Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Frodon & Sam
Shnogul:
> je préfère revenir sur mon idée que l'oeuvre de Tolkien est censée, par nature, être lue à travers sa propre grille
> Frodo n'est ni un grec ni un viking, c'est un hobbit!
et le seul endroit pour savoir ce qu'est vraiment un hobbit, c'est dans le texte de Tolkien!

D'accord sur le fait que le texte doit être premier. Chacun de nous en lisant fait ses propres associations personnelles, dans lesquelles celles de l'auteur même n'ont qu'une importance relative, c'est normal ; cela montre que la personnalité d'un lecteur intervient de manière importante dans la construction du sens d'un texte de fiction, ce qui n'est plus exactement une découverte ; mais cela concerne avant tout nous mêmes, et il est difficile de bâtir autour une discussion qui aille au delà du "c'est mon avis et je le partage", ce fuseau en rend bien compte. Pour progresser, il est nécessaire de ce baser sur l'expérience commune des lecteurs.

Maintenant, je ne serai pas aussi réservé sur l'intérêt des parallèles avec les inspirations de Tolkien. Elles existent, sont connues, et peuvent contribuer à éclairer. Là dessus je souscris tout à fait aux propos de Hiswelóke plus haut.

> Toto voulait faire un mythe fondateur de la "civilisation anglaise", ce qui ne remonte pas très loin comparé à Sumer.

Pas d'accord. Je trouve que la formule "une mythologie pour l'Angleterre", qui est manifestement ce à quoi tu penses, est décidément séduisante mais en partie inexacte. Elle se base sur la lettre n° 131 de Tolkien à Milton Waldman, mais ce que cette lettre montre tout au plus, c’est que Tolkien a effectivement eu ce projet dans sa jeunesse. Le ton distancié, voire ironique qu’il emploie, montre toutefois qu’il avait évolué à cette époque dans ses ambitions, même si l’on peut y voir une fausse modestie qui ne lui est pas inhabituelle, et qui peut servir de captatio benevolentiae (il écrivait après tout à un éditeur potentiel). Nous en avons parlé dans le fuseau Une mythologie pour l'Angleterre.

Mais de toute façon, cette description ne saurait guère s'appliquer au SdA. La "mythologie" en question, c'est le Silm. ; il ne faut pas oublier que le SdA était d'abord une suite au Hobbit, même si nous sommes d'accord qu'il a fait éclater son cadre d'origine. Cela ne le rend pas commensurable au Silm pour autant, la forme est bien différente ; le Silm. refuse les conventions du roman par le caractère archétypal des personnage, le refus de l'analyse psychologique des personnages, le refus de suivre un héros, la relative imprécision du temps et de l'espace. Le SdA les accepte en grande partie ; il ne se place pas dans la dimension d'un mythe. Il me semble plus exact de parler d'un roman merveilleux adossé à une mythologie qui serait le Silm (en interne, les évènements du Silm constituent bien une forme de mythologie pour les gens du Troisième Âge). Plutôt que comme un mythe, il me semble que le SdA fut conçu comme une illustration du conte dans la conception particulière qu'en avait Tolkien, et qu'il exposa dans l'essai On Fairy Stories - un "conte" gigantesque, assurément.

C'est un hors-sujet dans ce fuseau, j'arrête donc là…

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: