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Le rôle peu enviable des femmes dans le monde Tolkien
#59
Ci-après une intervention un peu décalée par rapport aux considérations sur la sorcellerie et la situation de la femme au Moyen-Age ou son image biblique, mais bon... les discussions avancent souvent à un rythme bien plus élevé que le temps dont je dispose pour y participer !

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>>Lambertine : Mais Eowyn avait un rôle TRES important à tenir en l'absence des mâles de sa famille.
- Je te rassure Lambertine, j'aime aussi beaucoup Eowyn, qui est assurément un personnage fort du SDA. Elle a son rôle dans le récit, mais c'est quand même, dans la trame narrative, un second rôle. Posons la question autrement : est-ce que, sans Eowyn, la Terre du Milieu aurait été perdue ? Ce n'est pas certain. Il est vrai qu'elle tue le Roi-sorcier, mais rien ne dit que Gandalf n'y serait pas parvenu... (On ne peut pas en dire autant d'Aragorn, de Frodo, de Gandalf, peut-être aussi de Théoden, ou d'autres - tous des hommes - dont le rôle est indispensable à la sauvegarde de la Terre du Milieu).

Ceci n'enlève rien à la grandeur du personnage. Elle n'est certes pas du tout une potiche, mais ce n'est pas elle qui détient l'un des rôles-clefs - lesquels sont attribués exclusivement à des hommes. (Il est vrai aussi, faut-il le rappeler, que les femmes sont extrêmement minoritaires dans le SDA).

Par contre... il me semble que l'on peut considérer qu'elle représente l'espoir du monde à venir - au même titre que Faramir, peut-être, ou mieux, que Sam et Rosie. Un monde qui laisserait tomber ses tendances belliqueuses ou ses obligations guerrières, pour construire la paix. Ainsi, renonçant à chercher la gloire dans le massacre, elle affirme le nouveau sens de sa vie, de la Vie : "je serai guérisseuse, et j'aimerai tout ce qui pousse et n'est pas stérile" (Livre VI chap. V). Dans cette interprétation, Eowyn ne rentre pas dans son rôle social - tel que tu l'évoques, Lothiriel. Mais elle préfigure une société meilleure. (A noter : Sam aussi reconstruit son pays en semant et en procérant.)

Enfin, ce n'est là qu'une interprétation possible du personnage d'Eowyn. Tolkien, comme souvent, laisse bien des portes ouvertes en la matière. Dans ses Lettres, Tolkien ne fait guère allusion à elle. Le seul passage significatif se trouve dans la lettre 244.
"She was not herself ambitious in the true political sense. Tough no a "dry nurse" in temper, she was also not really a soldier or "amazon", but like many brave women was capable of great military gallantry at a crisis"
(Traduction approximative: elle n'était pas elle-même ambitieuse, au sens politique proprement dit. Bien que n'étant pas une "nourrice sèche" (c'est le terme employé dans le SDA) en colère, elle n'était pas non plus réellement un soldat ou une amazone, mais, comme beaucoup de femmes courageuses, était capable d'une grande vaillance militaire, lors de crises)
Petite phrase qui rejoint parfaitement plusieurs réflexions exprimées sur ce fuseau et qui montre, si besoin est encore, que l'on ne peut pas accuser Tolkien de misogynie ou de machisme !

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J'ajoute deux réflexions plus générales suite à tes interventions, Lambertine :

>>Lambertine : pourquoi vouloir a tout prix que les rôles de l'homme et de la femme soient identiques ? les hommes et les femmes ne sont pas identiques, ne serait-ce que parce que la femme porte l'enfant, ce qui lui donne une physiologie et une psychologie particulière.

- A cela, j'ai envie de répondre par une autre question : pourquoi vouloir absolument définir des rôles selon le sexe ? Un des grands acquis de nos sociétés occidentales contemporaines n'est-il pas de permettre à chacun, qu'il soit homme ou femme, de choisir (plus ou moins), l'orientation qu'il souhaite donner à sa vie ? C'est d'ailleurs aussi la revendication d'Eowyn : "Ne puis-je maintenant vivre ma vie comme je l'entends ?" (3e partie - L. V. Chap. II).
(C'est ce à quoi je faisais allusion dans ma précédente intervention en parlant de l'actualité du discours d'Eowyn)
Il y a des femmes qui ne ressentent aucun sentiment maternel et des hommes qui préfèrent vivre une vie d'homme au foyer. Est-ce pour autant qu'ils (elles) sont dénaturé(e)s ? Tout ça est aussi une question de culture : il y a un siècle, il était quasi impensable et plutôt scandaleux qu'une femme puisse conduire un véhicule. De même qu'un père pouponnant ses enfants était invariablement considéré comme un faible. Conduire pour une femme, montrer de la tendresse à l'égard de ses enfants pour un homme, n'était pas dans le rôle qu'on leur avait assigné. Dans nos pays occidentaux, la question ne se pose même plus à l'époque actuelle (du moins, je l'espère ;-)

>>Lambertine : Quant à la femme dans l'histoire de l'Eglise, citez-moi au hasard 10 personnages marquants de cette histoire. Il y aura probablement autant de femmes que d'hommes.
- Oups. Là je dois dire que, si les Ecritures font bien une petite place aux femmes, j'ai bien du mal à citer le nom de femmes célèbres dans l'histoire de l'Eglise...

Amicalement,
Ylem.

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