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Mythes et Légendes
#45
Mj : "Mais je ne crois pas que la hierarchie supérieure se soit vraiment illustrée à cette époque par des actes de clémence et d'abnégation.
La tendance actuelle tend à minimiser les ombres du passé mais il ne faisait pas bon alors être juif, hérétique ou simplement contestataire !!hors del'église point de salut !"

>> certes, mais je me répète : on est dans un autre type de fonctionnement mental, et ça, en gros, personne n'y peut rien ! oui, l'unité de foi paraissait le seul moyen de mener la société au salut. on peut le déplorer avec notre regard de contemporains, mais pas avec un regard d'historien - regard qui cherche la vérité, mais voit d'infinies nuances par des sources infiniment biaisées.
détail : les juifs de l'occident médiéval ont été plus protégées par la papauté que par les Etats - ce n'a jamais été dans une situation d'égalité, certes, mais là encore c'est une notion étrangère au Moyen Age. dans le monde musulman médiéval, chrétiens et juifs sont tolérés, mais dans une situation d'infériorité également. ce n'est pas spécifique au christianisme médiéval, c'est un schéma de pensée aujourd'hui archaïque - archaïsme qui vient en partie (je souligne : en partie) d'un héritage bel et bien chrétien, celui de l'égale valeur de chaque individu devant Dieu.

sans qu'il soit question de vérité de foi, il est possible de faire une Histoire de l'Eglise, et une Histoire du christianisme (ce qui n'est pas la même chose), qui ne tombe pas dans les poncifs du genre. je passe mon temps en cours à souligner les paradoxes apparents des médiévaux - qui ne sont des paradoxes que pour nous. Saint Louis lave les pieds des pauvres et fait brûler le talmud : là où nous voyons de l'intolérance, lui voit un moyen de sauver le royaume dont il a la responsabilité. il se plante ? il dénature la foi qu'il revendique ? aux yeux d'un individu du XXIè siècle, d'une théologie post-Vatican II, peut-être. avec l'outillage mental - notion fondamentale en histoire des mentalités - qui est le sien, non. attention, il ne s'agit pas de faire du relativisme à tout va : certains actes sont condamnables, et Jean-Paul II manifeste pleinement cette idée par les repentances qu'il prononce au début de l'Eglise sur différents sujets. Lorsqu'il fait cela, il se place dans une histoire et en accepte l'héritage contemporain, y compris l'héritage de souffrances causées. Vinyamar expliquerait sans doute mieux que moi le sens du temps compris dans ces différentes déclarations.
mais cette "repentance", acte contemporain posé par un chef spirituel, n'est pas une démarche historique, tournée vers le passé. elle est distincte d'une analyse de ce passé, qui par définition et quasiment par déontologie, ne comprend pas de jugement de valeur. l'historien analyse des faits - tente d'analyser, bien souvent -, de comprendre une société, des structures (qui impliquent structures matérielles, assez facilement cernables, et structures mentales, qui demandent une infinie prudence et beaucoup d'humilité).
en gros, pour tenter de résumer ce qui est manifestement du hors sujet, demander clémence et abnégation à un pontife romain du Moyen Age, n'a pas plus de sens que de demander à Frodo de jouer les capitaines de guerre ;-)

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