14-05-2002, 01:43
Tâchons de ne pas nous arrêter en si bon (?) chemin ;-)
4.2.2. Les secrets d’Ilúvatar
Plus que quiconque, c’est incontestable, c’est à Ilúvatar qu’incombe la faute des insuffisances de la connaissance du Destin.
Nous parlions de la mauvaise perception des Valar par leur seule faute mais nous pouvons leur trouver des « circonstances atténuantes » car Ilúvatar n’a pas permis que cela soit autrement : la vision qu’il leur a proposé « fut brève et trop tôt disparue[34] ».
Vous l’aurez remarqué dans une précédente citation, même Mandos ne connaît pas tout car il « connaît toutes les choses à venir sauf ce qui est resté du domaine d'Ilúvatar. ». C’est un autre élément qui abonde dans notre sens, il y en a de nombreux autres car on peut lire par ailleurs, même s’il est vrai qu’il a révélé la Musique, que Ilúvatar garde par-devers lui un certain nombre d’éléments car il « n'a révélé à personne ce qu'il garde en réserve[35] ».
Du moment où la Musique s’arrête, la seule indication que nous ayons est celle qui précise « que la vision s'arrêta avec l'accomplissement de la Domination des Humains et l'effacement des Premiers-Nés, et c'est pourquoi, bien que la Musique enveloppe toutes choses, les Valar n'ont pas vu de leurs yeux les Derniers Temps ni la fin du Monde.[36] ».
Ce dernier extrait soulève plusieurs inconnues importantes que nous allons observer plus en détail.
Les Enfants d’Ilúvatar
Les Ainur ont vu dans la Musique la présence des Enfants d’Ilúvatar et leur venue prochaine sur Arda. Même si « aucun des Ainur ne prit part à leur création[37] » proprement dite puisqu’ils « ne furent conçus que par Lui[38] », ce sont eux qui prirent la plus grande part à « la création de leur demeure[39] ». Pourtant, ils ne purent « prédire au jour près le moment[40] » qu’Ilúvatar a choisi pour leur arrivée sur Arda. Cette ignorance les fera partir en guerre contre Melkor pour éviter qu’ils ne tombent sous sa domination.
Les Enfants d’Ilúvatar sont, nous le savons, les Elfes et les Hommes. On le verra, leur destin est différent en bien des points.
Le Destin des Enfants d’Ilúvatar
Le chapitre XII du Silmarillion, Les Humains, donne quelques indications ce que sera le destin des « Nouveaux Venus ». Nous apprenons par exemple que la « Musique des Ainur […] fixe le destin de tous les autres êtres[41] », par conséquent, au contraire des Elfes, les Humains n’y sont pas sujets, ou tout au moins il est inconnu d’eux. Cette spécificité fait apparaître une caractéristique majeure du genre humain : le Libre-Arbitre et la Mort.
a) Le Libre-Arbitre
L’absence des Humains de la Musique s’accompagne de qualités que les Elfes a priori non pas, en tout cas non affirmées aussi nettement. Ilúvatar souhaita en effet que les humains « soient toujours en quête des limites du monde et au-delà[42] » et surtout « qu'ils aient le courage de façonner leur vie, parmi les hasards et les forces qui régissent le monde[43] ».
Bien évidemment, les Elfes ont eux-aussi leur libre-arbitre mais leurs gestes seraient, dirait-on, davantage ancrés dans un ordre naturel des choses, que leurs actions seraient pratiquement sans surprise. Impression qui sera confirmée plus tard par la voix de Mandos, nous en reparlerons.
Revenons maintenant sur une précédente citation à propos des humains : « […] aient le courage de façonner leur vie, parmi les hasards et les forces qui régissent le monde[44] ». L’utilisation de termes comme « façonner » et « hasards » évoquent incontestablement l’idée d’une évolution plus libre des hommes. Mais que représente donc ces « forces » si ce n’est la Musique elle-même et ce que les Valar y ont vu ?
