N’avez-vous pas remarqué comment la syntaxe employée par Tolkien traduit tout le débat intérieur qui agite Frodo :
« par un grand effort » nous indique combien cette décision est difficile à prendre pour Frodo
« étonné d'entendre ses propres mots » : tout de suite après le narrateur semble se contredire en induisant que les paroles lui sortent naturellement de la bouche.
« comme si quelque autre volonté se servit de sa petite voix » : Qu’est devenu l’effort mentionné au début de la phrase ? Ses paroles lui semblent dictées !
Même constat quand Frodo prend la parole :
« J'emporterai l'Anneau » : Voici une phrase affirmative au futur de l’indicatif par dessus le marché ! Je rappelle que l’indicatif est le mode du réel par opposition au conditionnel et au subjonctif : en effet Frodo aurait pu dire : « Je pourrais emporter l’anneau » ou encore « Il faudrait que j’emporte l’anneau ». Pas de trace d’hésitation ou de doute dans cette affirmation !
« encore que je ne connaisse pas le moyen » : et une subordonnée concessive, une, qui traduit bien la modestie empreinte de doute de Frodo au moment où il s’étonne d’après pris une telle décision !
Pardon pour cette analyse stylistique mais elle me semble bien illsutrer le débat intérieur qui anime Frodo : est-ce sa volonté qui est tiraillée entre deux choix (rentrer chez lui ou accepter de mener la quête jusqu’au bout) ou n’est elle pas le terrain où se jouent plusieurs influences : Eru , l’Anneau Unique ? Je rejoins plutôt cette seconde hypothèse bien que je ne puisse pas le démontrer véritablement. Mon sentiment est que quelque chose de plus grand dépasse Frodo mais il n’en a pas moins de mérite à prendre cette décision exemplaire !

