01-06-2003, 13:38
lambertine, ton idée de l'Anneau comme représentation de la tentation me gêne en un point : elle tend à faire de l'Anneau un simple appât, presque un objet passif. Peut-on vraiment enfermer dans ce rôle un objet qui semble au contraire avoir sa volonté propre, utiliser ceux u
qui le trouvent, non pour eux (car affirmer qu'il les tente revient à dire que l'essentiel de son action est dirigée vers ses porteurs) mais pour lui-même ?
Pour ce qui est du cas d'Isildur, qui n'a pas cherché à se servir de l'Anneau pour augmenter ses pouvoirs, j'ai l'impression que c'est le cas de la plupart des mortels, que seuls ceux qui pouvaient à l'origine prétendre obtenir un certain pouvoir peuvent en désirer davantage.
Enfin, bien que le SdA comporte une dimension morale certaine, je ne suis pas sûre que Tolkien serait allé jusqu'à en faire une oeuvre carrément moralisatrice, qui stigmatiserait l'abandon à la tentation tout en exaltant la grandeur d'âme de ceux qui refusent de céder. Je crois que dans la mesure où l'oeuvre s'intéresse aux mortels, elle n'est même plus vraiment manichéenne, puisque le propre des hommes est justement d'avoir un destin individuel qui n'est pas compris dans la mélodie des Ainur, par conséquent de ne pouvoir être que les jouets des puissances du bien et du mal, sans jamais en faire partie eux-mêmes. En ce qui regarde les hommes, on peux donc sans doute encore parler de morale, mais avec précautions, je pense.
qui le trouvent, non pour eux (car affirmer qu'il les tente revient à dire que l'essentiel de son action est dirigée vers ses porteurs) mais pour lui-même ?
Pour ce qui est du cas d'Isildur, qui n'a pas cherché à se servir de l'Anneau pour augmenter ses pouvoirs, j'ai l'impression que c'est le cas de la plupart des mortels, que seuls ceux qui pouvaient à l'origine prétendre obtenir un certain pouvoir peuvent en désirer davantage.
Enfin, bien que le SdA comporte une dimension morale certaine, je ne suis pas sûre que Tolkien serait allé jusqu'à en faire une oeuvre carrément moralisatrice, qui stigmatiserait l'abandon à la tentation tout en exaltant la grandeur d'âme de ceux qui refusent de céder. Je crois que dans la mesure où l'oeuvre s'intéresse aux mortels, elle n'est même plus vraiment manichéenne, puisque le propre des hommes est justement d'avoir un destin individuel qui n'est pas compris dans la mélodie des Ainur, par conséquent de ne pouvoir être que les jouets des puissances du bien et du mal, sans jamais en faire partie eux-mêmes. En ce qui regarde les hommes, on peux donc sans doute encore parler de morale, mais avec précautions, je pense.