Peut-on alors se poser la question de savoir si nous ne devrions pas opposer « forces » et « hasards » comme on le ferait pour « destin » et « libre-arbitre » ?
Que ce soit parce que les humains n’ont jamais été au contact des Valar, que le destin est effectivement tout à fait absent de leur vie ou qu’Ilúvatar ne permet pas que l’on révèle ce qui les attend, toujours est-il que Mandos n’aura pas de parole prophétique les concernant.
Nous reviendrons plus en détail sur cet aspect fondamental de la vie des Enfants d’Ilúvatar pour tenter de savoir dans quelle mesure le libre-arbitre guide ou non leurs actions.
b) La Mort
Cette liberté d’évolution des Humains s’accompagne d’une « contrepartie » que les Humains finiront par regretter. C’est le « Don d’Ilúvatar[45] », synonyme pour eux d’une présence limitée dans le temps sur Arda, autrement dit, la Mort.
Alors que les Elfes « restent et resteront jusqu'à la fin des Temps[46] » et « ne meurent pas que ne meure le monde[47] », la mort des Humains « est leur destin[48] ».
Les Elfes ne se sentent pas concernés par la Mort mais elle deviendra l’une des préoccupations majeures des hommes car Melkor a fait se « confondre la mort avec les ténèbres[49] » dans leur esprit. Elle est d’autant plus redoutée qu’ils ne savent quel est leur sort une fois mort, au contraire des Elfes qui « se retrouvent à Valinor, dans les Palais de Mandos, d'où ils peuvent sortir au bout d'un certain temps[50] ».
L’un des secrets d’Ilúvatar concerne donc le devenir des Humains après la mort, ce que le chroniqueur du Silmarillion confirme :
Le Silmarillion, p. 132
« Peut-être que le sort des hommes après la mort n'est pas dans la main des Valar, qu'il ne fut pas même prédit par la Musique des Ainur. »
Les humains n’ont qu’une seule certitude : qu’ils mourront. En réalité, le Mort est le seul élément connu de leur destin. Pour les Elfes, c’est l’inverse, ils ne connaissent pas leur fin ni quand elle interviendra, non plus que le rôle qu’ils auront à tenir.
Une Incertitude Annoncée : la Fin du Monde
Une autre réserve qui ne concerne qu’Ilúvatar concerne la fin du monde. Le Silmarillion ne laisse entrevoir que de rares mentions de la fin d’Arda. Tout au plus, nous trouvons ça et là quelques allusions avec des termes comme « Fin des Temps[51] » qui attestent, même si l’heure et les circonstances sont inconnues, qu’un Ragnarök[52] Tolkienien aura finalement lieu. La fin du monde est chose certaine mais on ne sait quand elle interviendra, ce qui en fait ce que nous avons appelé « une incertitude annoncée ».
La fin du monde est elle aussi du ressort d’Ilúvatar : « les Valar n'ont pas vu de leurs yeux les Derniers Temps ni la fin du Monde[53] ».
Les rares indications que nous ayons parlent d’une « Dernière Bataille » qui se déroulera sur Arda où d’ailleurs les Nains auront à jouer un rôle et « servir Aulë[54] pour l'aider à reconstruire Arda après la Dernière Bataille[55] ».
Une phrase qu’il est difficile d’interpréter donne confirmation de cette Dernière Bataille. Elle concerne Varda qui créa « Menelmacar[56] avec sa ceinture étincelante qui annonce l'ultime bataille de la fin des temps.[57] ». En quoi cette constellation annonce l’ultime bataille, nous sommes bien incapables de le dire à la seule lecture du Silmarillion.
Pour en apprendre plus sur le devenir d’Arda, nous devons examiner d’autres écrits de Tolkien comme sa correspondance qui laisse entrevoir ce que sera cette apocalypse. Une nouvelle fois, ce sont les paroles de Mandos qui nous donnerons une indication des plus instructives. Si vous voulez satisfaire votre curiosité, nous vous renvoyons à la lecture de The Shapping of Middle-Earth[58], où vous pourrez (re)découvrir ce que nous pourrions appeler la « Seconde Prophétie de Mandos »[59].
