Bonjour à tous,
J’ai assisté hier après-midi à la première partie du colloque « Tolkien et la guerre » qui se déroulait à la BnF.
Cette première étape, dont l’angle d’approche était « Tolkien et l’expérience de la guerre » est suivie aujourd’hui 25 janvier d’un deuxième volet plus ambitieux (il se déroule sur toute une journée) portant sur « La guerre dans l’œuvre de Tolkien », au Musée de l’armée.
Hier, donc, après avoir décidé de me rendre à la capitale en voiture pour ne pas prendre le risque de me perdre dans des transports perturbés par la grève, j’ai déjeuné en compagnie d’Alexandre Sargos (l’auteur de Tolkien à 20 ans, 2019).
Nous nous sommes ensuite rendus, par de nombreux halls, sombres couloirs, sas confinés et passerelles vertigineuses (une vision de la Moria en mode architecture contemporaine), au petit auditorium de la BnF.
Là se trouvaient déjà plusieurs tolkiendili menés par leur éminente et radieuse présidente, Audrey-Zelphalya, ainsi que notre cher camarade Philippe-Swing Kid, Benjamin Perrot, contributeur du Dictionnaire Tolkien (et webmaistre du site Pourtolkien) et Simon Ayrinhac, qui a offert quelques articles à JRRVF.
L’heure approchant, un auditoire encore clairsemé et déjà assez hétérogène s’emparait des espaces de la salle.
Enfin, d’autres visages connus ont commencé à arriver : Sébastien Marlair (aka Shudhakalyan) Leo Carruthers, Vincent Ferré et John Garth, l’auteur de Tolkien et la Grande Guerre, que j’ai salué dans un franglais pathétique – au moins l’ai-je fais sourire, c’est déjà ça !
On attendait également une délégation venue de Suisse, mais happée par l’Exposition Tolkien, elle n’a finalement jamais gagné l’auditorium...
C’est François Nida, le responsable de la programmation des événements de la BnF, qui a ouvert le colloque.
Avant de démarrer par la première conférence, la parole fut donnée à Vincent pour un émouvant hommage à Christopher Tolkien.
Après cet instant d’émotion partagée, le déroulé des conférences (légèrement modifié par rapport au programme annoncé sur la page de la BnF), s’est mis en place en démarrant par la conférence de Frédéric Manfrin, co-commissaire de l’exposition Tolkien et chef du service histoire, au département Philosophie Histoire Sciences de l’homme de la BnF.
Sa présentation, efficace et abordée via un angle historique et sociologique, portait sur l’impact de la notion de guerre et son vécu, sur la génération des jeunes hommes européens, la « classe d’âge » dont Tolkien faisait partie.
Alexandre Sargos fit la présentation suivante, riche et passionnante, pleine de conviction, sur l’influence de la guerre dans le processus créatif littéraire de Tolkien. C’était sa première conférence devant un aréopage tolkienien, et il s’en est très bien tiré
Après une pause, la place fut laissée aux invités anglais.
John Garth, d’abord, pour un exposé des éléments narratifs du Seigneur des Anneaux en possible relation avec une vision des souvenirs de la guerre. Entre les évidences (Le marais des morts), les pourquoi pas (les brouillards des galgals comme une métaphore des gaz des tranchées) et les découvertes (le mythe des déserteurs pilleurs de cadavres cachant leur magot dans des cryptes abandonnées), il y avait aussi des éléments tirés par les cheveux (le visage invisible des Nazgûl comme métaphore des visages cachés par les masque à gaz...).
La conférence était toutefois saisissante, John Garth s’exprimant avec une lenteur contrôlée, en articulant chaque mot avec un fort accent des West Midlands.
La diction d’Adrian Gregory, professeur d’histoire au Pembroke College à Oxford, était plus rapide, et sa gestuelle plus animée
.
Sa présentation mettait en avant la perception de la Seconde guerre mondiale par les intellectuels d’Oxford, la plupart anciens combattants de 14-18, dans ce « havre » relativement préservé par les horreurs de la guerre (le Blitz, notamment) qu’était la ville universitaire.
Enfin, le colloque terminé, François Nida a annoncé la conférence d’Isabelle Pantin, qui était à l’origine prévue en décembre, mais reportée à hier soir en raison des grèves.
Malheureusement, comme c’était aussi une journée de grève, il a fallu aller vite car la BnF devait fermer ses portes plus tôt que prévu.
Isabelle Pantin a donc fait le job avec brio, donnant un bel aperçu de la création de la géographie Tolkienienne, des origines (et de ses inspirations médiévales) jusqu’à la géographie très aboutie du Seigneur des Anneaux.
C’est bien dommage que nous disposions de si peu de temps pour les questions, car le sujet de la cartographie captivait visiblement l’auditoire (autant que votre serviteur) et une discussion passionnante dans l’auditorium commençait à émerger sur le statut des cartes dans l’oeuvre... mais il a fallu quitter les lieux.
Comme toute réunion de tolkieniens, tout ceci a évidemment fini dans un bar, autour d’une bière puis d’un repas, en compagnie des Tolkiendili, d’Isabelle Pantin, d’Alexandre et de Shudhakalyan. Et – comme vous le devinez – c’était bien sympathique
Bonne journée à ceux qui assistent à la deuxième partie du colloque au Musée de l’armée, et une pensée spéciale pour notre ami Dominique-Foradan, que des forces obscures combinées ont retenu dans sa verte Normandie
I.
J’ai assisté hier après-midi à la première partie du colloque « Tolkien et la guerre » qui se déroulait à la BnF.
Cette première étape, dont l’angle d’approche était « Tolkien et l’expérience de la guerre » est suivie aujourd’hui 25 janvier d’un deuxième volet plus ambitieux (il se déroule sur toute une journée) portant sur « La guerre dans l’œuvre de Tolkien », au Musée de l’armée.
Hier, donc, après avoir décidé de me rendre à la capitale en voiture pour ne pas prendre le risque de me perdre dans des transports perturbés par la grève, j’ai déjeuné en compagnie d’Alexandre Sargos (l’auteur de Tolkien à 20 ans, 2019).
Nous nous sommes ensuite rendus, par de nombreux halls, sombres couloirs, sas confinés et passerelles vertigineuses (une vision de la Moria en mode architecture contemporaine), au petit auditorium de la BnF.
Là se trouvaient déjà plusieurs tolkiendili menés par leur éminente et radieuse présidente, Audrey-Zelphalya, ainsi que notre cher camarade Philippe-Swing Kid, Benjamin Perrot, contributeur du Dictionnaire Tolkien (et webmaistre du site Pourtolkien) et Simon Ayrinhac, qui a offert quelques articles à JRRVF.
L’heure approchant, un auditoire encore clairsemé et déjà assez hétérogène s’emparait des espaces de la salle.
Enfin, d’autres visages connus ont commencé à arriver : Sébastien Marlair (aka Shudhakalyan) Leo Carruthers, Vincent Ferré et John Garth, l’auteur de Tolkien et la Grande Guerre, que j’ai salué dans un franglais pathétique – au moins l’ai-je fais sourire, c’est déjà ça !
On attendait également une délégation venue de Suisse, mais happée par l’Exposition Tolkien, elle n’a finalement jamais gagné l’auditorium...
C’est François Nida, le responsable de la programmation des événements de la BnF, qui a ouvert le colloque.
Avant de démarrer par la première conférence, la parole fut donnée à Vincent pour un émouvant hommage à Christopher Tolkien.
Après cet instant d’émotion partagée, le déroulé des conférences (légèrement modifié par rapport au programme annoncé sur la page de la BnF), s’est mis en place en démarrant par la conférence de Frédéric Manfrin, co-commissaire de l’exposition Tolkien et chef du service histoire, au département Philosophie Histoire Sciences de l’homme de la BnF.
Sa présentation, efficace et abordée via un angle historique et sociologique, portait sur l’impact de la notion de guerre et son vécu, sur la génération des jeunes hommes européens, la « classe d’âge » dont Tolkien faisait partie.
Alexandre Sargos fit la présentation suivante, riche et passionnante, pleine de conviction, sur l’influence de la guerre dans le processus créatif littéraire de Tolkien. C’était sa première conférence devant un aréopage tolkienien, et il s’en est très bien tiré

