Ceci était dit pour répondre à Cirdan, lorsqu’il écrivait que, pour Tolkien, il n’y a de Salut qu’en dehors de l’Histoire. Mais bon. Peut-être ais-je mal compris ce qu’il souhaitait exprimer. C’est possible aussi.
Je continue pour expliciter mon raisonnement ! Sorry d’avance si c’est un peu schématique… Si le Salut est accessible aux hommes par la Foi, mais aussi par les œuvres, il est promis ou en tout cas favorable, à celui qui se comporte « bien » dans sa vie terrestre. Le temps passant, cette idée s’est précisée, structurée, au point qu’il s’est agit de définir ce qu’était le péché et les bonnes actions, les différentes degrés de péché (mineurs, capitaux, ceux qui sont une raison d’excommunication, etc), puis leur degré de conséquence sur la vie après la mort. Un peu comme s’il s’agissait de faire une comptabilité précise, afin de savoir si, compte tenu de ce qu’on avait fait ou non, on serait sauvé. Le raisonnement a fini par être conduit jusqu’à l’absurde, quand on a même pensé que l’on pouvait acheter, parfois moyennant monnaie sonnante et trébuchante, des « remises » de fautes ou des années de moins au « Purgatoire ». C’est la fameuse pratique des indulgences.
A la Renaissance, la Réforme s’est violemment insurgée contre ça. L’un de ses arguments les plus importants était alors de dire que ce que l’on pouvait faire sur Terre n’amenait pas d’office le Salut, puisque Dieu est tout puissant. C’est Lui qui décide qui sera Sauvé ou non, en quelque sorte selon des critères qui lui sont propres et que l’Homme ne peut connaître. Le Salut par la Foi, oui – mais pas par les œuvres. En tout cas pas automatiquement. Cette idée rompt, en quelque sorte, le lien entre l’Histoire et le Salut.
(Je sais, c’est sans doute très schématique – il y de nombreuses nuances que je suis bien incapable de faire, n’étant pas du tout spécialiste de la théologie catholique ou protestante. Il n’empêche que je n’invente rien non plus – c’est le type d’infos que l’on peut trouver dans la plupart des encyclopédies et des ouvrages généraux historiques).
J’en termine donc : mon raisonnement était le suivant : il me paraît un peu étrange qu’un catholique convaincu comme l’était Tolkien (et qui devait d’autant plus argumenter qu’il vivait en pays protestant), pourrait penser qu’il n’y a de Salut qu’en dehors de l’Histoire – alors cette idée serait essentiellement protestante [small](*)[/small].
Ceci dit, même si cette idée pourrait être contestable, le lien que fait le catholicisme entre l’Histoire des hommes et le Salut l’est, à mon avis, beaucoup moins.
Voilà. J’espère avoir répondu de manière suffisamment claire à ton interrogation :-)
Ylem.
[small](*) A moins de considérer, qu’en effet, Tolkien, tout catholique qu’il était, comptait d’importantes influences protestantes. Mais bon, je ne continue pas sur ce thème. On en avait déjà discuté sur un autre fuseau où, si je me souviens bien, mon idée dans ce sens avait été amplement rejetée.[/small]

