Vin', tout d'abord. Ton interprétation est tout sauf idiote! d'abord sur disciples/apôtres, il y a une sottise de ma part, parce que j'ai une BJ sous les yeux qui n'utilise pas le terme "apôtre"... Mais ce que je voulais dire c'est que là où Marc et Matthieu parlent des Douze, Luc et Jean sont plus généraux. Ceci nuancé dans mon propos, je pense qu'il est clair qu'il n'y a pas d'argument probant à 100 % dans un sens ou dans l'autre. Sur le disciple présent dans la cour du Temple et son assimilation avec l'évangéliste, je l'ai entendu de mon informateur et lu dans les notes de la BJ.
J'ai jeté un oeil dans ce bon vieux Dictionnaire de théologie catholique, aujourd'hui, où j'ai retrouvé thèse et antithèse. l'auteur, manifestement pour la tradition apostolique, conclut prudemment l'article sur le fait qu'à tout le moins les arguments pour une dissociation ne contredisent pas catégoriquement ceux pour une assimilation! je trouve cette prudence fort honorable. mais je voulais préciser qu'il existe une attribution qui distingue Jean l'évangéliste de Jean fils de Zébédée, et que c'est encore sujet à débat. En termes d'attribution, les choses évoluent de toutes manières: sur les textes johanniques, l'évangile reste attribué à l'apôtre avec des critiques inverses, les épîtres c'est peut-être/peut-être pas, et l'Apocalypse, c'est certainement pas, si j'ai bien suivi mes lectures du jour.
Je ne comprends pas en revanche pourquoi l'argument stylistique n'est pas recevable: l'étude de la forme du texte biblique a toujours été pratiquée, du moins depuis l'humanisme. les humanistes avaient d'ailleurs fort bien compris que cela n'obéraient en rien la foi que de tenter de comprendre la construction d'un texte, fut-il une Révélation. La tradition judéo-chrétienne se distingue dans ce domaine de la tradition coranique, qui faisant du Coran un attribut divin écarte toute étude du texte et toute exégèse (c'est une des difficultés de l'Islam contemporain). Rejeter un argument parce qu'il ne relève pas de la foi, cela me laisse perplexe, étant entendu qu'il n'est pas question de preuve mais d'élément de réflexion.
Les épîtres dites de Pierre, de plus, ne sont semble-t-il pas de lui, si j'en crois Mrs Millet Olivier et de Robert Philippe (le premier est prof de littérature, le second de théologie protestante), dans un manuel intitulé Culture biblique, PUF 2002 : la première est l'oeuvre peut-être de disciples de Paul, la seconde proviendrait d'Egypte au début du IIè siècle.
De manière générale, je trouve très dommage que tu t'interroges sur l'intérêt d'étudier la Bible sans la foi: comprendre les religions auxquelles on ne croit pas, leurs fondements, leur construction progressive, s'avère passionnant, quelle que soit l'adhésion personnelle de celui qui étudie.
Sur Jeanne d'Arc, j'aurais des tonnes de choses à dire, mais ce n'est pas le lieu ;-)
Lambertine: "On a la Foi ou on ne l'a pas.
Mais quand on a la Foi, comment en faire abstraction pour étudier la Bible de façon "neutre " ?
> la question ne m'est pas adressée mais j'y réponds quand même, parce que j'ai sursauté en te lisant. Tout dépend de ce que tu entends par "neutre", mais je rappelle que la plupart des études bibliques -y compris sur ces problèmes d'attribution, de construction du texte etc. - ont été menées par des croyants, qui l'ont fait de manière objective. l'étude théologique proprement dite relève de la foi, mais la Bible peut être étudiée, indépendamment de la foi personnelle, comme un texte construit, structuré, rédigé en un temps et un lieu donné, en lien avec des idées, des croyances, une culture antérieure et contemporaine de l'écriture. Cela, croyants ou incroyants sont, j'espère, susceptible de l'étudier sans y mettre de la polémique. Il est vrai que quand on voit les réactions devant cette inscription "Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus", mise à jour récemment, on peut douter de cette "neutralité", mais pour ma part j'estime qu'elle est possible et indispensable.
sur ce, je suis confuse de persister dans le déviage, sur un point qui plus est vraiment secondaire dans le propos développé dans ce fuseau... donc je m'arrête là - et non, je ne parlerai pas de Jeanne d'Arc ;-)

