26-05-2002, 22:23
Afin d'éviter des excroissances effrayantes pour ceux qui tombent par hasard sur cette page, je ne vais pas inutilement répéter mes propos précédents ;-)
Je me contente de revenir sur les véritables points de désaccord (à une ou deux exceptions près ;-).
Non, dégager une structure psychologique à la fois chez l'auteur et chez l'interprète n'a rien d'un fonctionnement à vide.
Toutes mes félicitations pour la puissance argumentative de ta p'tite sœur dans ce cas ! lol ;-)
Si le raisonnement possède son autorité propre, la psychanalyse détient alors une autorité (qu'elle a malheureusement tendance à transformer en autorité unique — je n'y reviens pas).
Je distinguerai l'interprétation, qui développe une thèse sur des arguments textuels et l'expérience qui livre des impressions de lecture. L'interprétation repose sur l'expérience, mais l'expérience ne conduit pas nécessairement à une interprétation. Les deux ont en commun d'être personnelle ; mais l'interprétation peut se partager (je peux reprendre une thèse de Flieger par exemple) tandis que l'expérience reste individuelle (je peux exprimer mes impressions de lecture, sachant qu'elles ne seront jamais strictement identiques à celle d'un autre lecteur).
Tolkien connaissait ta sœur ??!! lol ;-) Plus sérieusement, je ne vois pas pourquoi un simple lecteur serait plus concerné qu'un interprète (et le fait qu'il soit favorable à la psychanalyse n'y change rien ;-)).
Je ne vais pas revenir sur ta formulation que je trouve excessive : la psychanalyse porte sur le psychisme humain quand même :-)
Si tu veux dire qu'elle tend à altérer les sentiments en cherchant à les rationaliser au sein d'un processus systématique, pourquoi pas, mais reste à définir l'inhumanité dans ce cas.
Hum, ces deux critères me paraissent bien contradictoires... Pour ma part, je n'aimerais pas qu'une machine me donne des chiffres tenant lieu d'interprétation...
Non, ce n'est pas parce que l'interprète étudie une structure qu'il cesse de lire (au contraire...). Quant à sa cécité ou son état spectral, pourrais-tu être plus explicite ? ;-)
Sur quelles données fondes-tu ce "toujours" ? ;-)
Je resterai mesuré devant ce rapprochement entre l'interprète et le journaliste ;-) Le journaliste ne produit que rarement l'interprétation : il la reprend le plus souvent aux travaux des spécialistes.
Si tu veux dire qu'il peut balancer une idée vaguement psychanalytique sur le texte, je n'appelle pas cela une interprétation. Comparer les travaux de Bettelheim ou de Lacan aux commentaires d'un journaliste me semble exagéré. mais je suis sûr que ce n'était pas ce que tu voulais dire...;-)
Cela ne constituerait pas une objection aux yeux de Freud, puisqu'on connaît rarement ses fonctionnements inconscients.
C'est précisément ce que Freud te proposerait ;-)
Au passage, qu'est-ce que vous ne me faites pas faire ! Me v'là devenu l'avocat de Freud. Ni lui ni moi ne méritions cela ! lol
Effectivement. Mais puisque son œuvre lui échappe...
Pourquoi "en vain" ?
Chiche...;-) Fais gaffe, ch'uis une vraie tête de bois parfois ;-) lol
Plus sérieusement, les arguments textuels n'ont pas tous la même force. Deux thèses opposées ont rarement le même poids ; si c'est le cas, c'est souvent le signe d'une analyse insuffisante.
Rrrrhôôô, quel méchant sectaire ce Vinyamar ! ;-))
La ficelle rhétorique est peu grosse...;-) Les niveaux de lecture et d'analyse sont très différents, ce n'est pas à toi que je vais rappeler ça (autre ficelle rhétorique — un partout ! lol ;-))
Ben c'est marrant, moi je ne considère pas cela comme un défaut ;-)
Non, car cela reviendrait à invalider le travail d'interprétation, qui ne peut être compté pour rien.
Au-delà du jeu de mots, qu'est-ce qui te permet de les qualifier ainsi ?
C'est pour cette raison que Jung, entre autres, a cherché à dégager des archétypes inconscients.
