Malheureusement non, cher Lumière du Soir. Les populations qui possèdent l'écriture peuvent utiliser ce fait comme argument pour conforter leur sentiment de supériorité, mais des populations sans écriture peuvent éprouver aussi ce même sentiment. (Bien sûr, ça, ce sont des généralités. La réalité est plus nuancée : on peut par exemple être intéressé ou fasciné par certains éléments d'une culture étrangère, voire même, se laisser séduire au point de s'y jeter totalement, et cela, partout dans le monde. De plus "une population" ne signifie pas nécessairement "tous les individus qui la composent". Je n'ai pas dit que "tout le monde est forcément raciste de naissance"! Hé! 'ttention! :-P
Cette idée que tu avances, nous vient d'une erreur de perspective : seules les cultures de l'écrit ont laissé des traces écrites - évidemment - nous permettant ainsi d'approcher leurs modes de pensée. Pour les populations sans écritures aujourd'hui disparues, cela ne nous est plus possible. Par contre, l'anthropologie, ou ethnologie (la différence entre ces deux termes est très mal définie), par l'étude des populations sans écritures actuelles, ou du moins chronologiquement proche, a pu prouver qu'elles aussi, tombent dans ce travers.
A lire ou relire avec (grand) profit et plaisir : C. Levy-Strauss, Tristes tropiques, M. Mead, Moeurs et sexualité en Océanie(merci Rebeca :-) ), J. Malaurie, Les derniers rois de Thule et Hummocks 1 et 2, J.G. Neihardt, Black Elk Speaks. Le tout chez Plon, mais aussi en Pocket je crois, moins cher tout de même.
Un des coups de génie de Tolkien, c'est d'avoir, tout discrètement, comme si de rien n'était, décrit ce shéma dans le Seigneur des Anneaux. Chez les Elfes, imbus d'eux-même et vaguement condescendants, quand ce n'est pas carrément méprisant envers les autres peuples.Chez les Nains, jaloux, secrets, méfiants.Chez les Hobbits, qui coconnent à l'écart du reste du monde dont ils ne veulent rien savoir et vont jusqu'à développer, à l'intérieur de leur étroite communauté, un "esprit de clocher" un petit peu lamentable. Chez les Gondoriens, tellement nostalgiques de leur splendeur passée qu'il en oublient de vivre au présent, et qui passent leur temps à traiter les autres peuples de "lesser men". Chez les Rohirrim, qui traitent Les Woses d'"hommes sauvages", et les Dunlendings - qu'ils ont tout de même chassés de leurs terres, on l'oublie un peu, ça - en ennemis féroces. Et chez les Woses, qui vivent aussi - comme les Hobbits finalement - à l'écart, cachés au fond de leurs bois, et n'ont pratiquement aucun contact avec les autres peuples.
Tolkien s'en est bien rendu qu'"il est si facile d'être haineux, d'être xénophobe ..." comme citait Sosryko. Mais sa lumière à lui, c'est 1° de nous le montrer. 2° d'inciter - les peuples de sa création, mais rien ne nous empèche d'essayer d'en faire autant - la compréhension, la coopération et l'union plutôt que la rancune, la peur et la haine. C'est ça que symbolisent les Orcs, et non pas un peuple en particulier.