Pourtant, le monde renaîtra de la même manière qu’il a vu initialement le jour car il est dit qu’« une musique encore plus grande, celle des chœurs des Ainur et des Enfants d'Ilúvatar, doive s'élever devant Eru après la fin des temps[60] ». A ce moment seulement, « tous […] comprendront pleinement la partie qu'il leur a destinée, chacun atteindra à la compréhension des autres[61] ».
Peut-être alors que les acteurs de ce monde nouveau atteindront la plénitude du savoir et, contrairement à leur prédécesseurs, connaîtront leur Destin ?
Naturellement, c’est Ilúvatar qui conclura nos différentes questions en restituant l’une de ses paroles à Manwë lorsqu’il lui dit : « Un seul des Valar croirait-il que je n'ai pas entendu la Musique tout entière, jusqu'au moindre soupir de la plus faible voix ? »[62].
Ce témoignage rapporté par Manwë est la preuve, difficilement contestable, que le Destin existe bel et bien sur Arda, même si les Valar et encore moins les principaux intéressés ne le connaissent pas.
[34] Ibid., p. 57
Plus que quiconque, c’est incontestable, c’est à Ilúvatar qu’incombe la faute des insuffisances de la connaissance du Destin.
Nous parlions de la mauvaise perception des Valar par leur seule faute mais nous pouvons leur trouver des « circonstances atténuantes » car Ilúvatar n’a pas permis que cela soit autrement : la vision qu’il leur a proposé « fut brève et trop tôt disparue[34] ».
Vous l’aurez remarqué dans une précédente citation, même Mandos ne connaît pas tout car il « connaît toutes les choses à venir sauf ce qui est resté du domaine d'Ilúvatar. ». C’est un autre élément qui abonde dans notre sens, il y en a de nombreux autres car on peut lire par ailleurs, même s’il est vrai qu’il a révélé la Musique, que Ilúvatar garde par-devers lui un certain nombre d’éléments car il « n'a révélé à personne ce qu'il garde en réserve[35] ».
Du moment où la Musique s’arrête, la seule indication que nous ayons est celle qui précise « que la vision s'arrêta avec l'accomplissement de la Domination des Humains et l'effacement des Premiers-Nés, et c'est pourquoi, bien que la Musique enveloppe toutes choses, les Valar n'ont pas vu de leurs yeux les Derniers Temps ni la fin du Monde.[36] ».
Ce dernier extrait soulève plusieurs inconnues importantes que nous allons observer plus en détail.
Les Enfants d’Ilúvatar
Les Ainur ont vu dans la Musique la présence des Enfants d’Ilúvatar et leur venue prochaine sur Arda. Même si « aucun des Ainur ne prit part à leur création[37] » proprement dite puisqu’ils « ne furent conçus que par Lui[38] », ce sont eux qui prirent la plus grande part à « la création de leur demeure[39] ». Pourtant, ils ne purent « prédire au jour près le moment[40] » qu’Ilúvatar a choisi pour leur arrivée sur Arda. Cette ignorance les fera partir en guerre contre Melkor pour éviter qu’ils ne tombent sous sa domination.
Les Enfants d’Ilúvatar sont, nous le savons, les Elfes et les Hommes. On le verra, leur destin est différent en bien des points.