Bien sûr, et je ne vois pas là la moindre contradiction :-)
Vais-je réussir à me contenir ?!! Hum... oui, zen, je reste zen :-)
Voilà où ça mène, les profs de philo qui ne font pas assez bien leur travail : les gens finissent par citer le Monde de Sophie ;-))
Plus sérieusement, Gaarder repompe ça à Platon, Aristote, Kant, Dilthey et Husserl (entre autres...)
En effet, mais ce n'est vraiment pas incompatible.
Tu ne peux pas savoir à quel point tu m'enlèves les mots de la bouche ! lol ;-)
Te bile pas pour moi ;-)
Pareil :-) Hum, on est tous des potes, c'est cool...;-)
Sébastien
Je me contente de revenir sur les véritables points de désaccord (à une ou deux exceptions près ;-).
Vinyamar Wrote:Ça tourne donc à vide. Peut être que la psycho a quelque chose à dire, mais elle n'a pas encore les moyens de découvrir quoi !
Non, dégager une structure psychologique à la fois chez l'auteur et chez l'interprète n'a rien d'un fonctionnement à vide.
Quote:La psychanalyse n'a donc encore aucune légitimité à traduire une oeuvre, du moins pas plus que ma petite soeur de me donner sa vision de la lecture
Toutes mes félicitations pour la puissance argumentative de ta p'tite sœur dans ce cas ! lol ;-)
Quote:(aucune légitimité d'autorité, dirons-nous)
Si le raisonnement possède son autorité propre, la psychanalyse détient alors une autorité (qu'elle a malheureusement tendance à transformer en autorité unique — je n'y reviens pas).
Quote:Sauf que ma petite soeur m'offre sa vision personnelle, celle d'une lectrice
Je distinguerai l'interprétation, qui développe une thèse sur des arguments textuels et l'expérience qui livre des impressions de lecture. L'interprétation repose sur l'expérience, mais l'expérience ne conduit pas nécessairement à une interprétation. Les deux ont en commun d'être personnelle ; mais l'interprétation peut se partager (je peux reprendre une thèse de Flieger par exemple) tandis que l'expérience reste individuelle (je peux exprimer mes impressions de lecture, sachant qu'elles ne seront jamais strictement identiques à celle d'un autre lecteur).
Quote:à laquelle s'adressait l'auteur
Tolkien connaissait ta sœur ??!! lol ;-) Plus sérieusement, je ne vois pas pourquoi un simple lecteur serait plus concerné qu'un interprète (et le fait qu'il soit favorable à la psychanalyse n'y change rien ;-)).
Quote:tandis que la psychanalyse offre une vision qui, si elle n'est pas personnelle (alors, cf. cas 1), se veut objective (c'est à dire ?), inhumaine, instrumentale.. je ne sais quel terme employer : elle provient de ce qui n'est pas humain.
Je ne vais pas revenir sur ta formulation que je trouve excessive : la psychanalyse porte sur le psychisme humain quand même :-)
Si tu veux dire qu'elle tend à altérer les sentiments en cherchant à les rationaliser au sein d'un processus systématique, pourquoi pas, mais reste à définir l'inhumanité dans ce cas.
Quote:Aucun sentiment de lecteur, même pas une machine pour donner des chiffres,
Hum, ces deux critères me paraissent bien contradictoires... Pour ma part, je n'aimerais pas qu'une machine me donne des chiffres tenant lieu d'interprétation...
Quote:mais un décorticage fait par un aveugle (puisqu'il s'affranchir de son statut de lecteur), ou plutôt une analyse faite par un fantôme,
Non, ce n'est pas parce que l'interprète étudie une structure qu'il cesse de lire (au contraire...). Quant à sa cécité ou son état spectral, pourrais-tu être plus explicite ? ;-)
Quote:Comment se fait-il qu'une psychocritique soit toujours faite après la mort de l'auteur ?
Sur quelles données fondes-tu ce "toujours" ? ;-)
Quote: Il n'y a que les journalistes pour s'essayer à balancer des arguments psycho face à des types venus vendre leur bouquin,
Je resterai mesuré devant ce rapprochement entre l'interprète et le journaliste ;-) Le journaliste ne produit que rarement l'interprétation : il la reprend le plus souvent aux travaux des spécialistes.
