06-10-2002, 01:14
[small][Édit (Yyr) 2020 : je replace ici en auto-citation ce que Lothirel avait dit sur le sujet un peu avant dans un autre post][/small]
je préfère effectivement la comparaison avec la manne qu'avec l'hostie. le lembas tient également du "pain bénit" si on veut : les usages détournés de l'eucharistie (qui donnent lieu à des textes savoureux et, je dois l'avouer, à quelques éclats de rire dans les archives, temples du savoir traditionnellement troublés uniquement par le bruit du crayon sur le papier ou désormais des doigts sur les claviers ...) tiennent généralement d'une confusion entre ce qui est bénit et ce qui est consacré. l'hostie consacrée, dans les siècles antérieurs, avait valeur de relique, indépendamment de son rôle strictement sacramentel passant fondamentalement par la manducation. C'est pour cela que je faisais la distinction entre ce qu'on appelle les "sacramentaux", qui relèvent du domaine de la bénédiction, et ce qui est strictement sacramentel, qui relève du salut. les "objets sacrés" chez Tolkien relèveraient éventuellement de la première catégorie - avec toute l'aura de magie que ces pratiques revêtaient.
à propos de l'horreur que les orques ont du lembas, on peut retenir que dans la culture catholique, il était courant de considérer que les démons ne pouvaient supporter la présence d'un objet béni - et, pour apporter quand même de l'eau au moulin dans l'autre sens, très spécifiquement de l'eucharistie. un brave dominicain qui allait interroger un fantôme se munissait d'une hostie consacrée histoire d'être sûr que le fantôme n'était pas un mauvais esprit susceptible de l'emporter... Ceci dit, ça "fonctionnait" aussi avec l'eau bénite: les catégories savantes de la théologie résistent mal à la culture populaire.
Quote:à propos de l'aspect sacramentel, je suis restée perplexe en vous lisant; le rapprochement hostie/lembas tient de l'acrobatie, à mon avis. après, il est vrai qu'on peut rapprocher certains objets à connotation "magique" chez Tolkien de ce qu'étaient les sacramentaux dans la piété catholique (de l'eau bénite au bonnet du baptisé): "imprégnés" si l'on peut dire de la bénédiction divine, ils en font bénéficier leur porteur. lembas, mithril, lumière elfique tiennent des sacramentaux, non du sacrement vecteur de grâce.
je préfère effectivement la comparaison avec la manne qu'avec l'hostie. le lembas tient également du "pain bénit" si on veut : les usages détournés de l'eucharistie (qui donnent lieu à des textes savoureux et, je dois l'avouer, à quelques éclats de rire dans les archives, temples du savoir traditionnellement troublés uniquement par le bruit du crayon sur le papier ou désormais des doigts sur les claviers ...) tiennent généralement d'une confusion entre ce qui est bénit et ce qui est consacré. l'hostie consacrée, dans les siècles antérieurs, avait valeur de relique, indépendamment de son rôle strictement sacramentel passant fondamentalement par la manducation. C'est pour cela que je faisais la distinction entre ce qu'on appelle les "sacramentaux", qui relèvent du domaine de la bénédiction, et ce qui est strictement sacramentel, qui relève du salut. les "objets sacrés" chez Tolkien relèveraient éventuellement de la première catégorie - avec toute l'aura de magie que ces pratiques revêtaient.
à propos de l'horreur que les orques ont du lembas, on peut retenir que dans la culture catholique, il était courant de considérer que les démons ne pouvaient supporter la présence d'un objet béni - et, pour apporter quand même de l'eau au moulin dans l'autre sens, très spécifiquement de l'eucharistie. un brave dominicain qui allait interroger un fantôme se munissait d'une hostie consacrée histoire d'être sûr que le fantôme n'était pas un mauvais esprit susceptible de l'emporter... Ceci dit, ça "fonctionnait" aussi avec l'eau bénite: les catégories savantes de la théologie résistent mal à la culture populaire.

