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Les Elfes et la lumière
#26
Dior III, le retour du jedi ;-)))

Petit manuel de meurtre de Balrog ;-)

Les textes semblent nous montrer deux façons de tuer un Balrog : la manière brute, physique, comme le montrent Ecthelion et Glorfindel, tout comme ceux qui ont combattu un tel être sans succès, et la manière lumineuse, comme le montre Gandalf.

Comme le montre Gandalf ? À voir, ça ne me semble pas si clair :

[citation=T2, Chap. V. LE CAVALIER BLANC, Page 135]Nous luttâmes loin en dessous de la terre vivante, où le temps ne se compte pas. Il m'étreignait toujours, et toujours je le tailladai jusqu'à ce qu'enfin il s'enfuît dans de noirs tunnels.[/citation]

On a donc au moins un indice montrant qu'il y a bel et bien une lutte physique entre Gandalf et le Balrog, Gandalf tente de blesser physiquement le Balrog. N'oublions pas non plus que ce qui tue finalement le Balrog, c'est sa deuxième chute, comme le rappelle Isengar, après que Gandalf l'eût "jeté à bas" (le Balrog, pas Isengar ;-). Un événement physique, donc.

Dès lors qu'en est-il des éléments lumineux encadrant ce combat ? Je vois pour ma part plusieurs explications possibles, qui ne s'excluent pas forcément (je pense même qu'elles se combinent) :

- il peut s'agir d'un pur procédé littéraire, utilisé par Tolkien pour mettre en lumière (pffff) la lutte du Bien contre le Mal, de l'archange (même si ses pouvoirs sont encore limités à ce moment-là) contre le démon (au fait, la bestialité de ce Balrog m'a toujours étonné, comparée à la personnalité et à l'intelligence des Balrogs du Sil ...). Je ne suis pas expert en christianisme ni en angélologie, mais n'y a-t-il pas des points de comparaison à dénicher dans les récits relatant le combat de saint George (ou saint Michel ?) contre le dragon ? Au fait, saint George est le patron de l'Angleterre, si je ne me trompe, et le récit de son combat est connu des Anglais ... une source d'inspiration pour Tolkien dans sa description du combat Gandalf / Balrog ?

- il peut s'agir de phénomènes purement physiques, provoqués par la présence d'une créature de feu en contact avec la neige et la glace (Gandalf ne dit-il pas aussi qu'ils étaient entourés d'une fumée de vapeurs et de buée ?). Quant au soleil qui brillait furieusement, cela semble normal si on se bat au sommet d'une montagne, endroit où la luminosité est toujours plus forte. Les éclairs sur le Celebdil ? En fait, Gandalf ne parle pas d'éclairs réels :

[citation=T2, Chap. V. LE CAVALIER BLANC, Page 136]Il n'y avait aucun témoin, ou peut-être dans la suite des âges des chansons seront-elles encore chantées sur la Bataille de la Cime. Gandalf eut un rire soudain. Mais que dirait-on en chants? Ceux qui regardaient de loin pensèrent que la montagne était couronnée d'orage. Ils entendirent le tonnerre et, dirent-ils, les éclairs qui frappaient le Celebdil rebondissaient en arrière, brisés en langues de feu.[/citation]

Quant aux ténèbres qui entourèrent Gandalf après le combat, ne parle-t-il pas tout simplement de sa mort ?

- ces descriptions peuvent sembler mystérieuses du fait même de Gandalf : la façon dont il décrit les événements est pour le moins vague, énigmatique, on sent bien qu'il ne veut pas tout dire (d'ailleurs, il le dit lui-même). Gandalf, lui qui n'a jamais été un grand bavard, essaierait donc de noyer le poisson.

- enfin, les éléments lumineux peuvent s'expliquer au niveau spirituel : nous sommes en présence de deux êtres spirituels (même si Gandalf est incarné) disposant de pouvoirs spirituels (l'incarnation de Gandalf limite ses pouvoirs, mais ne les élimine pas), avec d'un côté un Maia corrompu (donc lumière noire / sombre, comme le montre aussi l'extrait de HoMe II que je mentionne dans mon dernier post), et de l'autre un Maia / Istar / incarné non corrompu (donc lumière blanche). Ceci peut aussi expliquer le passage "flamme d'Anor / flamme d'Udûn". Je note aussi au passage que les extraits cités par Isengar (le soleil caché derrière un nuage, les mains emplies de lumière) concernent Gandalf après son retour, quand il devient le Blanc, avec des pouvoirs "libérés".Je ne peux m'empêcher de mentionner que dans une de ses lettres, Tolkien dit que le fait pour Gandalf d'accepter de faire face au Balrog représente son échec, l'échec du dernier Istar non chu : Gandalf savait que ce combat était désespéré pour un incarné. Le combat représente donc l'échec de la mission même des Istari, à savoir combattre le Mal en conseillant, en encourageant mais sans faire usage de leurs pouvoirs directement. M'est avis que je devrais reprendre ce passage, ce sera pour ce soir ...

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