07-10-2002, 23:42
Vinyamar, tu as mal interprété ce que je voulais dire. je connais les modes de reconnaissance des guérisons "miraculeuses" de Lourdes: les guillemets ne sont pas une mise en cause de la notion même de miracle, qui relève de la foi. ce que disent les scientifiques à Lourdes, c'est qu'il existe des guérisons non explicables par la médecine. ensuite, il n'est pas de leur ressort de dire qu'il s'agit d'un miracle, oeuvre de Dieu. la question n'est pas de leur ressort, c'est du ressort de l'Eglise.
c'est le même problème en histoire: l'historien ne se préoccupe pas du caractère "miraculeux" au sens théologique, ce n'est pas son objet, il dit l'existence de faits non expliqués, mais surtout, dans le cadre historique, de faits attestés par des sources d'où la notion de "véracité" est toute relative - relative à leur époque même. rien ne prouve "scientifiquement" que François d'Assise ait été stigmatisé, par exemple: c'est un fait qui cependant intéresse l'historien, non pas dans sa vérité absolue, mais dans sa signification, sa portée, son histoire même etc. Je ne remets aucunement en cause l'existence ou non d'un miracle, simplement parce que ce n'est pas le rôle de l'historien, qui n'est pas théologien (même si des connaissances théologiques lui sont fort utiles). Il n'est pas de mon domaine, dans l'état actuel des connaissances, de dire que les rois de France guérissaient VRAIMENT les écrouelles; il est de mon ressort en revanche de comprendre comment la tradition s'est établie et quelle portée elle a eu.
pour reprendre l'exemple de Lourdes, l'historien va faire comme le scientifique, dire qu'il existe des guérisons non expliquées par la médecine et considérées - et encore pas toutes dans mon souvenir - par l'Eglise catholique comme miraculeuses, cad oeuvres de Dieu. mais il ne dira pas "c'est un miracle", par honnêteté, puisque cet aspect relève de la foi et de la théologie.
en revanche, à partir du moment où une explication rationnelle intervient, l'historien entre en jeu pour comprendre la construction du phénomène. d'où mon topo sur les écrouelles: je ne peux parler que de qui est connu comme construction intellectuelle sur une base populaire, alors que je n'ai pas les moyens de répondre au problème du miracle (ce que le scientifique, lui, peut éventuellement faire, ses conclusions étant ensuite utilisées en histoire pour comprendre tel ou tel phénomène).
c'est le même problème en histoire: l'historien ne se préoccupe pas du caractère "miraculeux" au sens théologique, ce n'est pas son objet, il dit l'existence de faits non expliqués, mais surtout, dans le cadre historique, de faits attestés par des sources d'où la notion de "véracité" est toute relative - relative à leur époque même. rien ne prouve "scientifiquement" que François d'Assise ait été stigmatisé, par exemple: c'est un fait qui cependant intéresse l'historien, non pas dans sa vérité absolue, mais dans sa signification, sa portée, son histoire même etc. Je ne remets aucunement en cause l'existence ou non d'un miracle, simplement parce que ce n'est pas le rôle de l'historien, qui n'est pas théologien (même si des connaissances théologiques lui sont fort utiles). Il n'est pas de mon domaine, dans l'état actuel des connaissances, de dire que les rois de France guérissaient VRAIMENT les écrouelles; il est de mon ressort en revanche de comprendre comment la tradition s'est établie et quelle portée elle a eu.
pour reprendre l'exemple de Lourdes, l'historien va faire comme le scientifique, dire qu'il existe des guérisons non expliquées par la médecine et considérées - et encore pas toutes dans mon souvenir - par l'Eglise catholique comme miraculeuses, cad oeuvres de Dieu. mais il ne dira pas "c'est un miracle", par honnêteté, puisque cet aspect relève de la foi et de la théologie.
en revanche, à partir du moment où une explication rationnelle intervient, l'historien entre en jeu pour comprendre la construction du phénomène. d'où mon topo sur les écrouelles: je ne peux parler que de qui est connu comme construction intellectuelle sur une base populaire, alors que je n'ai pas les moyens de répondre au problème du miracle (ce que le scientifique, lui, peut éventuellement faire, ses conclusions étant ensuite utilisées en histoire pour comprendre tel ou tel phénomène).
tout ce que je dis là ne contient aucun mépris pour l'idée même du miracle (c'est une lourde tâche que d'expliquer aux étudiants d'histoire qu'un récit de miracle n'est pas une "absurdité", voire une "manipulation par l'Eglise", mais l'expression d'une foi que personne, et surtout pas l'historien, n'a à juger). quant à l'effet placebo, personnellement je ne suis pas plus convaincue que toi ;-)
c'est une parenthèse qui s'éternise, ça!

