07-06-2003, 17:07
En fin de compte, qu'est-ce qui permet d'affirmer que TB N'est pas apparu indépendament de la volonté d'Eru ? Qu'il se serait créé tout seul, en quelque sorte ? Cela ne vous rappelle-t-il pas une certaine "subcreation" ? Comme Tolkien a beaucoup arlé de création dans la création, il ne me semble pas invraisemblable que sa propre création comporte elle-même une création emboîtée. En général, c'est pluôt la création des nains par Aulë qu'on voit comme un rappelle de cette vision des choses. Mais je ne suis pas certaine qu'on ait déterminé si les nains avaient pris vi grâce à Aulë ou grâce à Eru (ou alors c'est que je mélange tout ?). Bref, dans tous les cas au moins on sait que l'éveil des nains ne s'est pas produit sans Eru, ce qui me fait douter qu'on puisse les comparer à une création dans la création, plutôt qu'à un morceau de la création elle-même. Certes, à première vue la TdM n'est as "fatherless" comme Tom. Mais Tolkien n'a-t-il pas dit (ou écrit ?) que ce qu'il écrivait lui venait comme la révélation de quelque chose qui existerat réellement ? Voyait-il tout-à-fait son monde comme sa création ? C'est vrai que c'est un peu paradoxal après cela de parler d'intentions littéraires. Mais cela peut vouloir dire aussi que l'idée d'un élément qu'Eru n'aurait pas (ou pas directement) créé ne lui aurait pas paru invraisemblable.
Je crois qu'on a bien fait... Si je peux me permettre de donner une opinion aussi tranchée, le sainte-beuvisme et moi, ça fait 8. En tant qu'auteur avec une expérience d'auteur et fréquentant d'autres auteurs, j'ose me permettre de supposer que j'ai peut-être une place privilégiée pour souligner la différence entre : utiliser des éléments de sa propre vie parce qu'on les connait bien, dans l'intérêt de ce qu'on écrit, et subordonner l'écriture à sa vie. En général ce n'est pas en défoulant ses angoisses existentielles qu'on arrive à quoi que ce soit de grand. Même Proust voyait son expérience vécue comme un moyen, non une fin, et si les poèmes de Baudelaire sont largement autobiographiques, l'élément vécu a valeur d'exemple, sans plus. D'ailleurs en général, un écrivain sérieux arrête de se regarder le nombril une fois régulé son taux d'hormones. Alors, passe pour parler de l'influence d'éléments extérieurs comme la religion ou autres convictions personnelles (S'IL VOUS PLAIT, ne me répondez pas là-dessus ou on va encore partir dans le HS), mais pour la critique basée sur la biographie, prudence !
Par ailleurs je ne sais plus qui a dit que le Tom des Aventures de TB n'était pas le même que celui du SdA, parce que son monde était hors du temps. Justement, il n'y a pas de contradiction. Si Tom est en lui-même un monde à part, a fortiori son monde devrait être isolé aussi, non ?
Enfin :
Isengar Wrote:Mais personne n'a fait de parallèle avec le Tolkien "sans père". Celui qui a perdu son papa alors qu'il s'ouvrait à peine à la vie.
Je crois qu'on a bien fait... Si je peux me permettre de donner une opinion aussi tranchée, le sainte-beuvisme et moi, ça fait 8. En tant qu'auteur avec une expérience d'auteur et fréquentant d'autres auteurs, j'ose me permettre de supposer que j'ai peut-être une place privilégiée pour souligner la différence entre : utiliser des éléments de sa propre vie parce qu'on les connait bien, dans l'intérêt de ce qu'on écrit, et subordonner l'écriture à sa vie. En général ce n'est pas en défoulant ses angoisses existentielles qu'on arrive à quoi que ce soit de grand. Même Proust voyait son expérience vécue comme un moyen, non une fin, et si les poèmes de Baudelaire sont largement autobiographiques, l'élément vécu a valeur d'exemple, sans plus. D'ailleurs en général, un écrivain sérieux arrête de se regarder le nombril une fois régulé son taux d'hormones. Alors, passe pour parler de l'influence d'éléments extérieurs comme la religion ou autres convictions personnelles (S'IL VOUS PLAIT, ne me répondez pas là-dessus ou on va encore partir dans le HS), mais pour la critique basée sur la biographie, prudence !

