La formule de la prière du Notre père que tu cites est tiré de l’Evangile selon St Matthieu 26,41. Le texte original grec donne ceci (transcrit dans notre alphabet :-( ) :
hina me eiserchomai eis peirasmos
Je décode :
hina : afin que
me eiserchomai : vous n’entriez pas
eis : en
peirasmos : tentation
Et voici maintenant la formule de la Vulgate latine :
ut non intretis in temptationem
C’est le décalque « parfait »du grec !
C’est la traduction en français qui est plus problématique : « Ne nous permets pas d’entrer dans la tentation » serait la formule la plus proche du texte original car elle transcrit bien la volonté de l’orant de ne pas emprunter la voie qui mène au péché. En aucun cas, cette formule ne suggère une complicité de Dieu : le Tentateur, ce n’est pas lui (cf. Jc 1,13) ! L’orant supplie ici Dieu d’envoyer son Esprit pour qu’il puisse discerner la Tentation et ne pas s’y soumettre. En ce sens l’ancienne formule (« Ne nous laissez pas succomber à la tentation ») est moins équivoque que la récente, plus elliptique (« Ne nous soumets pas à la tentation).
>CdC : « OK, Morgoth ne fait que participer au projet d'Eru et on peut avoir meme interpretation de la Genese (quoique avouons le, ca presuppose un createur un peu "tordu"). »
Tordu ? C’est une façon de voir les choses… On pourrait t’objecter que Dieu a voulu sa créature libre et non télécommandée et totalement docile. Les parents qui mettent au monde des enfants, savent que ce monde est rempli de mauvaises tentations, sont-ils pour autant « tordus » d’espérer que leur progéniture pourra y résister ?
>CdC : « Dans le pentateuque la cause des malheurs des hommes c'est le peche originel, puis par la suite de ne pas suivre les preceptes de dieu (e nschematisant), pour les grecs c'est Pandore (repressailles de Zeus apres que Promethee se soit montrer trop malin) puis ensuite l'hubris.
Maintenant pour JRR, c'est quoi ? Pourquoi les hommes doivent payer pour Morgoth ou pour Faenor ? »
Difficile de répondre à cette question en un post : elle mériterait un fuseau à elle seule !
Je hasarde malgré tout une hypothèse : les Humains ne sont pas comme les Elfes liés à leur destin. Eru les a voulus libres de choisir entre le bien et le mal comme le Dieu de la Bible :
« Et il souhaita (…) qu’ils aient le courage de façonner leur vie, parmi les hasards et les forces qui régissent le monde, au-delà de la Musique des Ainur, elle qui fixe le destin de tous les autres êtres. » (Silm, p.48)
« Mais Ilúvatar savait que les Humains, jetés entre les puissances qui agitaient le monde, s’égareraient souvent et n’useraient pas toujours harmonieusement de leurs dons. » (Silm, p.49)
« tout ce qu’ils font ne contribue en fin de compte qu’à la gloire de mon œuvre. » (Silm, p.49)
Les voies de Dieu sont décidément impénétrables !
NIKITA

