Je comprends Erendis. Je veux dire que je la comprends "dans ma chair". Car elle est charnelle, matérielle, attachée à la vie concrète de Numénor, à ses moutons et à ses arbres. Pas à ce qu'elle considère comme des chimères. En Aldarion, elle a aimé l'homme, pas le Prince héritier. Mais elle l'a aimé MALGRE son goût de la mer, pas AVEC son gout de la mer. Ce qu'elle veut, c'est son homme près d'elle. A elle et pas au monde. Et si elle finit par rejeter Aldarion ( ce en quoi je lui donne tort - surtout en ce qui concerne l'éducation donnée à sa fille ) c'est surtout parce qu'il n'a pas respecté sa parole de "revenir au moment voulu". C'est peut être aussi parce qu'autour d'elle ( du moins au début ) tout le monde la soutenait,elle, et condamnait l'attitude d'Aldarion.
Je comprends Erendis, mais je comprends aussi Aldarion. Attiré, pris par la Mer et les grands espaces, et le reste du monde. Ouvert aux autres cultures, aux autres races. Et pris, au cours de ses voyages, par des événements qui l'engagent, des événements qui font que "on ne fait pas toujours ce qu'on veut".Aldarion est bien moins matérialiste que son épouse, mais ses "chimères" vont jusqu'à l'engager dans une guerre potentielle aux côtés de Gil-Galad. C'est son ami et son allié. Et je cris que pour beaucoup d'hommes, ces valeurs sont aussi importantes que l'Amour.
La fin de l'histoire est triste. Pas tragique comme celle de urin. Triste comme celles de tous les couples qui se séparent. Et qui se font du mal parce qu'ils n'arrivent plus à se faire du bien. Mais faire du mal à l'autre n'est-il pas aussi vivre en fonction de cet autre ?

