>> sans rentrer dans le débat actuel, il y a quand même rapidement eu des évolutions quant à l'éventuelle âme féminine! il est difficile à une religion dont le Dieu s'est incarné dans le ventre d'une femme (fut-ce par l'action du saint-esprit) de prôner par ailleurs que ladite femme n'a pas d'âme!
De plus, si la femme tentatrice est effectivement un leitmotiv de l'Eglise médiévale, un autre est le rôle tentateur de l'homme envers ses pauvres jeunes femmes, qui sont surtout faibles. enfin, s'il y a bien un sujet sur lequel la littérature chrétienne n'a jamais été homogène, c'est bien celui des femmes: dans les exempla des sermons à partir du XIIIè siècle, ce sont bien souvent les épouses qui font le salut de leur mari souffrant mille morts au Purgatoire.
Cathy toujours ;-) >> De ces idées est, hélàs, venue celle de la chasse aux sorcières (amorcée par une bulle pontificale de 1326 du Pape Jean XXII) et c’est le tragique privilège de l’Eglise de Rome par l’intermédiare de l’ordre blanc des dominicains, d’avoir organisé de façon systématique le génocide de sorcières ; cette ‘belle’ institution, incroyablement barbare, eut pour nom l’Inquisition (il n’y avait pas que les femmes qui furent persécutées d’ailleurs, mais aussi les juifs et les hérétiques – bref toujours les mêmes, ahhh ce manque de tolérance ... ;-).
> L'Inquisition est d'abord créée pour lutter contre l'hérésie, et avec le soutien des Etats en construction. La chasse aux sorcières qui lui est ensuite confiée n'est pas exactement liée à l'image négative initiale de la femme: il y a au XIVè siècle, et surtout à partir du milieu du XVè, un changement dans la perception de la sorcellerie, qui de pratique superstitieuse devient pratique démoniaque (aux yeux des juges et à la grande incompréhension des accusés). de fait la majorité des sorciers sont des sorcières, mais cela n'implique pas une démonisation de la femme en tant que telle. Là encore, le rôle des Etats est prépondérant: la chasse aux sorcières est activement soutenue par les autorités laïques, et on se rend compte que l'essentiel des bûchers est situé en zone frontière, dans des contextes de tension permanente (ce qui n'est pas une excuse, on est d'accord). l'Inquisition la plus violente est l'Inquisition espagnole qui est une Inquisition royale. Bref, tout ça fonctionne parce que la société politique de ce temps y trouve un intérêt.
A ma connaissance, de plus, les Juifs n'ont pas été concernés par lInquisition (sauf la question marrane en Espagne): ils relèvent de la juridiction royale, et au Moyen Age ils ont été plus protégés par l'Eglise que persécutés (au XIVè siècle, les juifs expulsés du royaume de France par Philippe le Bel se réfugient chez le voisin pontifical en Avignon).
Pour revenir au sujet, je suis restée songeuse devant l'extrait de lettre de Tolkien sur l'impossibilité d'une amitié "mixte", notamment parce que le démon ne l'entend pas de cette oreille... Philippe de Novare écrivait il y a 6 siècles "la compagnie des garçons et des jeunes filles est très mauvaise, car souvent il est arrivé qu'elle entraîne des bassesses: dès qu'ils peuvent le faire, ils ont des relations, d'après ce que les gens croient être requis par la nature". sans doute lui aussi mettait-il le démon derrière cette "bassesse"...
Raohael >> Le couple formé par Galadriel et Celeborn en est une illustration connue et reconnue. Sans développer disons simplement qu’elle est plus sage que lui, plus prompt à l’action, bref elle a tout compris, lui est inconsistant et falot.
> j'ai souvenir, lors de ma première lecture, d'avoir été au contraire impressionné par ce personnage, complètement secondaire et occulté par son épouse, et qui pourtant garde une consistance, comme un élément de stabilité, que n'est pas Galadriel, justement du fait de sa volonté et de son pouvoir. Celeborn représente, à mes yeux, le repos qui existe en Lorien, alors que Galadriel représente la force. je ne suis pas certaine en ce cas que le rôle féminin soit le plus enviable ;-)
Nikita >> Certes mais il est tout de même significatif que le SDA se termine en partie sur une naissance, celle d’Elanor, la fille de Sam et de Rosie. La mort rôde tout le long du SDA mais la vie repend son cours à la fin…
> oui, et Tolkien dans les annexes énumère allègrement tous les enfants et mariages de ses "héros": il y a un "appétit de vie" dans ses pages, qui marque bien ce renouveau après la chute de Sauron.

