Qu’est-ce qui te fait dire cela ? As-tu une théorie (autre que ton interprétation personnelle et subjective ) qui va dans ce sens ?
A propos de l’hypothèse « bêtise » :
Dans le premier récit de la création (le texte sacerdotal, certes postérieur au récit Yahviste du péché originel – celui que tu évoques – de 3 ou 4 siècles), il est dit que :
« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa »(Gen 1,27).
Et dans le second récit de la création, le Yahviste :
« Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant » (Gen 2,7).
L’homme est ici animé par le souffle de Dieu.
Jacques Lacarrière écrit très justement que « cette ressemblance entre Dieu et sa créature se réfère surtout au plan spirituel. L’homme – avec Dieu – appartient à l’ordre des créatures douées de raison, de spiritualité et de pneuma, puisqu’il contient précisément une parcelle, une étincelle ou un souffle tirés de Dieu » (Au cœur des mythologies, p.227-228).
Dire alors que l’homme est bête, ben … c’est une drôle d’idée … d’autant plus que ce mythe est commun à 3 grandes religions (judaïsme, christianisme et islam).
Non, l’homme est entièrement responsable de ses actes, le monde et lui ont été créés bons par le Créateur (la vie sexuelle est chose bonne aussi, voir 1, 28 ; 2, 24-25 de la Genèse). S’il y a du mal dans l’humanité, c’est qu’ au lieu de faire confiance à la parole de Dieu (Gen, 2, 16-17), suite aux paroles illusoires du serpent, le premier couple a douté de Dieu .
Maintenant l’hypothèse « innocence » :
La seule chose que l’on puisse dire c’est que l’homme n’a pas de nature au sens propre. En effet, l’étude des enfants sauvages a montré que élévé hors de l’humanité, l’être qui revient n’est pas vraiment humain. Sans hommes, sans autres hommes (et malgré le célèbre « l’enfer c’est les autres »), pas de langue, pas d’humanité.
Par ex, dans un domaine qui semble t’intéresser ;-) , quand ces enfants parviennent à l’âge de se reproduire, ils ne manifestent aucune attirance sexuelle pour les partenaires qu’on leur propose …
Voilà peut-être l’innocence de l’homme, cette part d’inachèvement dans laquelle il naît. Cela est compensé par une capacité d’imitation et d’apprentissage sollicitée par son entourage qui lui permettra de développer les facultés caractéristiques de son espèce.
Donc le mythe du bon sauvage, de l’homme nature est un leurre, car selon Lucien Malson (Les enfants sauvages, mythes et réalités) il n’existe pas d’hérédité comportementale chez l’homme, il est d’abord une histoire.
Voilà j’ai essayé d’argumenter d’une façon « neutre » … face à une simple provocation ? ? Et alors je me fatigue pour rien ;-((
Cathy