Le Destin des Enfants d’Ilúvatar
Le chapitre XII du Silmarillion, Les Humains, donne quelques indications ce que sera le destin des « Nouveaux Venus ». Nous apprenons par exemple que la « Musique des Ainur […] fixe le destin de tous les autres êtres[41] », par conséquent, au contraire des Elfes, les Humains n’y sont pas sujets, ou tout au moins il est inconnu d’eux. Cette spécificité fait apparaître une caractéristique majeure du genre humain : le Libre-Arbitre et la Mort.
a) Le Libre-Arbitre
L’absence des Humains de la Musique s’accompagne de qualités que les Elfes a priori non pas, en tout cas non affirmées aussi nettement. Ilúvatar souhaita en effet que les humains « soient toujours en quête des limites du monde et au-delà[42] » et surtout « qu'ils aient le courage de façonner leur vie, parmi les hasards et les forces qui régissent le monde[43] ».
Bien évidemment, les Elfes ont eux-aussi leur libre-arbitre mais leurs gestes seraient, dirait-on, davantage ancrés dans un ordre naturel des choses, que leurs actions seraient pratiquement sans surprise. Impression qui sera confirmée plus tard par la voix de Mandos, nous en reparlerons.
Revenons maintenant sur une précédente citation à propos des humains : « […] aient le courage de façonner leur vie, parmi les hasards et les forces qui régissent le monde[44] ». L’utilisation de termes comme « façonner » et « hasards » évoquent incontestablement l’idée d’une évolution plus libre des hommes. Mais que représente donc ces « forces » si ce n’est la Musique elle-même et ce que les Valar y ont vu ?
Peut-on alors se poser la question de savoir si nous ne devrions pas opposer « forces » et « hasards » comme on le ferait pour « destin » et « libre-arbitre » ?
Que ce soit parce que les humains n’ont jamais été au contact des Valar, que le destin est effectivement tout à fait absent de leur vie ou qu’Ilúvatar ne permet pas que l’on révèle ce qui les attend, toujours est-il que Mandos n’aura pas de parole prophétique les concernant.
Nous reviendrons plus en détail sur cet aspect fondamental de la vie des Enfants d’Ilúvatar pour tenter de savoir dans quelle mesure le libre-arbitre guide ou non leurs actions.
b) La Mort
Cette liberté d’évolution des Humains s’accompagne d’une « contrepartie » que les Humains finiront par regretter. C’est le « Don d’Ilúvatar[45] », synonyme pour eux d’une présence limitée dans le temps sur Arda, autrement dit, la Mort.
Alors que les Elfes « restent et resteront jusqu'à la fin des Temps[46] » et « ne meurent pas que ne meure le monde[47] », la mort des Humains « est leur destin[48] ».
Les Elfes ne se sentent pas concernés par la Mort mais elle deviendra l’une des préoccupations majeures des hommes car Melkor a fait se « confondre la mort avec les ténèbres[49] » dans leur esprit. Elle est d’autant plus redoutée qu’ils ne savent quel est leur sort une fois mort, au contraire des Elfes qui « se retrouvent à Valinor, dans les Palais de Mandos, d'où ils peuvent sortir au bout d'un certain temps[50] ».
L’un des secrets d’Ilúvatar concerne donc le devenir des Humains après la mort, ce que le chroniqueur du Silmarillion confirme :
Le Silmarillion, p. 132
« Peut-être que le sort des hommes après la mort n'est pas dans la main des Valar, qu'il ne fut pas même prédit par la Musique des Ainur. »
Les humains n’ont qu’une seule certitude : qu’ils mourront. En réalité, le Mort est le seul élément connu de leur destin. Pour les Elfes, c’est l’inverse, ils ne connaissent pas leur fin ni quand elle interviendra, non plus que le rôle qu’ils auront à tenir.
Une Incertitude Annoncée : la Fin du Monde
Une autre réserve qui ne concerne qu’Ilúvatar concerne la fin du monde. Le Silmarillion ne laisse entrevoir que de rares mentions de la fin d’Arda. Tout au plus, nous trouvons ça et là quelques allusions avec des termes comme « Fin des Temps[51] » qui attestent, même si l’heure et les circonstances sont inconnues, qu’un Ragnarök[52] Tolkienien aura finalement lieu. La fin du monde est chose certaine mais on ne sait quand elle interviendra, ce qui en fait ce que nous avons appelé « une incertitude annoncée ».
