Les écoles "populaires", dans les paroisses rurales, étaient mixtes: une fillette avait à peu près autant de chances d'apprendre à lire que son frère, même si de fait une infime minorité le faisait.
Les femmes des milieux ordinaires choisissaient en grande partie leur mari - c'est différent dans la noblesse, pour cause d'héritages et d'alliances, mais au village, il y avait sans doute peu d'unions forcées. on voit des jeunes femmes refuser crânement leur promis, y compris alors que celui-ci les traîne devant le tribunal ecclésiastique pour rupture de fiançailles.
Le meurtre d'une femme est plus grave que le meurtre d'un homme (avec des nuances en milieu nobiliaire, mais dans ce cadre-là on ne tue pas les femmes, on les enlève pour les épouser de force, justement).
En milieu populaire toujours, l'adultère masculin est puni de la même manière que l'adultère féminin - pour Nikita qui évoque le retour en grâce de Guenièvre comme un rêve littéraire: toutes les femmes adultères médiévales n'ont quand même pas connu le destin tragique des brus de Philippe le Bel, par exemple. En milieu ordinaire, une femme peut demander la séparation de son mari en cas d'adultère reconnu (et vice-versa) et certaines ne s'en privent pas.
tout ça pour dire qu'en termes d'autonomie, vaut mieux être fille du peuple que fille de prince, parfois ;-)
Surtout, je rejoins l'avis de Vinyamar, Cathy et quelques autres: ce n'est pas forcément dévaloriser une femme que l'exclure des "jeux guerriers", par exemple. L'évolution des mentalités a ceci de particulier qu'elle rend difficile la neutralité du jugement: des rôles sociaux différents de ceux que nous connaissons ne sont pas forcément inférieurs.
il n'empêche qu'un des points qui m'a effectivement marqué à la lecture du SDA, c'est l'absence de mères. Et il est vrai qu'Eowyn se révolte ouvertement contre son état de fille - mais trouve la paix dans l'acceptation de l'état d'épouse. Reflet peut-être d'une époque où, sans être forcément pire ou meilleurs, les rôles sociaux par genre (féminin/masculin) étaient plus clairement définis. Le problème est de vouloir dépasser ce rôle: une des choses qu'on reproche à Jeanne d'Arc, c'est bel et bien d'être une femme - et il est très net que dans le SDA, celle qui outrepasse son rôle de femme, Eowyn, passe par l'épreuve et approche la mort et le désespoir avant de s'apaiser en endossant "enfin" ses responsabilités féminines.

