Pour revenir sur le sort que réserve Tolkien aux femmes dans ses oeuvres. D’abord comme cela a été dit, il faut cesser de considérer qu’une vision « positive » d’un personnage (homme comme femme) doit obligatoirement passer par les combats la violence et la guerre. D’ailleurs les principaux héros du Seigneur des anneaux (Gandalf, Frodo, Sam …) sont bel et bien à l’opposé de cette vision simpliste.
Pour ce qui est du rôle guerrier des femmes on peut citer, outre Eowyn, Idril, qui au moment de la Chute de Gondolin « s’en retourna rassembler les femmes et les gens égaré et les hâter dans le tunnel, et aussi frapper les pillards avec son petit groupe ; et ils ne purent la dissuader de porter une épée » (chap. III du Le Livre des Comtes Perdus). On trouve d’ailleurs aussi des femmes comme dirigeant politique comme Haleth dans le Silmarillon.
Mais bien plus important et révélateur à mon sens : le traitement réservé « aux coupes » par Tolkien. Citons en quelques-uns : Galadriel-Celeborn, Idril-Tuor, Melian-Thingol et Luthien-Beren. Dans tous ces cas c’est la femme qui a nettement l’ascendant sur son compagnon que ce soit par le courage, la sagesse ou la gloire.
Le couple formé par Galadriel et Celeborn en est une illustration connue et reconnue. Sans développer disons simplement qu’elle est plus sage que lui, plus prompt à l’action, bref elle a tout compris, lui est inconsistant et falot.
Pour Melian et Thingol, à l’image du couple Galadriel-Celebron, c’est elle qui est sage, qui voit loin, qui par ses pouvoirs protége la Doriath, elle tient un rôle purement positif. Lui, rejète violemment les humains et les noldor, et croyant envoyer Beren à la mort (ce que lui reproche Melian) il provoque des désastres en chaîne : le silmaril ramené en Doriath provoque une guerre contre les nains et sa propre mort, puis une guerre contre les fils de fëanor et la mort de son petit fils Dior… Bref, son orgueil est la source d’infinis malheurs.
Pour Idril et Tuor, le rôle dévolu à Tuor est un peu plus valorisant, mais une nouvelle fois c’est Idril qui la véritable organisatrice de la fuite de Gondolin, point de focalisation de toute leur histoire. C’est elle qui se méfie en premier de Maeglin et elle qui demande à Tuor de regrouper autour de lui des fidèles et de former une maison à part entière. Pour finir, c’est encore elle qui ordonne le creusement du tunnel, et, comme je l’ai dit précédemment, ne s’interdit pas non plus l’action et les combats.
Enfin Luthien et Beren. Beren est certes courageux et amoureux mais il n’a que ça à son crédit. Luthien d’abord lui demande de renoncer à sa quête et de s’enfuir simplement avec elle, mais lui insiste pour aller chercher le silmaril avec toutes les conséquences que celle va avoir, l’orgueil une nouvelle fois... Puis il se fait capturer par Sauron et c’est Luthien qui le délivre et détruit Tol-in-Gauroth. C’est elle qui réussit à endormir Carcharoth puis Morgoth permettant à Beren de se saisire du silmaril. Entre eux-deux, une nouvelle fois, c’est Luthien qui l’emporte et sur tous les tableaux.
Pour conclure, il semble que Tolkien, quand il confronte hommes et femme, cherche systématiquement à rabaisser les hommes en leur donnant des rôles ou secondaire, ou d’inconscient et même d’orgueilleux, comparés aux femmes toujours sages et prévoyantes et qui prennent en plus de cela pleinement leur part dans l’action.
Bref, Tolkien est un horrible androphobe !
Raphaël

