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Psychocritique
#14
Cirdan Wrote:On devalue la notion de Maitre dans notre societe

Ils étaient 4 bons copains (4 hobbits plutôt intello) pas vraiment préparés à affronter [emphase]« the animal horror of trench warfare »[/emphase] (Biographie de Carpenter, p.91) :
  • JRR Tolkien
  • Rob Gilson
  • Geoffrey Bache Smith
  • Christopher Wiseman (qui servait par contre dans la marine)
Tolkien avait 24 ans en1916. Gilson (22 ans) et Smith (21 ans) furent tués.

Comme je l’ai déjà dit, Tolkien échappa au carnage grâce à la « fièvre des tranchées ». Fièvre réelle, mais aussi symptomatique d’une peur dans la mesure où à chaque rétablissement, il rechutait inexorablement au moment de reprendre du service. A ce propos Edith lui écrit [emphase]« I should think you ought never to feel tired again, for the amount of Bed you have had since you came back from France nearly two years ago is enormous »[/emphase] (p.106).

Le processus inconscient est le suivant : le soldat a peur et a honte d’avoir peur. Il refoule sa peur, mais inconsciemment lui cède. Sa pseudo-fièvre (bien réelle) est l’équivalent inconscient d’une mutilation volontaire, susceptible de le soustraire au danger.

Si je dis cela, ce n’est nullement dans l’optique de Chaumeix qui soutient que [emphase]« Satan fait aujourd’hui de la psychanalyse, il a imaginé ce moyen de nous convier allégrement à contempler nos bas-fonds et à excuser nos fautes par le déterminisme de nos tendances inconnues »[/emphase], mais bien plutôt dans celle de Jung qui affirme qu’[emphase]« une diminution de l’hypocrisie et un accroissement de la connaissance de soi-même ne peuvent avoir que de bons résultats, notamment sur le plan de la tolérance, car on n’est que trop disposé à reporter sur autrui le tort et la violence que l’on fait à sa propre nature »[/emphase].

Smith (grand amateur de poésie), avant de mourir, avait écrit une lettre à Tolkien dont les derniers mots : [emphase]« May God bless you, my dear John Ronald, and may you say the things I have tried to say long after I am not there to say them, if such be my lot »[/emphase] (p.94). Et comme le dit Carpenter dans sa biographie ces paroles incitèrent Tolkien à commencer son Légendaire qui depuis qqtemps le préoccupait et ainsi sa Mythologie commença à prendre forme dans divers lits d’hôpitaux.

Je sens une situation psychologique pour Tolkien pas facile à maîtriser (et je lui rends grâce de par sa grande sensibilité d’avoir agi ainsi) ; sur quatre hobbits, deux ont continué « courageusement » leur voyage ‘au bout de la nuit’ et un les a abandonnés, lâchement physiquement certes mais non spirituellement, car toute sa vie, il s’est acquitté d’une mission poétique qu’un jeune homme de 21 ans lui demanda d’accomplir.

Voilà ce que je voulais dire par cristallisation d’un sentiment de culpabilité dans la relation Sam/Frodo.

Au fait, un essai de psychanalyse du Hobbit par Loki se trouve ici.

[espacement]A+
Cathy
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