25-04-2002, 15:04
Sans aller jusqu'a lui "denier tout autorite", comme le fait Vinyamar, je pense qu'il est anormal que la psychanalyse jouisse d'une espece de permission de ne pas etre mise en doute dans certain milieux dit intellectuels (litteraires, en particulier). J'abhore les methodes qui font cuire des oeuvres sur un grill de lecture prealable. C'est une sale manie qui a fleurit au XXieme siecle: lecture psychanalyste, lecture marxiste, lecture feministe, etc... Je ne m'oppose aucunement a l'interet de se poser des questions renvoyant a ces problemes dans une oeuvre mais il faut maintenir une certaine souplesse, comme le souligne Vinyamar, un doute permanent dans le traitement de l'analyse en gardant a l'esprit qu'une fiction ne peut pas etre consideree comme une confession, meme si elle en prend parfois l'apparence.
Recentrons sur Tolkien.
Dans le cadre curatif, certains considerent que la psychanalyse permet une etude d'un malaise "a la racine" tandis que la psychologie serait une coupe d'un probleme qui repousse plus tard sous une autre forme. Est-ce ce que tu sous-entends?
De mon point de vue, s'il y a une verite a trouver dans l'oeuvre de Tolkien, elle ne se situe pas dans une consideration du type : telle « situation psychologique » lui a permis de développer son œuvre. Puisqu'en fait cela ne fait que la rationaliser. Or, ce qui fait l'objet de mon admiration d'une oeuvre est ce en quoi son est inhumaine. C'est pour cette raison que j'evoquai l'"humanisme" comme quelquechose auquel cette oeuvre s'oppose. Elle n'est pas nombriliste. Elle ne cherche pas a expliquer l'homme; et son centre est, selon moi, ailleurs. Je percois dans le SdA et HoME une opposition volontaire a l'introspection - et le fait que le sentiment que la beaute et la verite qui y alffleure ne sont pas a l'interieur de l'Homme mais a l'exterieur.
Cirdan (qui fait dans le vague)
ps: Le grand ecrivain americain James Baldwin ecrivait dans La prochaine fois, le feu quelquechose de particulierement interessant a propos des materialistes occidentaux qui se moquaient des africains consultant les griots: pourquoi devrais-je cesser de voir le griot au nom de la sainte raison si c'est pour le remplacer par un psy?. :-))
Recentrons sur Tolkien.
Cathy Wrote:Psychologie et psychologie des profondeurs, that is the question
Dans le cadre curatif, certains considerent que la psychanalyse permet une etude d'un malaise "a la racine" tandis que la psychologie serait une coupe d'un probleme qui repousse plus tard sous une autre forme. Est-ce ce que tu sous-entends?
De mon point de vue, s'il y a une verite a trouver dans l'oeuvre de Tolkien, elle ne se situe pas dans une consideration du type : telle « situation psychologique » lui a permis de développer son œuvre. Puisqu'en fait cela ne fait que la rationaliser. Or, ce qui fait l'objet de mon admiration d'une oeuvre est ce en quoi son est inhumaine. C'est pour cette raison que j'evoquai l'"humanisme" comme quelquechose auquel cette oeuvre s'oppose. Elle n'est pas nombriliste. Elle ne cherche pas a expliquer l'homme; et son centre est, selon moi, ailleurs. Je percois dans le SdA et HoME une opposition volontaire a l'introspection - et le fait que le sentiment que la beaute et la verite qui y alffleure ne sont pas a l'interieur de l'Homme mais a l'exterieur.
Cirdan (qui fait dans le vague)
ps: Le grand ecrivain americain James Baldwin ecrivait dans La prochaine fois, le feu quelquechose de particulierement interessant a propos des materialistes occidentaux qui se moquaient des africains consultant les griots: pourquoi devrais-je cesser de voir le griot au nom de la sainte raison si c'est pour le remplacer par un psy?. :-))

