Etre libre, n’est-ce pas pouvoir poser des choix ? Notamment des choix de valeurs.
Comment poser un choix librement, si l’on a pas un minimum de connaissance ? (d’ailleurs, plus la connaissance est approfondie, plus le choix peut être libre.)
Une réelle connaissance n’implique-t-elle pas la conscience de la complexité des choses ?
Comprendre la complexité des choses, n’est-ce pas aussi savoir qu’une vision peut changer du tout au tout, selon le point de vue auquel on se place, la logique, le fonctionnement, les priorités, de l’un et de l’autre, le contexte géographique, historique, psychologique même, etc. ? Bref, avoir conscience de l’extrême relativité des choses.
Compris de cette manière, un point de vue « relativiste », est un incontournable outil pour permettre des choix libres, qui ont un sens réel. Quel autre moyen pour continuer à garder un œil critique sur soi-même – et donc pour évoluer ? Quel autre moyen pour respecter, en toute sincérité (et pas pour des raisons de « politiquement correct »), les points de vue différents ? Quel autre moyen pour se garder des extrémismes (même remarque que ci-dessus) – qui sont toujours destructeurs et donc porteurs de mort ?
Ce serait bien dommage (et dangereux), de jeter d’office cet outil du « relativisme », sous prétexte que d’aucuns s’en servent comme argument pour justifier tout et n’importe quoi – soit, pour ne poser aucun choix. Ne poser aucun choix n’est-ce pas renoncer à l’autodétermination et donc à la liberté ? Conscience de la relativité des choses et des points de vue ne va pas automatiquement de pair avec absence de choix, y compris de choix de valeurs.
Un petit exemple ? Je sais fort bien que le point de vue que je viens de développer ci-dessus est relatif ! On peut très bien penser que l’extrémisme est le seul moyen de mener une idée jusqu’à son terme – que la destruction est un passage obligé et salutaire pour que les choses puissent changer et pour que le meilleur puisse advenir – qu’il faut la mort, pour qu’il y ait renaissance - Toutefois, ce n’est pas le choix de valeur que je fais.
Qu’est-ce que ça change ?
- Le choix est dès lors un vrai choix (entre plusieurs valeurs identifiées et comprises au mieux) et non pas l’acceptation floue de concepts "bateaux" creux et vides de sens.
- Il ne se justifie pas par une prétendue vérité immuable, ni un prétendu ordre universel des choses ou par un quelconque ordre divin supérieur explicite (même si, pour un croyant, ça n’exclut pas l’inspiration) – mais par un point de vue raisonné, personnel, de ce qu’on estime devoir être prôné… que l’on espère partagé, et que l’on peut défendre bec et ongles si nécessaire.
Oula… tout ça est à des années-lumière de Tolkien… Ecrivons en tout petit pour avoir une chance de plus de se faire pardonner ce méchant ex-cursus ;-)
Ylem.

