L’édition citée pour le Silmarillion est celle de Pocket.
Bonne lecture à tous !
Les dieux de Tolkien
Cette réflexion se donne comme point de départ les explications données par Tolkien dans ses Letters où il donne des clés pour appréhender le monde qu’il a créé, notamment dans le Silmarillion. Dans ces affirmations, Tolkien pose comme principe que son monde est monothéiste et que les Valar ne sont pas des dieux :
“There are no 'Gods', properly so-called, in the mythological background in my stories. Their place is taken by the persons referred to as the Valar (or Powers): angelic created beings appointed to the government of the world” (L286, p.368).
"It is a monotheistic world of natural theology” (L165, p.220).
On peut toutefois s’interroger sur les raisons qui ont poussé certains lecteurs à voir dans ce même monde les échos d’un polythéisme et dans les Valars, des dieux.
Pour vérifier la validité de telles hypothèses, il nous faudra définir des termes comme « monothéisme » et « polythéisme » mais aussi « dieu » et « ange ».
J’ai limité mon étude du Silmarillion aux récits premiers : « Ainulinalë », « Valaquent »a et quelques extraits du « Quenta Silmarillion ». En effet, nous trouverons dans ces textes les réponses aux questions que nous sommes en droit de nous poser : quelle est l’origine de la vie et des « dieux » ? Pour mieux éclairer ces récits, je vous propose de les lire à la lumière de deux autres récits primitifs qui ont fortement influencé la pensée occidentale et qui sont assez représentatifs de l’image que l’on peut se faire du monothéisme d’une part, et du polythéisme d’autre part : il s’agit du récit de la Genèse dans la Bible et de la Théogonie d’Hésiode. Si je mentionne ces deux textes, ce n’est pas pour en conclure qu’ils sont les sources susceptibles d’avoir inspiré Tolkien dans la rédaction de sa « Genèse » mais pour comparer son texte avec deux récits fondateurs pour mieux en faire ressortir l’originalité.
Je vous propose avant d’en venir à Tolkien de faire le point sur le polythéisme tel qu’on le trouve chez Hésiode et sur le monothéisme dans la Bible. Mais avant toute chose, définissons les termes-clés de cette réflexion.