Après une pause, la place fut laissée aux invités anglais.
John Garth, d’abord, pour un exposé des éléments narratifs du Seigneur des Anneaux en possible relation avec une vision des souvenirs de la guerre. Entre les évidences (Le marais des morts), les pourquoi pas (les brouillards des galgals comme une métaphore des gaz des tranchées) et les découvertes (le mythe des déserteurs pilleurs de cadavres cachant leur magot dans des cryptes abandonnées), il y avait aussi des éléments tirés par les cheveux (le visage invisible des Nazgûl comme métaphore des visages cachés par les masque à gaz...).
La conférence était toutefois saisissante, John Garth s’exprimant avec une lenteur contrôlée, en articulant chaque mot avec un fort accent des West Midlands.
La diction d’Adrian Gregory, professeur d’histoire au Pembroke College à Oxford, était plus rapide, et sa gestuelle plus animée
.Sa présentation mettait en avant la perception de la Seconde guerre mondiale par les intellectuels d’Oxford, la plupart anciens combattants de 14-18, dans ce « havre » relativement préservé par les horreurs de la guerre (le Blitz, notamment) qu’était la ville universitaire.
Enfin, le colloque terminé, François Nida a annoncé la conférence d’Isabelle Pantin, qui était à l’origine prévue en décembre, mais reportée à hier soir en raison des grèves.
Malheureusement, comme c’était aussi une journée de grève, il a fallu aller vite car la BnF devait fermer ses portes plus tôt que prévu.
Isabelle Pantin a donc fait le job avec brio, donnant un bel aperçu de la création de la géographie Tolkienienne, des origines (et de ses inspirations médiévales) jusqu’à la géographie très aboutie du Seigneur des Anneaux.
C’est bien dommage que nous disposions de si peu de temps pour les questions, car le sujet de la cartographie captivait visiblement l’auditoire (autant que votre serviteur) et une discussion passionnante dans l’auditorium commençait à émerger sur le statut des cartes dans l’oeuvre... mais il a fallu quitter les lieux.
Comme toute réunion de tolkieniens, tout ceci a évidemment fini dans un bar, autour d’une bière puis d’un repas, en compagnie des Tolkiendili, d’Isabelle Pantin, d’Alexandre et de Shudhakalyan. Et – comme vous le devinez – c’était bien sympathique

Bonne journée à ceux qui assistent à la deuxième partie du colloque au Musée de l’armée, et une pensée spéciale pour notre ami Dominique-Foradan, que des forces obscures combinées ont retenu dans sa verte Normandie

I.