La fin du monde est elle aussi du ressort d’Ilúvatar : « les Valar n'ont pas vu de leurs yeux les Derniers Temps ni la fin du Monde[53] ».
Les rares indications que nous ayons parlent d’une « Dernière Bataille » qui se déroulera sur Arda où d’ailleurs les Nains auront à jouer un rôle et « servir Aulë[54] pour l'aider à reconstruire Arda après la Dernière Bataille[55] ».
Une phrase qu’il est difficile d’interpréter donne confirmation de cette Dernière Bataille. Elle concerne Varda qui créa « Menelmacar[56] avec sa ceinture étincelante qui annonce l'ultime bataille de la fin des temps.[57] ». En quoi cette constellation annonce l’ultime bataille, nous sommes bien incapables de le dire à la seule lecture du Silmarillion.
Pour en apprendre plus sur le devenir d’Arda, nous devons examiner d’autres écrits de Tolkien comme sa correspondance qui laisse entrevoir ce que sera cette apocalypse. Une nouvelle fois, ce sont les paroles de Mandos qui nous donnerons une indication des plus instructives. Si vous voulez satisfaire votre curiosité, nous vous renvoyons à la lecture de The Shapping of Middle-Earth[58], où vous pourrez (re)découvrir ce que nous pourrions appeler la « Seconde Prophétie de Mandos »[59].
Pourtant, le monde renaîtra de la même manière qu’il a vu initialement le jour car il est dit qu’« une musique encore plus grande, celle des chœurs des Ainur et des Enfants d'Ilúvatar, doive s'élever devant Eru après la fin des temps[60] ». A ce moment seulement, « tous […] comprendront pleinement la partie qu'il leur a destinée, chacun atteindra à la compréhension des autres[61] ».
Peut-être alors que les acteurs de ce monde nouveau atteindront la plénitude du savoir et, contrairement à leur prédécesseurs, connaîtront leur Destin ?
Naturellement, c’est Ilúvatar qui conclura nos différentes questions en restituant l’une de ses paroles à Manwë lorsqu’il lui dit : « Un seul des Valar croirait-il que je n'ai pas entendu la Musique tout entière, jusqu'au moindre soupir de la plus faible voix ? »[62].
Ce témoignage rapporté par Manwë est la preuve, difficilement contestable, que le Destin existe bel et bien sur Arda, même si les Valar et encore moins les principaux intéressés ne le connaissent pas.
[34] Ibid., p. 57
[35] Ibid., p. 17
[36] Ibid., p. 20
[37] Ibid., p. 17
[38] Ibid., p. 17
[39] Ibid., p. 17
[40] Ibid., p. 57
[41] Ibid., p. 17
[42] Ibid., p. 48
[43] Ibid., p. 48
[44] Ibid., p. 48
[45] Ibid., p. 49
[46] Ibid.
[47] Ibid.
[48] Ibid.
[49] Ibid.
[50] Ibid.
[51] Ibid., pp. 14, 49, 52, 58, 82, 104 et 111
[52] On trouve ce mot (que Régis Boyer traduit par « Consommation du Destin des Puissances ») dans la correspondance de Tolkien : cf. The Letters of J.R.R. Tolkien, la lettre 83 et la très intéressante lettre 131.
[53] Le Silmarillion, p. 17
[54] Un autre des Valar qui conçut les Nains.
[55] Le Silmarillion, p. 52
[56] Une constellation d’étoile, la constellation d'Orion (cf. l’index du Silmarillion)
[57] Le Silmarillion, p. 58
[58] The Shapping of Middle-Earth, George Allen & Unwin, 1986 (non traduit) : quatrième tome de The History of Middle-earth.
[59] The Shapping of Middle-Earth, pp. (40-1, 73), 165, 205, 253
[60] Le Silmarillion, p. 14
[61] Ibid., p. 14
[62] Ibid., p. 54-55

