29-05-2003, 18:19
2)Mj : "C'est à mon avis très symbolique, le mettre à son doigt signifie soumission, allégeance."
Effectivement, je ne crois pas qu'on puisse confondre l'invisibilité du porteur de l'Anneau avec celle de Sauron. Le porteur devient invisible par aliénation de lui-même ; c'est pour cette raison d'ailleurs qu'il me semble très hasardeux de qualifier le SdA de "roman initiatique", car c'est plus le récit de la perte de soi que d'un gain par apprentissage. Frodo disparaît, en corps tout d'abord (en fin de compte son corps ne suffit plus à porter l'Anneau, il doit se faire aider par Sam), mais le geste héroïque contribue également à le faire disparaître au profit d'une légende, du personnage figé dans le passé de "Frodo Neuf-doigts", qui n'a plus sa place dans le présent (c'est d'ailleurs pour cela qu'il lui faut quitter son monde pour les Terres Immorteles). Dès le commencement de sa quête, il est d'ailleurs assimilé, par le biais de l'épée brisée, à un autre héros (Aragorn), lui-même une réminiscence du passé, un ultime retour de l'époque révolue de Numenor avant l'avènement des temps historiques. On peut enfin rappeler que celui qui possède l'Anneau cesse de vieillir, quitte le temps présent, donc, et par là se retrouve condamné.
Tout ceci, je pense, permet d'affirmer que l'invisibilité que confère l'Anneau est tout le contraire d'un symbole de pouvoir. Il s'agit plutôt à mon avis du point extrême de ce "syndrôme de l'arrêt du temps", qu'on constate là où se trouvent les anneaux elfiques ; or se figer dans le temps, dans un monde justement marqué par le changement et l'évolution historique, c'est disparaître du monde, et donc certainement pas avoir encore un quelconque pouvoir sur lui.
Effectivement, je ne crois pas qu'on puisse confondre l'invisibilité du porteur de l'Anneau avec celle de Sauron. Le porteur devient invisible par aliénation de lui-même ; c'est pour cette raison d'ailleurs qu'il me semble très hasardeux de qualifier le SdA de "roman initiatique", car c'est plus le récit de la perte de soi que d'un gain par apprentissage. Frodo disparaît, en corps tout d'abord (en fin de compte son corps ne suffit plus à porter l'Anneau, il doit se faire aider par Sam), mais le geste héroïque contribue également à le faire disparaître au profit d'une légende, du personnage figé dans le passé de "Frodo Neuf-doigts", qui n'a plus sa place dans le présent (c'est d'ailleurs pour cela qu'il lui faut quitter son monde pour les Terres Immorteles). Dès le commencement de sa quête, il est d'ailleurs assimilé, par le biais de l'épée brisée, à un autre héros (Aragorn), lui-même une réminiscence du passé, un ultime retour de l'époque révolue de Numenor avant l'avènement des temps historiques. On peut enfin rappeler que celui qui possède l'Anneau cesse de vieillir, quitte le temps présent, donc, et par là se retrouve condamné.
Tout ceci, je pense, permet d'affirmer que l'invisibilité que confère l'Anneau est tout le contraire d'un symbole de pouvoir. Il s'agit plutôt à mon avis du point extrême de ce "syndrôme de l'arrêt du temps", qu'on constate là où se trouvent les anneaux elfiques ; or se figer dans le temps, dans un monde justement marqué par le changement et l'évolution historique, c'est disparaître du monde, et donc certainement pas avoir encore un quelconque pouvoir sur lui.

