25-05-2002, 18:47
Je viens mêler mon grain de sel à la conversation qui prend des proportions dépassant largement l’étude de l’œuvre de Tolkien : la légitimité de la psychocritique.
J’ai lu et apprécié les arguments des uns des autres et tout cela me conforte dans mon opinion première : la psychocritique me paraît toujours aussi illusoire et vaine. Je m’explique.
Je rejoins l’avis de Cirdan quand il dénonce ces véritables « kits » de lecture parmi lesquels on peut ranger la psychocritique. Plus je lis ce genre d’études, plus je me dis qu’au fond elles n’éclairent pas l’œuvre qu’elle se proposent d’étudier mais qu’elles l’utilisent pour s’auto-justifier. En lisant l’étude de Loki sur The hobbit, je n’ai personnellement pas découvert un nouveau sens caché à ce « conte de fée ». Par contre j’ai été le témoin d’associations plus ou moins arbitraires entre l’évolution du héros Bilbo et l’évolution psychologique de l’enfant selon Freud : cela m’a rappelé une certaine UV dispensée par des profs de psycho à l’université aux futurs enseignants! Tout cela est bien intéressant quand on se propose de travailler en interaction avec des enfants ou des adolescents mais qu’est-ce que ça va bien faire avec l’étude littéraire d’une œuvre ? La conclusion de ce même article apporte de lui-même la réponse : on voit Bettleheim se servir du Hobbit comme il le ferait de n’importe quel conte pour apporter un palliatif aux angoisses enfantines ! Et les adultes dans tout ça ? S’est-il posé la question ? Voilà ce que je trouve dangereux : « instrumentaliser » une œuvre pour lui faire dire sa propre vérité (celle du critique) !
Deuxième idée qui rejoint un peu plus le sujet de ce fuseau : l’intérêt de « psychanalyser » Tolkien pour justifier ou comprendre son œuvre. Là je me range à l’avis de Vinyamar qui souligne combien le processus de création est complexe et combien il est difficile d’y décerner ce qui relève du vécu de l’auteur ou d’autres sources d’inspiration. Les associations que nous pouvons faire entre la vie de Tolkien et celle de ces personnages restent selon moi tout à fait subjectives et je me hasarderai peu sur ce terrain-là. Je préfère chercher du côté des sources littéraires ou du contexte sociologique : là au moins on peut s’appuyer sur des faits ! Certes on va m’opposer toutes les citations de Tolkien parlant de ces motivations ou de ses rapports avec sa création. Personnellement je prends tout cela avec des pincettes : qui peut prétendre connaître un homme à travers ce qu’il dit ou ce qu’il fait ? L’être humain est infiniment plus secret que cela… Freud a peut-être mis en évidence que le langage (à travers le lapsus, par exemple) ou les actes (manqués) pouvaient nous trahir mais il néglige tout ce qui relève du travestissement et du « brouillage » de piste. Un artiste se dévoile tout autant qu’il se cache dans une œuvre et démêler le vrai du faux me paraît une aventure très périlleuse et dénuée de toute objectivité !
Voilà ! mon point de vue peut paraître un peu tranché, je vais tâcher de le nuancer. Connaître quelques fondamentaux sur la psychologie me semble indispensable quand on veut chercher à comprendre l’homme mais cette vision a ses limites et ces limites sont vite franchies lorsqu’elle s’applique à la littérature : ce n’est tout simplement pas sa vocation.
J’ai lu et apprécié les arguments des uns des autres et tout cela me conforte dans mon opinion première : la psychocritique me paraît toujours aussi illusoire et vaine. Je m’explique.
Je rejoins l’avis de Cirdan quand il dénonce ces véritables « kits » de lecture parmi lesquels on peut ranger la psychocritique. Plus je lis ce genre d’études, plus je me dis qu’au fond elles n’éclairent pas l’œuvre qu’elle se proposent d’étudier mais qu’elles l’utilisent pour s’auto-justifier. En lisant l’étude de Loki sur The hobbit, je n’ai personnellement pas découvert un nouveau sens caché à ce « conte de fée ». Par contre j’ai été le témoin d’associations plus ou moins arbitraires entre l’évolution du héros Bilbo et l’évolution psychologique de l’enfant selon Freud : cela m’a rappelé une certaine UV dispensée par des profs de psycho à l’université aux futurs enseignants! Tout cela est bien intéressant quand on se propose de travailler en interaction avec des enfants ou des adolescents mais qu’est-ce que ça va bien faire avec l’étude littéraire d’une œuvre ? La conclusion de ce même article apporte de lui-même la réponse : on voit Bettleheim se servir du Hobbit comme il le ferait de n’importe quel conte pour apporter un palliatif aux angoisses enfantines ! Et les adultes dans tout ça ? S’est-il posé la question ? Voilà ce que je trouve dangereux : « instrumentaliser » une œuvre pour lui faire dire sa propre vérité (celle du critique) !
Deuxième idée qui rejoint un peu plus le sujet de ce fuseau : l’intérêt de « psychanalyser » Tolkien pour justifier ou comprendre son œuvre. Là je me range à l’avis de Vinyamar qui souligne combien le processus de création est complexe et combien il est difficile d’y décerner ce qui relève du vécu de l’auteur ou d’autres sources d’inspiration. Les associations que nous pouvons faire entre la vie de Tolkien et celle de ces personnages restent selon moi tout à fait subjectives et je me hasarderai peu sur ce terrain-là. Je préfère chercher du côté des sources littéraires ou du contexte sociologique : là au moins on peut s’appuyer sur des faits ! Certes on va m’opposer toutes les citations de Tolkien parlant de ces motivations ou de ses rapports avec sa création. Personnellement je prends tout cela avec des pincettes : qui peut prétendre connaître un homme à travers ce qu’il dit ou ce qu’il fait ? L’être humain est infiniment plus secret que cela… Freud a peut-être mis en évidence que le langage (à travers le lapsus, par exemple) ou les actes (manqués) pouvaient nous trahir mais il néglige tout ce qui relève du travestissement et du « brouillage » de piste. Un artiste se dévoile tout autant qu’il se cache dans une œuvre et démêler le vrai du faux me paraît une aventure très périlleuse et dénuée de toute objectivité !
Voilà ! mon point de vue peut paraître un peu tranché, je vais tâcher de le nuancer. Connaître quelques fondamentaux sur la psychologie me semble indispensable quand on veut chercher à comprendre l’homme mais cette vision a ses limites et ces limites sont vite franchies lorsqu’elle s’applique à la littérature : ce n’est tout simplement pas sa vocation.

