Pour a langue adûnaicque, ses influences sont multiples - dialectes humains, mais aussi elfique ('Nimrian') et Nains ('Khazadian'), cf. Sauron defeated.
Les Numenoreens exilés, au Second Age, n'ont jamais utilisé l'Adûnaic pour nommer un lieu, car ils considéraient que c'était la langue 'de la chute', et fidèles aux Elfes ils utilisèrent donc des noms sindarins. Avant l'exile, cela vaut surement aussi pour les compagnons d'Aldarion (fidèles aux Elfes aussi), encore que leur influence géographique ait dû être très limitée (quelques ports ou comptoirs...). N'oublions pas non plus la lignée de Dol Amroth, qui s'était établie bien avant sur le continent, et dont les princes après Imrazôr prirent des noms elfiques pour honorer leur ascendance elfique.
Ce qui ne veut pas nécessairement dire que ce soient de 'bons' noms en langue sindarine 'correcte' - les colons n'étaient pas des linguistes émérites! Ainsi Tolkien précise qu'Erui ou Arnen, par exemple, sont de mauvaises formations ("erui" devrait signifier "unique, seul" et non "premier"). D'autre part, certains noms 'sonnent' elfiques sans l'être pour autant, ainsi Lossarnach qui est probablement pré-Numenoreen ("loss" est le seul élément au sonorités elfiques, encore que le nom d'origine ait pu être adapté), ou encore Lamedon. La note sur les fleuves et frontières du Gondor, dans Vinyar Tengwar n°41, est très instructive sur ces divers points.
On compte donc ainsi sur la carte quelques noms 'autochtones', pre-Numenoreens dans les régions concernées... voire même Nains (cf. Gundabad, qui était le lieu d'éveil de la lignée de Durin), etc.
Didier.

