texte « Athrabeth Finrod Ah Andreth », perçue avant tout comme une croyance bien fragile :
« Since Finrod had already guessed that the redemptive function was originally specially assigned to Men, he probably proceeded to the expectation that ‘the coming of Eru’, if it took place, would be specially and primarily concerned with Men : that is to an imaginative guess or vision that Eru would come incarnated in human form » (p.335).
Sweet dreams
Cathy

