Non, non, non, je ne suis pas fache du tout! Et que Tolkien soit un pietre soldat ne m'importe aucunement...
Sinon, tu as raison quant au fait que je suis trop selectif vis-a-vis des lectures "-istes", mais mon tres flemmard "etc..." renvoyait a un bon nombre d'autres lectures trop theoriciennes a mes yeux - que tu as bien fait de souligner.
Je suis de ton avis encore lorsque tu ecris qu'etre eleve par un tuteur ne remplace pas une famille, mais on se doit cependant, malgre nos convictions de rappeler que Tolkien dit du pretre qui l'eleva qu'il fut [emphase]« a father to me, more than most real fathers »[/emphase] (cf. une lettre n43).
Et puis finalement tu as raison, et c'est sans doute a cause de vieux a priori que je ne regarde pas assez l'oeuvre Tolkienienne a la lumiere de Barthes. Pourtant, c'est vrai qu'il y a bcp de choses interessantes. On se rend compte dans les letters de la conscience de Tolkien que l'oeuvre est independante de son auteur.
Il ecrit quelquepart (Lettre n328)que le SdA a desormais sa vie propre, et que s'il s'enquiert de son sort, c'est a la maniere d'un pere (ne pouvant donc imposer sa volonte a son enfant - [emphase]« The LR does not belong to me »[/emphase] -, mais suivant son evolution avec attention).
Son indifference pour le culte du Grand Auteur (idee sans doute encore plus ancree dans la litterature anglaise que la notre - il existe la-bas tout un code critique pour definir les "canonical works"), que note aussi Tom Shippey, me parait avoir une parente indeniable avec une certaine approche de la litterature developpee par Barthes dans des textes comme "La mort de l'auteur" ou "la lecon". C'est bien a cela que je faisait (en partie) allusion avec l'idee de "souplesse" dans l'interpretation: ce que demande Barthes n'est-il pas de rendre le texte au texte? A mon avis la critique s'appuyant sur la vie de l'auteur est ne va pas dans ce sens mais continue a etre plus anthropocentrique que litteraire. Rappelons ce qu'ecrit Tolkien dans sa lettre a Milton Waldman : [emphase]« As I say, the legendary Silmarillion is peculiar, and differ from similar things that I know in not being anthropocentric »[/emphase]. Sans doute m'opposera-t-on le SdA au Silmarillion, mais malgre les grandes differences des deux oeuvres, il me semble qu'une certaine vision de la faerie persiste, rebelle a se plier entierement a la lumiere (ou plutot "a l'obscurite") de l'homme.
Mais, je me dois d'avouer qu'a l'origine, c'est une raison beaucoup plus basse qu'une simple mefiance (partielle) vis-a-vis de la psychocritique qui me fait tenter (en vain, tes posts sont meilleurs) de nuancer tes propos: c'est juste que je trouve cela assez moche et desanchanteur. Voila donc pourquoi je prefere me concentrer sur les elements indo-europeennes, les traces de syncretisme entre christianisme et religion germanique. J'ai toujours trouver plus de bonheur et de reves a la lecture de Dumezil qu'a celle de Freud. Voila donc! c'est sur ce bien ridicule constat que je m'avoue vaicnu et tire ma reverence pour ce fuseau..
[espacement]Cirdan
PS: merci pour ton lien, qui est interessant, meme pour Cirdan la tete de mule... :-) Je crois que notre de querelle est principalement une histoire de forme mis a part pour la question de la verite, mais cela nous amenerai bien trop loin, car il s'agit de differents d'ordre presque philosophiques dans nos lectures respectives.
C'est sans doute du a ma lubie "utopique" selon laquelle il existe justement une verite universelle dans certaines oeuvres, mais que nous en avons simplement une perception differente chacun dans nos lectures: ce que Tolkien nomme "l'applicabilite" dans la preface a la seconde edition du SdA. Il est evident qu'une oeuvre devellopant une pensee unique, immobile et qui bloque l'applicabilite du lecteur est la preuve d'un echec litteraire (c'est, je le crois fermement, ce que Tolkien reprochait a l'allegorie), mais inversement, je n'aime pas l'idee que l'on puisse faire dire tout et n'importe quoi a une oeuvre. Ce n'est pas ce que dit Barthes, bien-sur, ni toi d'ailleurs - mais c'est un travers auquel les interpretations psychanalytiques et autres "grills de lecture" (y compris dumeziuliennes) se sont souvent voues.
|
Psychocritique
|
|
29-04-2002, 16:53
Salut Cathy! Revoila le casse-pieds!
|
|
« Next Oldest | Next Newest »
|
| Messages In This Thread |
Users browsing this thread: 2 Guest(s)

