Argll ...
:)
Pitié pour Fëanor, dont les ombres se sont suffisament étendues dans son coeur, à la fin, pour ne pas lui prêter en plus des paroles aussi vaines. Dans son dernier malheur ou même sa dernière folie, je crois que ces paroles-là sont au contraire particulièrement lucides et clairvoyantes.
Il est écrit : "il sut" et non "il crut".
On n'est pas dans le subjectif. C'est aussi sûr (même si de portée moindre) que la Prophécie de Mandos.
Sinon, pour me faire l'avocat de Fëanor, ne pas pouvoir abattre le Thangorodrim n'implique pas automatiquement l'échec du Serment, qui est de récupérer les Joyaux (Beren & Lúthien montreront que cela se peut faire autrement qu'en détruisant toutes les armées de Morgoth). Et le venger (ainsi que Finwë) pourra toujours se faire aussi sans abattre tout le pouvoir de Morgoth ; c'est sûr que ce serait mieux mais ...
Je suis d'accord pour dire que ce genre de prescience ne se sera manifesté qu'à certains, mais pas du fait d'Eru (du moins directement), plutôt du fait de l'âme, du mystère, de ces personnes.
Et effectivement cet instant serait en quelque sorte un rapprochement avec Eru, ou peut-être (ce qui serait à peine moins direct) avec l'Ainulindalë ...
Mais je ne crois pas que ce soit de là à prendre conscience de son destin ... je n'ai vu nulle part qu'Ilúvatar destinait quelque chose en particulier à chacun de ses enfants :) A mon sens chacun forge son propre destin (selon ses talents, qui eux sont peut-être du fait d'Eru), et celui-ci, au fur et à mesure qu'il s'écrit, peut donc être prédit (pas par n'importe qui cependant : Mandos par exemple).
Ce passage en tout cas de m'a pas particulièrement troublé, au sujet de cette prescience.
;)
Yyr

