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Le rôle peu enviable des femmes dans le monde Tolkien
#68
>Raphaël : « Hé bien, que d’emportement ! Cette vision et tout simplement celle, comme je le dis dans mon poste précédant, de l’Eglise catholique apostolique et romaine, qui en la matière n’a rien dit de nouveau depuis quelques bons siècles. Et pour ce qui est de soutenir des « contre-vérité » je ne cois pas que ça lui ait jamais posé le moindre problème. Mais je m’étonne tout de même que qui que ce soit puise parler de « vérité » en matière théologique, ça me dépasse… »

Pardon de m’ « emporter », Raphaël, mais il faut bien que quelqu’un réagisse quand un autre prétend des choses fausses : or je maintiens que l’Eglise catholique et romaine ne dit pas en 2002 que « l’immaculée conception, c’est à dire le fait pour Marie d’être née sans le péché originel, la sépare définitivement du reste de l’humanité et surtout des autres femmes par lequel ce péché se transmet justement depuis Eve (le péché originel venu par Eve ne se transmet que par les femmes et c’est seulement parc que les hommes naissent des femmes que ceux-ci sont aussi touché). », pour te citer ! Il ne s’agit pas d’une vérité théologique mais d’une vérité tout court, ou si tu préfères, d’une réalité : quand tu prétends qu’untel a dit ça, et que c’est faux, il faut bien rectifier ! D’autant que ce genre de propos peut avoir de conséquences fâcheuses et créer des malentendus… J’en veux pour preuve ce que disait déjà St Augustin (IVe-Ve siècle après J.C., of course) à propos des chrétiens qui interprètent faussement la Bible (c’est moi qui souligne):
«Il est une chose plus que honteuse, une chose pernicieuse et extrêmement redoutable ; c'est qu'un des infidèles puisse entendre un chrétien qui prétend parler de ces sujets d'après les Saintes Ecritures, et qui énonce tant de folie qu'il se trompe, comme on dit, toto caelo, au point que l'infidèle a peine à se retenir de rire. Ce qui est le plus pénible, ce n'est pas qu'il soit prêté à rire à un homme qui est dans l'erreur ; c'est que ceux qui sont hors de l'Eglise puissent attribuer à nos auteurs de semblables avis ; c'est que nos auteurs puissent être critiqués et méprisés pour leur ignorance, au grand dommage de ceux dont le salut nous préoccupe. Lorsque ceux-ci, en effet, ont pris un chrétien en flagrant délit d'erreur en ces matières qu'il connaissent si bien, lorsqu'ils l'ont entendu donner sa vaine opinion comme tirée de nos Livres saints, comment pourraient-ils se fier à ces mêmes Livres en ce qui touche la résurrection des morts, l'espoir de la vie éternelle et le royaume des cieux ?» (Commentaire littéral de la Genèse, I, XX, 39, trad. Bibliothèque augustinienne)

Mais revenons à nos moutons ! Il me faut donc te convaincre que l’Eglise catholique rejette :
1) l’idée que la femme est seule à l’origine du péché originel,
2) Marie est séparée du reste de l’humanité.

Au travail :

1) Le Concile de Trente, au printemps de 1546, établit le dogme du péché originel et affirme que le péché d’Adam a atteint tous les hommes et qu’il est héréditaire. Dogme non démenti par le pape Jean-Paul II et le nouveau Catéchisme de l’Église catholique. Il n’est pas question d’Eve mais d’Adam (tiens, tiens…) et jusqu’à nouvel ordre, l’hérédité concerne aussi bien l’homme que la femme ! Voilà qui met fin aux théories sexistes !

