Ylem : « Tolkien précise en quoi l’Anneau tente Gollum, Galadriel et même Sam, lorsqu’il le porte un instant – à savoir : la puissance, le pouvoir. Mais, il ne le dit jamais pour Frodo. »
Je ne suis pas d’accord avec toi : à mon avis, l’anneau n’agit de la même manière sur tous ces personnages ! Certes Galdriel et Sam ont à son contact des visions de mégalomanes, avides de pouvoir mais tel n’est pas le cas pour Gollum, Frodo et Bilbo. Ces trois personnages ont souvent été rapprochés car ils représentent un peu les différents stades de destruction de l’anneau sur son porteur :
- Bilbo est le moins affecté : l’anneau prolonge sa vie mais il peut difficilement s’en séparer quand Gandalf le lui réclame ou quand Frodo le rejoint à Rivendell,
- Vient ensuite Frodo : tu as très bien décrit, Ylem, le processus d’anéantissement qui se produit en lui, je n’y reviens pas,
- Enfin Gollum que l’anneau a littéralement rongé de l’intérieur jusqu’à lui faire perdre toute apparence de hobbit !
Ces trois personnages ne sont pas rongés par l’ambition du pouvoir mais par la convoitise et la possession jalouse de l’anneau (une forme bien particulière d’avarice). Convoitise, avarice, ça sent le péché capital… Quand Frodo revendique l’anneau sur le Mont Doom, ce n’est pas le pouvoir qu’il revendique mais la possession d’un objet qui ne lui appartient pas et dont il connaît tous les méfaits. Or il est tenté par Sauron bien sûr mais aussi par ses propres démons intérieurs car l’anneau a ce pouvoir de réveiller le « côté obscur » de tout être. Alors victime, certes, mais le mal que l’anneau a réveillé était déjà en lui sous-jacent comme il l’est en chacun des êtres qu’il côtoie : nul ne peut lutter contre le pouvoir de l’anneau, pas même Gandalf ou Galadriel !
Frodo est humain, trop humain : c’est ce qui le rend d’autant plus admirable à mes yeux ! Tu le vois, je ne partage l’avis de Tolkien qui pensait que Frodo était moins intéressant que Sam d’un point de vue dramatique, je crois qu’il est bien plus complexe qu’il n’y paraît…