Si tu veux dire qu'il peut balancer une idée vaguement psychanalytique sur le texte, je n'appelle pas cela une interprétation. Comparer les travaux de Bettelheim ou de Lacan aux commentaires d'un journaliste me semble exagéré. mais je suis sûr que ce n'était pas ce que tu voulais dire...;-)
Quote:J'écris un livre, je serais surpris (encore une fois) de ce qu'une psychocritique en dira,
Cela ne constituerait pas une objection aux yeux de Freud, puisqu'on connaît rarement ses fonctionnements inconscients.
Quote:pourquoi ne pas faire une psychocritique pendant la création d'une oeuvre ?
C'est précisément ce que Freud te proposerait ;-)
Au passage, qu'est-ce que vous ne me faites pas faire ! Me v'là devenu l'avocat de Freud. Ni lui ni moi ne méritions cela ! lol
Quote:Par contre, en retour d'analyse, il me semble qu'ils sont encore capable de dire si telle sens est possiblement de lui, ou si tel autre est une pure immagination, l'auteur se jugeant incapable de penser une chose pareille.
Effectivement. Mais puisque son œuvre lui échappe...
Quote:Ou peut-être t'offrira-t-elle un sens de son propre cru, sur lequel tu méditeras en vain
Pourquoi "en vain" ?
Quote:Je suis persuadé qu'avec une bonne analyse, je peux te faire dire ABSOLUMENT (Absolument !) tout ce que je veux dans une oeuvre.
Chiche...;-) Fais gaffe, ch'uis une vraie tête de bois parfois ;-) lol
Plus sérieusement, les arguments textuels n'ont pas tous la même force. Deux thèses opposées ont rarement le même poids ; si c'est le cas, c'est souvent le signe d'une analyse insuffisante.
Quote:(faut quand même de la matière, je ne parle pas des '2 be 3')
Rrrrhôôô, quel méchant sectaire ce Vinyamar ! ;-))
Quote: (je ne connais pas d'autres façon de lire une oeuvre que... de la lire)
La ficelle rhétorique est peu grosse...;-) Les niveaux de lecture et d'analyse sont très différents, ce n'est pas à toi que je vais rappeler ça (autre ficelle rhétorique — un partout ! lol ;-))
Quote: et cherche à en dire quelque chose d'intelligent
Ben c'est marrant, moi je ne considère pas cela comme un défaut ;-)
Quote: mais tout cela le ramène strictement au plan de n'importe quel lecteur, et tous ses arguments psychologiques sont comme des enveloppes qu'on jette ! Elle ne valent rien en soi,
Non, car cela reviendrait à invalider le travail d'interprétation, qui ne peut être compté pour rien.
Quote:Il ne peut pas prétendre imposer cette vision à l'aide d'arguments fantômatiques (ou phantomatiques :-) ).
Au-delà du jeu de mots, qu'est-ce qui te permet de les qualifier ainsi ?
Quote:Ca fait beaucoup de monde à psychanalyser !
C'est pour cette raison que Jung, entre autres, a cherché à dégager des archétypes inconscients.
Quote:(d'ailleurs, tu l'admet à peine plus loin, disant que la séparation des sources relève de l'interprétation)
Bien sûr, et je ne vois pas là la moindre contradiction :-)
Quote:Le monde de Sophie" exploitait cette idée,
Vais-je réussir à me contenir ?!! Hum... oui, zen, je reste zen :-)
Voilà où ça mène, les profs de philo qui ne font pas assez bien leur travail : les gens finissent par citer le Monde de Sophie ;-))
Plus sérieusement, Gaarder repompe ça à Platon, Aristote, Kant, Dilthey et Husserl (entre autres...)
Quote:Connaître l'homme demande bien d'autres talents que celui de savoir interpréter le non-dit
En effet, mais ce n'est vraiment pas incompatible.
Quote:La philosophie mène bien plus loin
Tu ne peux pas savoir à quel point tu m'enlèves les mots de la bouche ! lol ;-)
Quote:(ça c'était pour pas que Fangorn croit que je lui en voulait personnellement :-)
Te bile pas pour moi ;-)
Quote:Comme Nikita, j'ai le sentiment que sur le fond on est pas trop loin les uns des autres)
Pareil :-) Hum, on est tous des potes, c'est cool...;-)
Sébastien

