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Psychocritique
#18
Cirdan Wrote:De mon point de vue, s’il y a une vérité à trouver dans l’œuvre de Tolkien

Une vérité ? ? ?

Je dirais plutôt à la manière de Barthes qu'[emphase]« Une œuvre est “éternelle”, non parce qu’elle impose un sens unique à des hommes différents, mais parce qu’elle suggère des sens différents à un homme unique, qui parle toujours la même langue symbolique à travers des temps multiples : l’œuvre propose, l’homme dispose »[/emphase] (Critique et vérité).
Maintenir une certaine « souplesse », c’est accepter diverses interprétations d’un même détail littéraire.

L’œuvre excède l’intention ou les intentions de son auteur (dixit Tolkien). Elle est ouverte (comme dirait Eco). Au sens originel (à propos du SdA, Tolkien écrit dans l’avant-propos de 1966 : [emphase]« La motivation première a été le désir d’un conteur de s’essayer à une très longue histoire, qui retiendrait l’attention des lecteurs, les amuserait, les ravirait et, par moments, peut-être les exciterait ou les émouvrait profondément »[/emphase]) se superposent, s’ajoutent des sens ultérieurs qui dépendent des lecteurs et de leurs outils.

De plus le travail créateur de Tolkien, grâce aux HoME, a réintégré une dimension diachronique ; on s’est intéressé à ses intentions via ses brouillons et ce qui a été achevé comme ce qui ne l’a pas été, sont les résultats de tâtonnements, hésitations ; l’intention n’est pas une préméditation totale ;-)

Quote:telle « situation psychologique » lui a permis de développer son œuvre

Je dirais plutôt que cette situation psychologique et aussi événementielle a été le coup de pouce et la problématique du SdA n’est-elle pas la Mort ? ? ?

[citation=Tolkien : sur les rivages de la TdM de Vincent Ferré,p.167, traduction anglaise de Tolkien d’une phrase de Simone de Beauvoir]« Tous les hommes sont mortels : mais pour chaque homme sa mort est un accident et, même s’il la connaît et y consent, une violence indue »[/citation]

J’ai l’impression de radoter, mais encore une fois je n’ai jamais dit qu’il fallait psychanalyser Tolkien, ni qu’il était un névrosé, ni qu’il fallait soumettre son œuvre à un « cadre curatif » ? ? ?

Olala … J’ai l’impression que vous – Vinyamar et Cirdan – êtes fâchés ;-)) parce que j’ai dit que Tolkien était un piètre soldat, mais c’est lui-même en toute humilité qui le dit dans les Lettres ! ! ! Et à propos de ma citation de Barthes (encore lui ;-)) qu’une œuvre peut être le fantasme même qui compense la vie négative ?
Bon la vie de Tolkien, sans être malheureuse malheureuse, n’est pas si marrante que ça en ses débuts : orphelin, élevé par un prêtre (Vinyamar, cela ne remplace pas une famille), séparé de celle qu’il aime pendant 3 années, la guerre.
Après boulot boulot et père de famille nombreuse (4 enfants à élever). Les enfants, malgré tout le Bonheur que cela peut apporter, c’est beaucoup, beaucoup de contraintes, et papa Tolkien en a passé du temps à corriger des copies d’élèves pour arrondir les fins de mois. C’est dans ce sens que j’entendais un ‘salut psychique’ grâce à l’écriture qui lui a permis d’extérioriser sa ‘souffrance’ et ses préoccupations religieuses et philosophiques et s’évader ….

Quote:C’est une sale manie qui a fleuri au Xxième siècle :lecture psychanalyste, lecture marxiste, lecture féministe

Je te trouve drôlement sélectif dans tes choix ;-) Je complète : lecture existentialiste, lecture universitaire (recherche des sources par ex, mais celle-là a toujours existé, la tradition quoi et ici sur le forum on l’aime bien ;-)), lecture psychocritique et un dérivé lecture thématique, lecture structuraliste, lecture phénoménologique, lecture génétique, lecture poétique et blablabla ;-))
Personnellement, le seul livre féministe que j’ai lu Woman, Race & Class d’Angela Davis m’a semblée tout à fait digne d’intérêt…

Pour finir une boutade de Barthes :

[citation=Le plaisir du texte, p.13]Tout écrivain dira donc : fou ne puis, sain ne daigne, névrosé je suis.[/citation]

[espacement]Cathy exaspérante :o)

Au fait, une interprétation freudienne (= psychologie des profondeurs) du comportement de Sméagol/Gollum se trouve ici.
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