1. L’Eglise au cours de son histoire a fait des erreurs, des innocents ont été sacrifiés au nom du Christ, mais il me semble qu’elle a fait acte de contrition il y a peu (Vatican II ? ?).
La foi religieuse est source d’émotions profondes ; elle peut motiver les êtres humains à se sacrifier pour une cause en agissant de façon déintéressée, mais elle peut aussi les conduire à agir plus violemment, s’ils croient que leur combat est juste (problème toujours des plus actuels). Cela nous contraint à poser la question de savoir, quand, comment, et si un combat est « juste ». La réponse la plus concevable serait que la violence ne se justifie que si ses fins sont la poursuite d’un bien plus grand que l’horreur qu’elle engendre. Mais qui peut définir, et comment, ce qu’est un « bien plus grand » ?
2. Le concept de patriarcat est-il inhérent à l’idée même de religion ou peut-on dire au contraire que le monde de la religion a été investi plus tardivement par les hommes, car pour certains les religions matriarcales étaient prédominantes avant l’arrivée des grandes religions actuelles, il y a qq 3000 ans. D’où la question : l’inégalité entre les sexes face à l’autorité et au pouvoir reflète-t-elle un ordre originel ou est-elle une construction de l’esprit humain à un certain stade de son évolution ?
3. Les églises anglicanes ordonnent maintenant des femmes, l’église orthodoxe peut le faire aussi (mais ne le fait pas en fait) et les libéraux et les réformés judaïques le font. Par contre l’islam ne connaît aucun débat de cet ordre (le bouddhisme se pose la question par contre).
Donc un débat d’actualité aussi (comme le souligne Lothiriel) , qui ne se posait pas dans l’antiquité païenne, car la sorcière a été considérée comme une dégradation voulue, sous l’influence de la prédication chrétienne, des prêtresses, des sibylles, des magiciennes druidiques. Elles furent déguisées de façon hideuse et diabolique, à l’encontre des initiées antiques qui reliaient l’Invisible et le Visible, le divin et l’humain.
J’espère que tu me comprends mieux maintenant, Vinyamar ;-)
Raphael >>>> Je suis d’accord avec toi que la première responsable de la faute sera Eve (dont la fonction a été de tenter Adam). Et c’est bien cette interprétation (catholique ?) que l’on retrouve dans le Légendaire à propos de la chute des Noldor.
« In the Elvish legends there is record of a strange case of an Elf (Miriel, mother of Fëanor) that tried to die, which had disastrous results, leading to the ‘Fall’ ot the High-Elves … Miriel wished to abandon being, and refused rebirth » (Lp.286).
Miriel est donc la cause de la chute des Noldor dans son refus d’assumer son rôle d’épouse et de mère, le « dans le peine tu enfanteras tes fils » l’ayant complètement épuisée :
« But in the bearing of her first son Miriel was consumed in spirit and body, so that wellnigh all strength seemed to have passed from her … Miriel said to Finwë : « Never again shall I bear child ; for strength that would have nourished the life of many has gone forth into Feänáro» (HoMEX, p.236).
Et sa descendance, sous la malédiction de Mandos, se consumera aussi, une descendance caractérisée par l’orgueil démesuré de ses actes.
Mais la « lumineuse » Indis, la seconde épouse de Finwë, sera celle dont la descendance sauvera la destinée des Elves et des Humains de la Terre du Milieu à la fin du premier âge et de sa descendance naîtra une nouvelle lumière, celle des Demi-Elfes qui portera l’espoir pour les 2 races, comme l’annonce Mandos :
« … I will proclaim now to you things both near and far. Behold ! Indis the fair shall be glad and fruitful … Long she hath loved Finwë, in patience and without bitterness. Aulë nameth Fëanor the greatest of the Eldar, and in potency that is true. But I say unto you that the children of Indis shall also be great, and the Tale of Arda more glorious because of their coming. And from them shall spring things so fair that no tears shall dim their beauty …When he that shall be called Eärendil setteth foot upon the shores of Aman, ye shall remember my words … » (HoMEX, p.247).
Finwë est fautif aussi dans son désir égoïste de paternité et de remariage, et d’après Ulmo, il est le plus fautif car dans son impatience il a interdit toute possibilité de renaissance de Miriel :
« Thus the impatience of Finwë will close the door of life upon the fëa of his spouse. This is the greater fault. For it is more unnatural that one of the Eldar should remain for ever as fëa without body than that one should remain alive wedded but bereaved… » (p.243).
Ainsi l’origine de la chute des Noldor et de leur salut fait écho au mythe biblique et à la théophanie chrétienne grâce à deux images de femmes/mères : Miriel/Eve et Indis/Marie.
(Ce n’est pas trop grave si je reviens au Légendaire ? ? ;-))
En gras c’est moi qui souligne ;-)) )
Mais à propos d’une interprétation du péché originel, je propose celle de Paul Ricoeur (plus conforme aussi avec celle de Tolkien).
Ricoeur identifie plusieurs types de mythes de l’origine du mal dont ces 2 qui nous intéressent plus spécialement :
1.les mythes théogoniques dans lesquels l’homme n’est pas lui-même l’origine du mal, il ne fait que le trouver et le continuer .
2. le mythe adamique, le seul type de mythe à nous offrir une conception proprement anthropologique de l’origine du mal, dans laquelle l’origine du mal se confond avec l’origine de l’humanité.
Comparons avec ce que dit Tolkien :
« I suppose a difference between this Myth and what may be perhaps called Christian mythology is this … In this Myth the rebellion of created free-will precedes creation of the world (Eä) ; and Eä has in it, subcreatively introduced, evil, rebellions, discordant elements of its own nature already when the ‘Let it Be’ was spoken. » (L.p286).
Il faut que je réponde encore à Lothiriel, à Ylem et à Steph (la femme nordique ;-)) mais après un bon dodo …
Cathy

