Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Mythes et Légendes
#22
Mj, l'intervention d'Elengal a le mérite de nous expliquer mieux qu'alors ce qu'elle pense et veut dire, mais pardonne moi, je n'y vois aucun arguments, qu'ils soient convaincants ou non. Seulement des opinions et des pensées.

Elengal, pardonne moi si je t'ai donné l'impression de te prendre pour un imbécile. Mais tu reconaîtras que ton intervention se limite à des "je pense que", "on a l'impression", "à mon avis"... Mais ce n'est pas inintéressant pour autant, je te rassure.
Par contre je trouve un peu blessante ton affirmation:

>>Et c'est pour cela que l'on a l'impression d'une inspiration chrétienne chez Tolkien. C'est que les mythes et légendes dont on parle et dont Tolkien s'est inspiré furent christianisés au Moyen-Age. Etant les héritiers de ce Moyen-Age, nous voyons dans ces légendes l'aspect qu'on leur a donné à cette époque et qui est ancré dans notre mémoire collective: l'aspect chrétien. Ainsi, lorsque Tolkien tente de rassembler ces légendes et de nous les restituer dans leur état d'origine, nous y voyons tout de même une inspiration chrétienne qui nous apparaît même "subtile". Et c'est là que l'on voit qu'il ne s'agit que de "traces" que notre inconscient associe à ces mythes dont Tolkien s'est inspiré.

C'est très blessant pour les sommes de travail faite par notre ami sosryko et que nous nous sommes donné la peine de discuter des jours et des jours, je pense que cela contredit le point où voulait en venir Cirdan dans son exposé, qui parle plutôt de trait d'union entre le monde païen et le monde chrétien, que cela contredit l'article de Cédric, sans parler ceux d'Eruvike comme l'analyse formidable qu'il a faite sur la seule répétition de 'lexpression 'L'ombre de la mort". Et je ne te parle pas du reste de ses travaux, non plus que de ceux de ces dizaines d'auteurs anglais ou américains qui ont analysés eux aussi en quoi se dénotait le christiannisme inscrit par Tolkien ans son oeuvre (et non pas hérité de ses légendes). Enfin, cela contredit Tolkien lui-même, quand il écrit

Fearie, épilogue
"L'evangelium n'a pas abrogé les légendes; il les a consacrées, spécialement "l'heureux dénouement". (...) La bonté avec laquelle il (le chrétien) a été traité est si grande qu'il lui est maintenant possible d'oser supposer à juste titre que dans la Fantaisie il aide peut-être positivement à l'effeuillaison et au multiple enrichissement de la création."


je relève encore:

>>certaines "mentalités" des personnages principaux qui sont caractéristiques de l'esprit du paganisme nordique et celtique mais totalement en opposition avec la morale chrétienne. (...) Ou sont l'humilité, la générosité et le détachement des choses matérielles imposées par la morale chrétienne ici?
Pauvre morale chrétienne !!
Je perçois comme une mauvaise compréhension de ce qu'elle est réellement. A croire que c'est par une erreur historique grossière que Jeanne d'Arc fut déclarée sainte devant l'Eglise universelle, ou que St Michel ou Michaël, l'ange guerrier, soit présenté avec tant d'admiration, ou que des militaires connus soit admirés également ou en procès de béatification (Général de Senlis ou le lieutenant Tom Morel). Non, décidement, ou bien l'Eglise se contredit, ou bien la porale qu'on lui colle (celle des faibles, n'est-ce pas ?) n'est pas la sienne. Il faudrait plus qu'un paragraphe pour te le prouver, mais j'ai un gros morceau sur lequel répondre plus bas.


>>"Tolkien était un amoureux de ces mythes et légendes et détestait effectivement ce que le christianisme en avait fait"
Bon, la revoilà celle-là. Alors pour en finir avec cette idée exagérée, voici:


lettre 131
J'étais depuis ma jeunesse affligé par la pauvreté de mon propre pays bien aimé : il n'avait pas d'histoire à lui-même (délimité dans sa langue et sa terre), pas de la qualité que je murmurais et trouvais (comme ingrédient) dans les légendes d'autres terres. Elles étaient Grecques, et Celtiques, et Romantiques, Germaniques, Scandinaves, et Finnoises (qui me touchaient grandement); mais rien d'Anglais, sinon des livres-types appauvris. Bien sûr, il y avait et il y a tout le monde Arthurien, mais aussi puissant qu'il soit, il est imparfaitement naturalisé, associé avec le sol de Bretagne {Britain} mais pas avec l'Anglais; et il ne remplace pas ce que je ressentais comme un manque. D'un aspect sa "féérie" est trop copieuse, , et fantastique, incohérente et répétitive. D'un autre et plus important: il est impliqué, et contient explicitement la religion Chrétienne.
Pour des raisons que je ne vais pas détailler, cela me semble fatal. Le Mythe et le conte de fée doivent, comme tout art, réfléchir et contenir en résolution des éléments de vérité (ou d'erreur) morale et religieuse, mais pas explicitement, pas dans la forme connue du monde primaire "réel". (Je parle, bien entendu, de notre situation présente, pas des anciens jours païens, pré-chrétiens). Et je ne répéterais pas ce que j'ai essayé de dire dans mon essai, que vous avez lu).

(essai sur le conte de Fée, dot j'ai cité un bout plsu haut d'ailleurs).

Tolkien n'aimait pas la présence trop "primaire", trop explicite du christiannisme dans les légendes arthuriennes. Ce n'est pas la seule chose qu'il regrettait dans ces légendes soit dit en passant, mais c'est un fait qu'il n'aimait pas l'implication (involved) de ces légendes avec le Christiannisme. Il est destinné a être un incompris, dans notre monde où l'on se méfie tant du religieux. Jamais, JAMAIS, il ne prétend que c'est par goût du monde païen originel. Dans d'autre lettres, on touve aussi qu'il dit que c'est grâce à l'Eglise que des légendes (même si elles ont été altérée au passage) ont traversé les âges au lieu de tomber dans l'oubli. Il faut se souvenir que Tolkien reprochait aussi à son ami Carl Lewis d'écrire des romans où la foi est trop explicitement mise en avant, où la religion a trop la forme du monde primaire.
Je crois (à mon tour, et puisque chrétien j'écris aussi un roman) que c'est aussi par respect envers la religion. C'est d'abord par respect envers l'art du conteur, mais aussi par respect envers la foi, puisque qu'il est très difficile d'oser inclure explicitement des choses religieuses dans un monde fantastique, voire fantasmagorique. Cela peut condurie à laisser penser que toutes ces histoires religieuses ne sont qu'une part du légendaire, et n'ont pas d'assises dans le monde réel. Tolkien en tous cas avouait qu'il n'aurait pas osé parler de choses aussi sacrées que le saint sacrement dans son oeuvre. Ce paragraphe reste un avis personnel.
Tolkien a écrit sufisemment et assez expicitement par la suite (puisque peu de gens saisirent son dessein) sur ce que son livre contient pour être sûr que s'il contient des références à des mondes païens, il ne contient pas une tentative de retour à ce mone païen. c'est le contraire: il christiannise, à sa façon "secondaire", le monde païen qu'il a tant admiré (on peut trouver une trace de ce désir devant son dégoût de ce que le Reich allemand faisait des mythes germaniques).

Je continuerai un autre jour. Notamment nous verrons que le panthéon tolkiennien est tout à fait Thomiste. Ce que j'avais tenté de mettre dans un exposé que j'ai interrompu pour le moment)

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)