18-07-2007, 13:53
Eh bien je me réjouis d'avoir écrit quelque chose qui soit bien accueilli.<br>En général, je suis adepte du "sobre et efficace", sauf cas de débordement émotionnel, auquel cas je m'autorise du plus "fleuri".<p>Pourquoi cette nouvelle arrive deux ans trop tard ? Y avait un fuseau sur Platon, il y a deux ans ?<p>Sinon, pour Marie, donner des explications... ça ne va pas être évident, car il serait possible d'écrire des pages d'analyse. Mais je peux déjà en écrire une.<p>Les Masques se cachent, c'est certain. Ils se cachent du monde et derrière un masque, parce qu'ils sont des êtres secrets, mais aussi parce qu'ils se voilent la face. Je pense qu'ils sont un peu teintés de Skeksès (je sais plus comment ça s'écrit) comme dans Dark Cristal, mais beaux. Très beaux. Très instruits, et très imbus de leur savoir, comme des elfes du premier âge qui auraient poussé le bouchon trop loin.<p>Le Miroir est juste.... humain ? Comme un petit humain tolkienien, remuant, pressé parce que mortel, et ouvert à toutes les influences (contrairement aux Masques qui ne se remettent jamais en question).<p>En fait, mais je ne m'en apreçois que maintenant, je crois que j'ai vraiment exprimé mon ressentiment contreun certain nombre d'elfes et de valar, qui, baignant dans le savoir jusque au cou, en ont oublié de voir ce qui se passait sous leur nez. Après tout, si Morgoth a eu le loisir de faire tout ce qu'il a fait, c'est parce que Manwë a été un peu trop confiant. Feanor sentait bien que ça finirait mal, et personne ne l'a écouté.<p>J'ai toujours reproché aux elfes d'être parfois trop éthérés et pétris de certitudes bien établies : ils cachent leurs sentiments, ils refusent de rendre l'amour aux autres parce qu'ils ont peur des conséquences (qu'ils tiennent pour certaines). Exemple Andreth et Aegnor (euhh peut être Orodreth, je sais plus). L'elfe savait qu'il était aimé de l'humaine. Et au lieu d'aller la voir, et de vivre vraiment comme des amoureux jusqu'à ce que la grande guerre les tue, il ne lui a rien dit. Pas un signe d'espoir. Il s'est dit "comme on va de toute façon y passer, alors à quoi bon ?"<br>Je *comprend* ce point de vue. Mais je le désapprouve. Andreth s'est sentie abandonnée, diminuée, et ce neuneu d'elfe ne s'est pas dit "elle risque de penser que je la snobe parce que c'est une humaine". Nooooon, il s'est bien gardé de se mettre à la place de cette pauvre Andreth, qui était prête à se faire tuer joyeusement pour pouvoir goûter un peu d'amour. Il s'est juste dit "nous autres elfes, on ne badine pas pendant les guerres, point à la ligne, et c'est la conduite qu'il faut tenir"<p>J'ai toujours dit que si l'humanité était un peu moins muette et un peu moins avare de "je suis content avec toi" "merci de ce que tu as fait" "j'espère qu'on restera amis", il y aurait beaucoup moins de gens malheureux.<p><br>Ben les masques, c'est ça : pas de sentiments (ou toujours soigneusement cachés derrière un drapé de dignité impeccable), l'idée qu'ils sont supérieurs à tout et détenteurs de la clé de toute chose : ils n'imaginent même pas que les choses puissent être autrement. Et ils éliminent tout ce qui pourrait troubler leur certitude.<p>En fait, je crois que sous couvert de la connaissance, j'ai voulu surtout parler d'ouverture et de tolérance, d'empathie. Et du danger de reconnaître les élites comme élites, aussi.<p>Wouah. Quelle tartine.<br>Je ne sais pas si vous arriverez à faire le lien entre ma tirade sur Andreth et Aegnor et ma nouvelle... j'espère que j'ai expliqué correctement.

