26-05-2002, 18:16
Cher Fangorn,
Je me dois de réagir à ton message qui passe au crible le mien, mais après tout, c’est le jeu de ce forum et je m’attendais à ce genre de réaction…
Je voudrais juste revenir sur certains détails car je crains de m’être fait mal comprendre.
Tout à fait ! Je ne l’ai peut-être pas exprimé dans mon message mais je ne suis absolument pas totalitaire en matière d’interprétation, simplement je suis plus ou moins convaincue par telle ou telle approche. Je ne suis pas adepte de la psychocritique mais cela n’engage que moi, nous sommes en démocratie et je suis plus que favorable au débat d’idées, sinon je ne serais pas sur ce forum !
Je me suis mal exprimée quand j’ai opposé la « subjectivité » d’une interprétation psychanalytique à l’ «objectivité » des autres démarches. Il est évident que dans la littérature n’est pas une science mais si chacun procédait à une interprétation purement subjective des textes sans souci d’argumenter ou de trouver des terrains d’entente, il ne pourrait y avoir d’échanges et la littérature ne pourrait s’enseigner !!! Par objectivité, j’entends une interprétation réellement argumentée.
Ce que je voulais dire en fait, c’était que la lecture de cet article me donnait le sentiment d’assister à un cours de psycho étayé par des exemples pris au hasard dans The Hobbit. Les interprétation étaient à mon goût trop peu argumentées et l’on aurait pu dire la même chose à propos des personnages ou des épisodes d’un autre conte. L’originalité de Tolkien s’en trouve alors diminuée, me semble-t-il…
Je reproche précisément à Bettleheim de n’envisager la lecture de ce conte que dans la perspective de l’éducation de jeunes enfants. Je pense qu’on peut lire un conte, que l’on soit adulte ou enfant, sans y trouver obligatoirement un palliatif à nos angoisses : je suis pour une pluralité des lectures !!!
Quand je parle de « brouillage » de piste, je veux parler d’une démarche volontaire, contrairement au lapsus ou à l’acte manqué qui sont inconscients donc indépendants de notre volonté ! Ce serait assez amusant d’écrire dans la perspective de faire « tourner en rond » certains adeptes de la psychocritique, tu ne trouves pas ?
En résumé, nous sommes assez d’accord sur le fond du problème. Je te remercie néanmoins pour toutes ces remarques qui m’ont amenée à préciser ma pensée et à mesurer certains de mes propos.
Je me dois de réagir à ton message qui passe au crible le mien, mais après tout, c’est le jeu de ce forum et je m’attendais à ce genre de réaction…
Je voudrais juste revenir sur certains détails car je crains de m’être fait mal comprendre.
Fangorn Wrote:Quote:Certes on va m’opposer toutes les citations de Tolkien parlant de ces motivations ou de ses rapports avec sa création.
Tu es donc favorable à l'idée qu'une œuvre dépasse les intentions explicites de son auteur :-)
Tout à fait ! Je ne l’ai peut-être pas exprimé dans mon message mais je ne suis absolument pas totalitaire en matière d’interprétation, simplement je suis plus ou moins convaincue par telle ou telle approche. Je ne suis pas adepte de la psychocritique mais cela n’engage que moi, nous sommes en démocratie et je suis plus que favorable au débat d’idées, sinon je ne serais pas sur ce forum !
Quote:C'est pourquoi la littérature ne prétend pas à une objectivité de type scientifique.
Je me suis mal exprimée quand j’ai opposé la « subjectivité » d’une interprétation psychanalytique à l’ «objectivité » des autres démarches. Il est évident que dans la littérature n’est pas une science mais si chacun procédait à une interprétation purement subjective des textes sans souci d’argumenter ou de trouver des terrains d’entente, il ne pourrait y avoir d’échanges et la littérature ne pourrait s’enseigner !!! Par objectivité, j’entends une interprétation réellement argumentée.
Quote:Quote:La conclusion de ce même article apporte de lui-même la réponse : on voit Bettleheim se servir du Hobbit comme il le ferait de n’importe quel conte pour apporter un palliatif aux angoisses enfantines !
Tout d'abord, Bettelheim ne place pas tous les contes sur un même plan : il opère des distinctions.
Ensuite, une thèse interprétative doit-elle porter exclusivement sur une œuvre pour être valide ? Je ne le crois pas. Le travail herméneutique a également pour tâche de construire des liens entre les œuvres. Que le Hobbit ait une structure et une fonction analogues à d'autres contes ne m'empêche ni de l'apprécier pour lui-même, ni de reconnaître la validité du rapprochement.
Ce que je voulais dire en fait, c’était que la lecture de cet article me donnait le sentiment d’assister à un cours de psycho étayé par des exemples pris au hasard dans The Hobbit. Les interprétation étaient à mon goût trop peu argumentées et l’on aurait pu dire la même chose à propos des personnages ou des épisodes d’un autre conte. L’originalité de Tolkien s’en trouve alors diminuée, me semble-t-il…
Quote:Quote:Et les adultes dans tout ça ?
Ma réponse va sans doute paraître facile, mais elle est sérieuse : les adultes sont d'anciens enfants ;-) L'inconscient se constitue principalement au cours de l'enfance : les angoisses de l'enfant n'ont pas disparu chez l'adulte. Elles se sont transformées tout en conservant une continuité.
De plus, c'est précisément à eux que s'adresse Bettelheim, puisqu'ils ont en charge l'éducation des enfants.
Je reproche précisément à Bettleheim de n’envisager la lecture de ce conte que dans la perspective de l’éducation de jeunes enfants. Je pense qu’on peut lire un conte, que l’on soit adulte ou enfant, sans y trouver obligatoirement un palliatif à nos angoisses : je suis pour une pluralité des lectures !!!
Quote:Quote:Freud a peut-être mis en évidence que le langage (à travers le lapsus, par exemple) ou les actes (manqués) pouvaient nous trahir mais il néglige tout ce qui relève du travestissement et du « brouillage » de piste.
Non, puisque les actes manqués reposent précisément sur ce travail de brouillage, accentué par le processus de dénégation.
Quand je parle de « brouillage » de piste, je veux parler d’une démarche volontaire, contrairement au lapsus ou à l’acte manqué qui sont inconscients donc indépendants de notre volonté ! Ce serait assez amusant d’écrire dans la perspective de faire « tourner en rond » certains adeptes de la psychocritique, tu ne trouves pas ?
En résumé, nous sommes assez d’accord sur le fond du problème. Je te remercie néanmoins pour toutes ces remarques qui m’ont amenée à préciser ma pensée et à mesurer certains de mes propos.

