sans trop en dévoiler, oui, Cédric, le réseau intertextuel qui sous-tend Enigmes dans l'Obscurité est impressionnant...et même si nous avons-vu l'essentiel des sources, ce n'est pas fini et surtout ce n'est pas l'essentiel du texte!
Car ce qui pouvait passer comme une simple et dramatique dissection de ma part (pardonne-moi Yyr/encore que ça aurait pu et je ne m'en serais pas plaint) et (pire, par contre) un banal 'copier-coller' de la part de Tolkien va se révéler, dans l'ensemble, réfléchi et utile, très utile à la narration, au message du texte.
à commencer (en prenant un détail) par ce qu'on aurait pu penser inimaginable: l'utilisation de Shakespeare.
J'y reviendrai (et Shakespeare reviendra avec des arguments supplémentaires hew hew ;-)), Tolkien avait des relations passionnelles avec l'auteur élizabéthain, entre l'amour et la haine qui naissent dans l'intimité de deux personnalités trempées.
Un peu comme mon amour pour le dessinateur Giraud/Moebius [c'est le meilleur dessinateur français de BD vivant, rien n'y changera] et ma 'haine' pour le type [il gache son talent dans des inepties ou bacle ses travaux que ça en devient rageant et insupportable]. Puis je dois reconnaître que mon ressentiment dois beaucoup à la jalousie, avec, inconsciemment, l'idée lancinante "ahh (soupir), Que ne pourrais-je réaliser si j'avais sa technique et son talent..."; finalement, ce que je lui reproche c'est de ne pas mettre son talent à la contribution de mon imagination et de ma vision de la BD! Etr puis, c'est toujours rageant de passer après un autre et de constater qu'il vous a 'piqué' l'idée que vous avez nourri pendant des années dans votre imaginaire...et, bien, entendu, il est impossible que son traitement corresponde à vos longues et profondes attentes.
D'où la déception de Tolkien lorsqu'il lit Macbeth et voit que Shakespeare bacle en une ligne récurrente le mythe Celte des arbres qui se mettent en marche pour faire la guerre; c'est inadmissible! avec son talent! il n'avait pas le droit de ne pas honorer le mythe en n'y faisant allusion qu'en une seule phrase! Idem pour les Elfes...
Il n'empêche que je lis quasiment tout ce que fait Giraud/Moebius; il n'empêche que Tolkien avait lu certainement tout Shakespeare et qu'il connaissait des références par coeur (cf le vers du bois de Birnam en marche pour la colline de Dunsinan cité en L163 [1,p.212], et l'allusion à une réplique assassine de Puck en L219 [1,p.300]...nous y reviendrons ;-))
à très bientôt
S.
PS : Je voudrais t'encourager, cher Tolkiendil qui découvre ce fuseau, à lire le fuseau précédent pour apprécier ce qui va suivre (encore que méthodologiquement parlant, l'orientation va prendre un tour différent, plus 'internaliste').
Je ne reprendrai pas les quelques [46] références bibliographiques ou notes du fuseau précédent, alors, s'il y a des renvois du genre [x, p.xx] avec (x compris entre 1 et 46), que les curieux veuillent bien se référer à la note [x] de bas de post du fuseau précédent.

