La base de la philosophie d’Epicure est la physique, mais le but est bien l’éthique. Suivant l’enseignement de Démocrite (Vième siècle av JC), Epicure propose une explication atomiste de la nature: le monde est composé d’éléments matériels minuscules et indivisibles, les atomes. C’est par leurs rencontres et et leurs diverses compositions ( jeu mécanique et aveugle) que se forment les choses et les êtres. Ainsi “rien ne naît de rien”: tout ce qui existe n’est qu’une certaine combinaison d’atomes; de même, la mort est la décomposition d’un corps en ses éléments “atomiques”.
Epicure est donc matérialiste; l’âme aussi est un composé d’atomes. Et l’ordre du monde n’est pas le résultat d’un plan raisonnable ou d’une intelligence divine, mais du hasard. Quant aux dieux, matériels naturellement, ils existent mais se désintéressent du monde et des affaires humaines.
Evidemment cette physique, ne pouvant faire l’objet de vérification réelle, relève plutôt de la parabole. Le schéma explicatif est surtout le principe d’une sagesse, d’une règle de vie. Cette conception de la nature veut fonder une morale authentique, l’ataraxie comme le souligne CdC (du grec “absence de troubles”) en protégeant l’homme contre les tourments et les angoisses entretenus par les mythologies et les religions. Le réel est ce qu’il est, rien de plus; il n’y a pas d’arrière-monde consolant ou inquiétant, d’où les dieux présideraient aux destinées des hommes. Il s’agit d’accepter le monde tel qu’il est, sans surcharge de superstition. La sagesse épicurienne de la résignation et du renoncement n’est pas si éloignée de celle enseignée par le stoïcien, simplement ce dernier y parvient par d’autres voies, comme on le verra .
Puisqu’il n’y a pas d’au-delà, le bonheur du sage est à réaliser en ce monde. La sensation, qui est le critère de la connaissance, en est aussi le guide en nous faisant rechercher le plaisir et fuir la douleur. Ce bonheur consistera donc dans la satisfaction des plaisirs, dont ceux de l’intelligence. La morale d’Epicure est un hédonisme, mais qui n’est pas pour autant une apologie de la jouissance et de la démesure: au contraire, il prône un juste règlement des plaisirs, et la vie du sage est tempérante, contemplative et vertueuse.
Dites, Tom Bombadil, ne serait-il pas un brin épicurien ;-))
Maintenant le stoïcisme, contemporain de l’épicurisme (joli hasard ;-)) est aussi une doctrine morale qui propose règles de vie propres à atteindre bonheur et sagesse (re …). Ces règles s’appuient encore sur une conception rationnelle de l’univers: seule existe la matière, elle-même définie comme corps. Cette matière est animée par un principe corporel (appelé âme ou raison ou cause) qui assure à la fois la cohésion physique et la cohérence de l’univers. Le monde est un système où chaque partie est en rapport ou en “sympathie” avec le tout. Par conséquent, l’univers est gouverné par une nécessité qui ne laisse place à aucune modification: tout ce qui arrive devait arriver … l’âme du monde peut être en effet assimilée à la figure du destin.
Il s’agit alors de vivre en harmonie avec la nature. Pour cela, il faut maîtriser ses passions et comprendre que tout ce qui arrive est conforme à l’ordre universel, y compris ce qui semble en contrarier l'harmonie et la beauté. Grâce à la raison le sage stoïcien peut donner son assentiment à l’ordre universel ; cette appropriation du destin par le jugement procure liberté et paix d’âme (re-ataraxie ;-)) Certains thèmes de la morale stoïcienne – le renoncement, la maîtrise des passions, la communauté entre les hommes – sont en consonance avec la morale chrétienne et comme le souligne Widumawi, présents dans l’œuvre de Tolkien à travers l’action de Frodo et Sam.
Mais je le répète et c'était ma première intuition d'où mon poste premier, ces modèles de sagesse ignorent la doctrine de l’âme ; et le plan divin (la Musique des Ainur) est dans l’un remplacé par le hasard, dans l’autre par la nécessité intégrée dans un système …
Ma foi, une erreur pas si grave que cela ;-))
Cathy, véxée :-)