2) Pour ce qui est de Marie, j’ai trouvé un compte-rendu sur le net qui explique point par point tous les dogmes rattachés à sa personne. Je vous préviens, c’est un article qui rend compte d’une catéchèse d’évêque à destination d’une congrégation religieuse, il est donc forcément « orienté » :
Marie Immaculée Conception, Marie Mère de l'Eucharistie

Je retiens personnellement plusieurs choses de cet article :
a) « Notre Dame, bien que de nature humaine, est supérieure en grâce à toutes les créatures humaines et angéliques. La grâce conférée à toute autre créature est inférieure à celle qu'a reçu Marie. Toutes ses qualités sont immensément développées: l'intelligence, la compréhension, la volonté, la sensibilité, l'introspection, l'union mystique et le dialogue avec Dieu. A l'échelle humainement, nous ne pouvons décrire avec exactitude la personne de Notre Dame car le grand nombre de grâces, de dons et de charismes qu'elle a reçus de Dieu dépasse notre capacité de compréhension et d'expression. »
Il est clairement dit que Marie est de nature humaine et non divine, comme le Christ : même si elle est « comblée de grâce », elle appartient toujours à l’humanité.

b) « Dans ce passage du décret, Marie est définie comme "femme": Jésus a qualifié ainsi sa mère dans deux moments extrêmement importants de sa vie: au commencement de ses miracles, signes de sa divinité, à l'occasion des noces de Cana (Jean 2,4) et au moment crucial et dramatique de sa mort sur la croix (John 19,26). Il a utilisé en cela un mot extrêmement respectueux. Marie est la femme par excellence, elle a développé au plus haut degré toutes les composantes de la réalité féminine: l'émotion, les sentiments, l'affection, les vertus, la grâce, le sacrifice, l'immolation. » (c’est moi qui souligne)
Qui a dit déjà que la Bible donnait une image dévalorisée de la FEMME ?

c) « L'évêque nous a fait remarquer combien sublime est cette acceptation de la souffrance de la part de la Mère de l'Eucharistie, qui pourrait rester dans la joie du Paradis et au lieu de cela s'en arrache pour venir sur terre, poussée par son immense amour envers ses enfants. »
Vous la trouvez séparée de l’humanité ici, Marie ? Je parlerais plutôt de communion !

d) « Marie est le chemin qui conduit au Christ, pour nous permettre de vivre une relation forte et pleine d'amour avec Lui. »
Le chemin, c’est cela ! Le guide ! Un guide est-il séparé de son groupe ? Non, il est simplement à sa tête, il lui sert d’exemple.

e) « Christ est médiateur parce qu'il est Dieu et homme et Marie est médiatrice parce qu'elle la Mère de Dieu et notre mère. (…) Christ est à nos côtés et nous aime d'un amour immense, mais lorsque nous sommes devant Lui, nous devons L'adorer. Marie est à nos côtés, et nous devons nous efforcer de développer notre relation avec elle afin de la rendre chaque jour plus solide et plus profonde. » (c’est encore moi qui souligne)
« A nos côtés », c’est cela ! Non pas séparée !

Pour conclure, parce que cela devient compliqué, j’ai peur que quand Raphaël écrit que « De ce point de vue, comme l’Eglise et Marie se confondent symboliquement, il devient capital de séparer Marie du reste de l’humanité. En effet, l’Eglise romaine ne se conçoit elle-même que séparée radicalement du monde des laïques, son rôle est d’en être l’intercesseur auprès de Dieu. », il ne confonde le mot « Eglise » tel qu’il est utilisé dans les dogmes rattachés à Marie (Eglise=ensemble des Chrétiens, laïcs et consacrés) et ce qu’il appelle « l’Eglise romaine », c’est-à-dire le clergé catholique… Je me trompe ? Un dernier mot pour finir : un des apports de Vatican II a justement été de redéfinir le rôle des laïcs dans l’Eglise (=la communauté des chrétiens) et de leur donner une part importante de sa mission ; en un mot laïcs et consacrés ne sont pas distants les uns par rapport aux autres mais oeuvrent ensemble à la même cause.

Il y aurait bien des choses encore à ajouter mais je n’y reviendrai pas de peur de répéter ce qu’a dit à juste tire Vinyamar…

NIKITA

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