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Tolkien, Monothéisme et Théogonie
#46
Vin': "pour les épitres de Pierre, il me semble moi qu'n attribue la première bien à Pierre, et qu'on a des doutes pour la seconde. Pour l'apocalypse, on a des raisons de penser que ce n'est pas de Jean l'évangéliste. Celui qui prétend la chose certaine s'aventure un peu trop loin pour garder de la crédibilité."
> OK pour la fin, bien sûr, mon lapidaire "certainement pas" passait outre les précautions de langage fort utiles. c'était une manière de dire qu'à tout le moins les attributions sont susceptibles d'évoluer - sans d'ailleurs que cela modifie la foi sous-jacente. J'ai pris à côté l'exemple des épîtres de Pierre pour la simple raison que je viens de découvrir cette attribution différente - j'aurais pu prendre celles de Paul pour rappeler que l'épître aux Hébreux a longtemps été dire "de Paul", mais plus aujourd'hui. Sur celles de Pierre, j'ai donc lu ça dans l'ouvrage que je cite plus haut - qui n'a aucun but polémique, il s'agit de mettre à disposition des étudiants essentiellement de lettres et sciences humaines un outil sur la Bible, élément fondamental de la culture occidentale que les jeunes générations ignorent pour beaucoup, ce qui leur joue bien des tours dans leurs études. donc, pas de souci polémiste. de plus, les auteurs ne développent par exemple pas le débat autour de l'attribution à Jean du quatrième évangile: ils se contentent de dire qu'on le lui attribue généralement. j'ai donc supposé que pour qu'ils corrigent l'attribution traditionnelle à Pierre, c'est que c'est à peu près acquis - sans dire que ce n'est pas susceptible d'être une fois de plus corrigé!

> sur la pierre dernièrement trouvée, la datation n'a pas été faite au C14, mais par une étude épigraphique et par des éléments de comparaison, en bref. J'en ai parlé avec une amie spécialiste du premier christianisme, qui m'a dit que - la preuve épigraphique pouvait être falsifiée sans problème, mais que la datation globale par les autres éléments était tout à fait plausible. l'inscription est étonnante par sa forme, mais le terme "frère" est sujet à toutes les interprétations possibles et imaginables, comme tu l'as rappelé toi-même on l'utilise pour désigner les premiers fidèles par exemple, et plus généralement pour toute la parentèle. à tout le moins, la mention "frère de" prouve que le Jésus dont il est question avait une renommée certaine. après, personne ne prouvera jamais qu'il s'agissait des Jacques-Joseph-Jésus des évangiles. Quoi qu'il en soit, je pense pour ma part que toute avancée historique est bénéfique aux religions elles-mêmesn en affinant les dogmes et les croyances. je ne pense pas que cela soit négatif, même pour un croyant. Aucune religion n'est immobile - ou alors elle se condamne elle-même et se sectarise.

Cathy: oui, cette rédaction progressive de l'évangile de Jean est la version "mixte", elle était expliquée dans le DTC.

Lambertine: "Mais on ne peut faire abstraction de cette Foi lors de l'analyse de textes qui sont le fondement de sa religion ou d'une autre."
Vin': "L'analyser sans la foi ne peut que mener à des erreurs: comment interpréter les miracles sans la foi, comment comrpendre que les textes semblent se contredire parfois (surtout au niveau scientifique), comment accepter que des bouviers rédigent des morceaux d'une pure intelligence tandis que d'autres sont trop terre à terre... On ne peut pas expliquer la Bible sans la foi, mais on peut l'étudier certes. Or il y a trop d'hommes qui prétendent expliquer ce qu'ils ne comrpennent pas, en sortant de leur domaine d'analyse."
>> je pense que nous ne parlons pas de la même chose, là. J'ai distingué volontairement l'étude théologique. ensuite, il n'empêche qu'un incroyant peut étudier le texte, l'expliquer dans sa construction, en expliquer certains contenus (l'explication des miracles, par exemple, est menée dans les études bibliques conjointement par des croyants et des incroyants) - et reconnaître qu'il existe une part d'inexplicable. après, le croyant fait de l'inexplicable du divin ou du miraculeux - le "fait" n'est pas péjoratif sous mon clavier, je veux dire que pour lui c'est miraculeux, là où pour l'incroyant c'est inexpliqué. mais pour le reste (l'explicable, en bref), croyants et incroyants n'ont pas de raison d'avoir des raisonnements différents.
De plus, je ne pense pas que la vérité scientifique et historique nuise à la foi: elle permet d'affiner son contenu, de l'épurer bien souvent et ce travail, je le répète, a été mené en grande partie par les églises elles-mêmes (par exemple, on a fait un sacré tri parmi les saints populaires; la foi a poussé les hommes et les femmes des Dombes à vénérer pendant des siècles comme saint un... chien, du joli nom de Guinefort. c'est une étude menée par l'Eglise qui a mis fin à ce culte jugé superstitieux. L'Eglise y a-t-elle perdu?). Bref, oui on peut étudier la Bible comme texte et construction intellectuelle - et cela ne ressort pas à la foi; et cette étude ne peut qu'être bénéfique pour la foi et la religion.

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