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Psychocritique
#43
Pour commencer je voudrais te souhaiter un bon anniversaire, Vinyamar, ton message " illustré " m'a beaucoup amusé. J'ai été particulièrement frappée par le smiley " guillotine ", tellement d'ailleurs que cette nuit j'ai rêvé que Zidane se faisait guillotiné (et en plus je faisais partie du comité d'organisation de l'exécution). Cela pourrais certainement intéresser un psy, ce qui nous amène dans le vif du sujet ! En fait mon scepticisme sur l'intérêt de la psychocritique est à deux niveaux :

1) Je me pose des questions sur la validité de la psychanalyse en générale. J'ai lu pas mal de trucs assez critiques sur cette discipline comme par exemple le fait que les théories de Freud repose sur les modèles familiaux du XIX e siècle et ne sont donc plus adaptés de nos jours. J'ai eu l'occasion de lire quelques extraits de Lacan ou Mélanie Klein : ça m'a vraiment laissé une impression de n'importe quoi. Déjà j'ai du mal à croire qu'une pensée rationnelle puisse se cacher dans des discours d'une telle obscurité (ça ressemble même plus à du français) et en plus leurs affirmations me semblent franchement ridicules (ce n'est pas Lacan qui parle de la sexualité de E=mc2 ?). Certes j'ai trouvé ces extraits dans le livre de Sokal et Bricmont (pour ceux qui ne connaissent pas l'affaire Sokal, voir mon explication à la fin du message) qui ont sélectionné les passages les plus ineptes mais ça donne quand même une idée de la façon de penser de ces gens là. En plus dans les extraits retenus ces psy tentent de faire des analogies avec la physique (on se demande pourquoi d'ailleurs) et ils balancent donc des bouts de formules plus ou moins fausses sans logique aucune. Quand on vois ça on est quand même en droit de s'interroger sur leur rigueur intellectuelle. Evidemment si on part du principe que les théories raffinées de Lacan et autres ne sont que de la poudre aux yeux, la psychocritique n'a strictement aucun intérêt. Maintenant je fais une différence entre la psychanalyse et ce que j'appellerais la psychologie. Ce que je veux dire c'est qu'on peut considérer des concepts comme le surmoi et le ça comme des mots compliqués pour dire le sens du devoir et la recherche du plaisir. Ainsi la plus grande partie de l'analyse psychanalytique de Bilbo par Loki peut être vue comme une analyse simplement psychologique où l'on voit comment au fil du texte mûrit la personnalité de Bilbo. C'est pour ça que je trouve son analyse intéressante. Par contre j'ai lu des critiques psychanalytiques d'autres livres avec ce que j'appellerai des idées à la Lacan (genre les symboles tirés pas les cheveux) ça je jette aux orties.

2) Après tout c'est peut-être Freud qui a raison…On prend ça comme hypothèse de départ. Maintenant je lis dans le livre de Shippey que le passage dans l'antre d'Arachne est fortement connoté sexuellement. Bien. Qu'est ce que ça m'apporte de savoir ça ? ça me donne des peut-être des renseignements sur la sexualité de Tolkien ? franchement ça ne m'intéresse pas, ça m'explique peut-être pourquoi ce passage me plait ? : j'en doute fortement, si j'apprécie ce passage c'est parce que Tolkien fait génialement ressentir l'atmosphère terrifiante et parce qu'il permet de donner au personnage de Sam une autre dimension. Je prends un autre exemple : j'aime beaucoup le passage où Beren ouvre sa main vide puis montre son bras sans main à Thingol. Ces deux lignes me font vraiment une très forte impression. Je ne sais pas pourquoi. Il y a certainement des critiques qui pourraient trouver une interprétation psychanalytique de ce passage mais je ne suis pas sûre que ça m'intéresserait parce que je pense si explication psychanalytique il y a, elle est liée à ma personnalité et à mon histoire. C'est comme pour les rêves je ne pense pas qu'il y ait pas de clef absolue. Et donc de nouveau l'intérêt d'une psychocritique est assez limité…

Voilà, voilà, je suis pas sûre d'avoir été très claire mais ce n'est pas très clair dans ma tête non plus…

[small]Note sur l'affaire Sokal : Sokal et Bricmont sont deux physiciens qui ont voulu dénoncer les dérives du postmodernisme en sciences humaines. Ils ont proposé un article complètement bidon à une revue de sociologie américaine qui ne s'est rendu compte de rien et l'a publié. Histoire de rigoler un peu je vous donne le titre de l'article "Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravité quantique ". Puis Sokal et Bricmont ont publié un livre où ils dénoncent les dérapages de certains psy et sociologues.[/small]

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