20-04-2002, 04:00
Cirdan, les pelouses ont parfois besoin d’être tondues, ça repousse plus vigoureux ;-)) Tes comparaisons le sont aussi, vigoureuses :o)
Je me demandais bien où pouvait se trouver cet article (que j’avais lu dans Pearce) ; je dirais plutôt qu’il relève plus de la déformation (obsession) professionnelle ;-))
On a tendance sur le forum pour interpréter les personnages à recourir à l’analyse psychologique (Tolkien le premier dans les Lettres), « humaniste » ( cad selon une perspective anthropocentrique, loin de moi la Renaissance ;-)), on les juge, on prétend même faire leur procès ;-) Mais cela a-t-il du sens, appliqué à des êtres de papier, à ces « vivants sans entrailles » comme le dit si poétiquement Valéry ? ?
Il me semble donc que d’aborder les caractères des personnages par une analyse psychanalytique (intelligente et nuancée bien évidemment), y lire les obsessions d’un auteur, voire celles du lecteur (comme tu le dis justement) n’est pas plus deplacé ;-))
La force de ces êtres de papier, c’est qu’ils incarnent nos désirs, ils sont la figure de nos rêveries, ils sont porteurs de nos angoisses, ils ont le courage, souvent, d’aller jusqu’au bout de leurs folies, et l’analyse psychologique peut-elle seule en rendre compte ? ( et naturellement cette force se réalise à travers la chair du langage tolkiennien, je ne l’oublie pas).
Psychologie ou psychologie des profondeurs, that is the question .
Hemm, aussi je crois que l’analyse psychanalytique relève plus d’une approche interne et la psychocritique d’une approche externe dans l’étude d’une œuvre ?
Pour la relation Sam/Frodo, je parlais d’extériorisation d’un sentiment de culpabilité, un sentiment (celui d’avoir « abandonné » ses amis à la guerre, cela peut sembler bête, car naturellement ce n’était pas le cas, ce qui importe c’est que ses amis sont morts et pas Tolkien) qui se cristallise permettant ainsi un soulagement par rapport à un passé lourd à gérer. Je ne faisais référence ni à une relation hiérarchique, ni à un parallèle entre Sam et Tolkien .
Je n’ai jamais dit qu’il fallait réduire l’œuvre de Tolkien à cette seule lecture (j’ai parlé de traces). C’est une lecture parmi d’autres et cela prouve la richesse d’une œuvre littéraire. La psychanalyse de l’art n’expliquera que ce qui en lui n’est pas artistique, donc l’inessentiel, car on peut psychanalyser une œuvre médiocre comme un chef-d’œuvre et c’est précisément cette différence caractéristique entre la médiocrité et le génie qu’aucune psychanalyse ne pourra mettre en lumière (mais je crois que là nous sommes d’accord ;-)) Freud réduisait l’œuvre d’art (si mes souvenirs sont bons) à la sublimation d’instincts refoulés …
Une œuvre intelligente : Roman des origines et origines du roman, de Marthe Robert, qui pour analyser le roman part d’un texte de Freud, Le roman familial des névrosés … ça existe ;-))
Lol
[espacement]Cathy alias Chpako
[espacement]PS : [emphase]« une œuvre peut être le fantasme même qui compense la vie négative »[/emphase] (Barthès)
Cathy têtue
Cirdan Wrote:Je crois que c'est dans Tolkien and the Critics (Cathy, tu me reprends si je me trompe) qu'il y a cet article "No sex, please - We are hobbits"? Il y a longtemps que je l'ai lu et ca ne me laisse pas un souvenir impérissable, ni sur le plan littéraire, ni sur la pertinence du propos.
Je me demandais bien où pouvait se trouver cet article (que j’avais lu dans Pearce) ; je dirais plutôt qu’il relève plus de la déformation (obsession) professionnelle ;-))
Quote:Sans rejeter la psychanalyse en tant que medecine, je la nie entierement comme "outil a une critique litteraire".
On a tendance sur le forum pour interpréter les personnages à recourir à l’analyse psychologique (Tolkien le premier dans les Lettres), « humaniste » ( cad selon une perspective anthropocentrique, loin de moi la Renaissance ;-)), on les juge, on prétend même faire leur procès ;-) Mais cela a-t-il du sens, appliqué à des êtres de papier, à ces « vivants sans entrailles » comme le dit si poétiquement Valéry ? ?
Il me semble donc que d’aborder les caractères des personnages par une analyse psychanalytique (intelligente et nuancée bien évidemment), y lire les obsessions d’un auteur, voire celles du lecteur (comme tu le dis justement) n’est pas plus deplacé ;-))
La force de ces êtres de papier, c’est qu’ils incarnent nos désirs, ils sont la figure de nos rêveries, ils sont porteurs de nos angoisses, ils ont le courage, souvent, d’aller jusqu’au bout de leurs folies, et l’analyse psychologique peut-elle seule en rendre compte ? ( et naturellement cette force se réalise à travers la chair du langage tolkiennien, je ne l’oublie pas).
Psychologie ou psychologie des profondeurs, that is the question .
Hemm, aussi je crois que l’analyse psychanalytique relève plus d’une approche interne et la psychocritique d’une approche externe dans l’étude d’une œuvre ?
Pour la relation Sam/Frodo, je parlais d’extériorisation d’un sentiment de culpabilité, un sentiment (celui d’avoir « abandonné » ses amis à la guerre, cela peut sembler bête, car naturellement ce n’était pas le cas, ce qui importe c’est que ses amis sont morts et pas Tolkien) qui se cristallise permettant ainsi un soulagement par rapport à un passé lourd à gérer. Je ne faisais référence ni à une relation hiérarchique, ni à un parallèle entre Sam et Tolkien .
Quote:Cependant, je n'arrive pas a voir ce qu'il y a de litteraire dans ce rapprochement, qui reste de toutes facons insuffisant pour expliquer la force dune telle œuvre
Je n’ai jamais dit qu’il fallait réduire l’œuvre de Tolkien à cette seule lecture (j’ai parlé de traces). C’est une lecture parmi d’autres et cela prouve la richesse d’une œuvre littéraire. La psychanalyse de l’art n’expliquera que ce qui en lui n’est pas artistique, donc l’inessentiel, car on peut psychanalyser une œuvre médiocre comme un chef-d’œuvre et c’est précisément cette différence caractéristique entre la médiocrité et le génie qu’aucune psychanalyse ne pourra mettre en lumière (mais je crois que là nous sommes d’accord ;-)) Freud réduisait l’œuvre d’art (si mes souvenirs sont bons) à la sublimation d’instincts refoulés …
Une œuvre intelligente : Roman des origines et origines du roman, de Marthe Robert, qui pour analyser le roman part d’un texte de Freud, Le roman familial des névrosés … ça existe ;-))
Quote:Je me pose une question assez stupide. Pardonne-la moi mais ca m'echappe... Durant toute ma scolarite post-bac, je me suis rendu compte que, majoritairement, les filles sont beaucoup plus porte que les garcons sur l'interpretation psychanalityque des texte. Ca veut dire quoi, docteur Cathy? on fuit la realite, nous autres males "faux forts", "vrais faibles"?? :-)) :-)))
Lol
[espacement]Cathy alias Chpako
[espacement]PS : [emphase]« une œuvre peut être le fantasme même qui compense la vie négative »[/emphase] (Barthès)
Cathy têtue

