Je vais donc tenter d’ouvrir une troisième voie : ce n’est probablement pas un homme seul du nom de Jean qui a composé cet Evangile ; il a été secondé par un/plusieurs disciple(s) dont on ignore l’identité. Il serait donc vain de retrouver de manière certaine qui est l’auteur de cet Evangile… Ce qui est sûr, c’est que , quel qu’il soit, il a été particulièrement inspiré et il est allé beaucoup plus loin que les autres évangélistes : est-ce dû à sa culture, à sa proximité avec le Christ ou à l’action de l’Esprit Saint ? Il ne peut y avoir qu’une réponse personnelle à cette question…
>Szpako : « Nikita >>> Et puis j’y ai relevé une curieuse « interprétation » (déformation ?) du passage de la Genèse sur lequel m’interrogeait Cœur de canard au début de ce fuseau…une « interprétation » diabolique pour tout dire…
Cette histoire des Géants ? ? ? ? Je suis curieuse ;-)) »
D’une curiosité diabolique même ! :-)
Allez, je ne vais pas te faire languir plus longtemps d’autant que tu trouveras dans ce que je vais dire des échos à ce que tu as rappelé dans un autre fuseau.
Certains esprits obscurs ont vu dans cette alliance entre les « fils de Dieu » et les « filles des hommes » une image des accouplements entre les démons (incubes)et les sorcières et autres femmes possédées au Moyen-Age. C’est une interprétation de la Bible qui n’a rien d’ « officielle » évidemment, je n’en ai pas trouvé trace chez les biblistes. je vous laisse seuls juges de sa validité… Le passage est effectivement difficile à interpréter, il est donc plus facile de « dériver »…
En écho à ce qu’ dit Cathy sur l’hénothéisme, je précise :
1) Le nom que Dieu révèle à Moïse se trouve en Ex 3,14 :
Dieu dit alors à Moïse : « Je suis celui qui suis ». Et il ajouta : « Voici en quels termes tu t’adresseras aux enfants d’Israël : « Je suis » m’a envoyé vers vous. »
La note de la Bible de Jérusalem rappelle l’étymologie du nom YHWH, forme archaïque du verbe « être » (yaho, yah) mais précise aussi que Dieu donne ici un nom qui n’en est pas un, toute définition de Dieu étant impossible : « le nom Yahvéh, « Il est », affirme alors, sinon explicitement l’Etre absolu de Dieu, tel que philosophie et théologie le définiront plus tard, du moins déjà son existence sans restriction (qu’on opposera au « néant » des autres dieux). Cf Is 42,8. » J’en déduis donc qu’ici qu’en affirmant son existence, Dieu induit l’idée qu’aucun autre dieu n’existe à part lui : j’y vois doncune profession de foi monothéiste !
2) En guise de contrepoint et pour souligner une fois de plus la complexité du texte biblique, je cite maintenant le passage de l’Exode célèbre dans lequel Dieu donne ses commandement à Moïse :
« Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. » (Ex 20,3)
Littéralement le texte original dit : « Il n’y aura pas pour toi d’autres dieux devant ma face. ». On peut comprendre ce passage de deux manière différentes :
- soit « pas d’autres dieux en ma présence », affirmation renouvelée du monothéisme,
- soit « pas de dieux intercesseurs entre moi et vous », ce qui nous éloigne du polythéisme mais n’exclut pas une vision hénothéiste.
>CdC et Vinyamar
Je me retiens depuis quelques jours de commenter les propos malveillants de l’un envers l’autre mais là je sens le souffre aussi je me permets quelques réflexions :
Je n’ai pas demandé à CdC d’ouvrir ce fuseau pour alimenter des querelles personnelles mais pour réfléchir ensemble à une interprétation du Silmarillion à la lumière de la Bible et de la Théogonie d’Hésiode aussi je vous serai extrêmement reconnaissante de débattre de tout ce qui peut être sujet à polémique sur l’Espace libre du forum ou par mail privé, de peur de voir ce fuseau noyauté !!! :-(
C’est un fait certain que l’exégèse est surtout pratiquée par des hommes (et des femmes :-)) qui ont la foi ou qui sont du moins en recherche de quelque chose mais ce n’est pas toujours le cas… Lorsque j’ai eu l’occasion de travailler avec des traducteurs et des commentateurs des « sources chrétiennes », il y avait parmi eux un grand nombre de prêtres chrétiens mais aussi des juifs et des personnalités qui ne revendiquaient aucune appartenance religieuse particulière ; tous travaillaient ensemble, chacun trouvant sa propre « nourriture » dans les textes qu’ils étudiaient. Personnellement je trouve très enrichissant d’entendre un Juif ou un Chrétien m’expliquer tel ou tel passage de la Bible à la lumière da sa Foi. Qu’ai-je à risquer ? Rien si ce n’est une connaissance plus approfondie de la lettre ou de l’esprit du texte ! Mon esprit critique fait le reste… Personne ne se met subitement à croire à la suite d’un sermon, la Foi est autrement plus complexe, elle touche l’histoire personnelle de chacun…
NIKITA

